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CRITIQUES DE CONCERTS 03 juillet 2020

Récital de Cecilia Bartoli avec l'ensemble baroque Le Musiche Nove.

Castrat Diva
© Decca-Universal

Applaudissements fr√©n√©tiques √† son entr√©e en sc√®ne, triomphe √† l'entracte, d√©lire √† la fin de la seconde partie, "¬†standing ovation¬†" apr√®s chaque bis¬†: la passion du public parisien pour Cecilia Bartoli ne se d√©ment pas. La d√©j√† mythique mezzo √©tait au Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es les 14 et 17¬†novembre derniers.
 

Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
Le 17/12/2001
Michel PAROUTY
 



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  • De Caccini √† Josef Haydn en passant par Vivaldi, de Monteverdi √† Gluck via Mozart, son programme parcourt l'un de ces itin√©raires classico-baroques dans lesquelles elle se meut comme une alouette en plein ciel, √† son aise dans les moindres d√©tours d'une carte du Tendre travers√©e d'orages et d'√©clairs, d'√©claircies et d'arc-en-ciel.

    Dans les arie de Caccini, dans les extraits monteverdiens, son style se meut à la recherche de l'expression la plus libre et la plus vraie, que la joie demeure (Al fonte, al prato de Caccini), que la saison des amours soit simplement douloureuse (Dolcissimo sospiro, du même, Si dolce è il tormento de Monteverdi), exaltée (Maladetto sia l'aspetto).

    Dans Haendel, dans Vivaldi, on pourrait croire que la virtuose n'a plus rien pour surprendre, et que l'on sait tout d'elle ; c'est compter sans ces variations de nuances, ces subtils changements d'√©clairages dans lesquels elle se lance avec un plaisir chaque fois renouvel√©.

    Le plus curieux √©tant, m√™me s'il est relativement connu, cet air compos√© par Riccardo Broschi pour son fr√®re Carlo, autrement dit Farinelli, Son quel nave ; la m√©taphore marine y d√©peint les √©lans du coeur en sollicitant le spectaculaire, notes longuement tenues, trilles, vocalises en force, tout ce dont l'intr√©pide Cecilia se joue avec un plaisir gourmand.

    Finement d√©taill√©es, les bluettes mozartiennes ne sont qu'un entremet gracieux pour attiser l'attente de cette cantate Arianna a Naxos de Haydn dont chacune des quatre parties est pr√©texte √† un poignant th√©√Ętre. Les Gluck, enfin, ne sont que deux. Magnifiques de po√©sie d√©pouill√©e et de tendresse.

    Dynamique, mais un peu émacié de son, un jeune ensemble accompagne cette diva si simple qui a dans la voix les couleurs qui font encore défaut à certains instruments.

    V√©ritable surprise, le Ombra mai fu tir√© du Serse de Bononcini cr√©√© en 1794 ; le texte est le m√™me que celui du c√©l√®bre largo de Haendel, mais, plus √©tonnant encore, la m√©lodie, dont le Saxon, la preuve en est faite, s'inspira ouvertement- il y a presque du plagiat dans l'air !

    Toujours aussi heureuse de chanter, Cecilia Bartoli fait partager son bonheur. Sans mani√®re. Et dans la plus parfaite all√©gresse. Nul ne poss√®de autant qu'elle le don inn√© de soulever une salle en quelques mesures. Aurait-elle retrouv√© le pouvoir de s√©duction qu'exer√ßaient les Castrats par le pass√© ?


    Lire aussi le dossier qui lui consacré.




    Th√©√Ętre des Champs-√Člys√©es, Paris
    Le 17/12/2001
    Michel PAROUTY

    Récital de Cecilia Bartoli avec l'ensemble baroque Le Musiche Nove.
    ¬Ćuvres de Caccini, Broschi, Bononcini, Haydn, Vivaldi, Monteverdi et Gluck
     


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