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CRITIQUES DE CONCERTS 25 septembre 2020

Deux concerts du cycle des " Figures de la Passion " à la Cité de la Musique.

Lumières sur la Cité
© Na√Įve

Alors que l'exposition picturale des " Figures de la Passion " de la Cité de la Musique explore la fascination des peintres français de la période baroque face à l'expression et la codification des diverses passions humaines, une programmation musicale éclairée a tenté de lui donner un écho plus ou moins figuratif.
 

Cité de la Musique, Paris
Le 16/12/2001
Juliette BUCH
 



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  • Les passions diff√®rent-elles si elles sont profanes ou sacr√©es¬†? √Ä une semaine d'intervalle, les concerts de la Cit√© de la Musique auront peut-√™tre permis de se faire une religion.

    Avec les trois cantates Judith d'Elisabeth Jacquet de la Guerre, La Mort de Didon de Michel Pignolet de Mont√©clair, et Orph√©e de Jean-Philippe Rameau, on d√©couvre les m√™mes combinaisons de r√©citatifs et de sc√®nes brillantes, o√Ļ s'expriment ardeurs, furies, fr√©n√©sies mais aussi afflictions ou peines.

    Except√© Judith, qui c√©l√®bre la vaillance et le courage de la vierge h√©bra√Įque d√©livrant son peuple en d√©capitant Holopherne, les cantates La Mort de Didon et Orph√©e sont proches d'inspiration dans la mesure o√Ļ elles traitent de la passion amoureuse et de ses alternances de joies et de douleurs.

    De passion, Isabelle Poulenard n'en a jamais √©t√© avare, mais elle n'a longtemps eu qu'un timbre plut√īt mince, tranchant et parfois m√™me assez aigre pour la soutenir. Heureuse surprise le 9¬†d√©cembre dernier, sa voix s'est arrondie avec le temps, particuli√®rement dans le m√©dium, elle a nettement gagn√© en rondeur et en charme.

    Musicienne rompue √† tous les styles, du baroque au contemporain, la soprano a d√©fendu les tragiques h√©ro√Įnes dans leur inventaire vertigineux des passions humaines avec expression et nuances, comme une v√©ritable actrice de th√©√Ętre.

    Particuli√®rement souple, l'accompagnement r√©alis√© par Daniel Cuiller, Christine Plubeau, et Laurent Stewart n'a jamais laiss√© la chanteuse esseul√©e entre deux notes. Ils n'ont d'ailleurs pas d√©m√©rit√© dans les espaces purement instrumentaux qui leur √©taient m√©nag√©s¬†: √† savoir la Suite pour clavecin n¬į¬†3 en r√© mineur de Jean-Henri d'Anglebert et la Pi√®ce de clavecin en concert n¬į¬†2 de Jean-Philippe Rameau.


    Ténèbres sur la Cité

    Changement d'atmosphère la semaine suivante avec les Leçons de Ténèbres de François Couperin défendues par Gérard Lesne et son Seminario Musicale.

    Lanc√©e anciennement en Italie, la mode des "¬†Lamentations¬†" et autres "¬†T√©n√®bres¬†" s'est d√©velopp√©e en France principalement au cours de la seconde moiti√© du XVIIe¬†si√®cle. Liturgies de la semaine sainte, elles √©taient caract√©ris√©es par un saisissant m√©lange des gr√Ęces du chant fran√ßais avec "¬†agr√©ments¬†", et tous les charmes du chant italien avec ses retards, ses suspensions de notes, ses dissonances, ses intervalles disjoints.

    Tout est mis en oeuvre pour donner √† la musique un caract√®re dramatique, le texte proprement dit des lamentations √©tant trait√© souvent de mani√®re beaucoup plus sobre, sous forme de r√©citatif. L'ang√©lisme de G√©rard Lesne convient-il √† cette haute expression tragique¬†? Oui car il sait jouer de sa propre fragilit√© comme d'un √©l√©ment th√©√Ętral √† part enti√®re.

    De plus, sa voix a retrouv√© un peu de la lumi√®re qui lui faisait d√©faut ces derni√®res ann√©es, et son interpr√©tation a sensiblement m√Ľri depuis son enregistrement (Virgin) au dolorisme un peu fig√©. Paradoxalement et malgr√© le d√©luge d'ornements de la partition, Lesne r√©ussit un travail d'√©pure, tout en int√©riorit√© et en √©lans mystiques. Ses partenaires furent au diapason.

    Ensemble, ils ont fait du chef-d'oeuvre de Couperin une le√ßon de lumi√®re, √† l'image de la performance d'Isabelle Poulenard une semaine non-sainte plus t√īt.




    Cité de la Musique, Paris
    Le 16/12/2001
    Juliette BUCH

    Deux concerts du cycle des " Figures de la Passion " à la Cité de la Musique.
    Dimanche 9 Décembre

    Elisabeth Jacquet de la Guerre : Judith
    Jean-Henri d'Anglebert¬†: Suite n¬į¬†3 pour clavecin en r√© mineur
    Michel Pignolet de Montéclair : La Mort de Didon
    Jean-Philippe Rameau¬†: Pi√®ce de clavecin en concert n¬į¬†2, Orph√©e

    Isabelle Poulenard, soprano
    Daniel Cuiller, violon
    Christine Plubeau, viole de gambe
    Laurent Stewart, clavecin


    Dimanche 16 décembre

    François Couperin : Office des Ténèbres du Mercredi Saint

    Gérard Lesne, Carlos Mena, hautes-contre
    Jacques Bona, basse-taille

    Il Seminario Musicale :
    Bruno Cocset, basse de violon
    Pascal Monteilhet, théorbe
    Jean-Charles Ablitzer, orgue

     


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