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CRITIQUES DE CONCERTS 19 mars 2019

Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction du chef russe Vladimir Fedoseyev.

Attentat au royaume des morts

Vladimir Fedoseyev

De la symphonie à la musique de chambre, en passant par l'Opéra, l'oeuvre de Dvoràk touche à tous les genres. Mais le compositeur de Russalka n'en était pas moins très croyant, et on lui doit un Requiem à la fois mystique et romantique que le chef Vladimir Fedoseyev vient de diriger à la salle Pleyel.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 20/12/2001
Juliette BUCH
 



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  • Si Dvorak est pieux, fidèle en cela à l'esprit à ses compatriotes, il n'en était pas moins romantique. À l'instar des Requiem de Verdi ou Berlioz (la foi en moins peut-être), le sien est un savant mélange de grandiloquence passionnelle et de ferveur mystique, avec alternance de moments élégiaques et de déchaînements prophétiques.

    Était-ce la ferveur et la méditation qui ont présidé à la lecture de Vladimir Fedoseyev, le 20 décembre dernier à Pleyel ? Avec un orchestre si souvent emphatique, théâtralement pompeux, et pour le coup, contrasté à l'excès en regard des moments de recueillement, c'est peu plausible.

    Bien sûr, l'excès est souvent un instinct premier chez les musiciens russes, du moins pour la religion française du juste milieu et du bon goût. Mais Dvorak n'est pas russe, et par définition, un requiem arrive en point d'orgue d'un mélange de bonheurs et de souffrances, souvent imbriqués, indissociables.

    Ne vouloir souligner que l'un des deux aspects, le plus noir, sans même une pointe d'ironie, relève presque de l'attentat méphistophélique. En effet, faute de nuances, la vision monolithique (on dirait même manichéenne) de Fedoseyev vira franchement à la descente aux enfers. Il n'en surnagea que de très rares et ténus moments de contemplation, le reste étant englouti dans une masse orchestrale surdimensionnée et tympanisante.

    Le quatuor vocal, de très haut niveau, parvint pourtant à faire entendre l'oraison funèbre escamotée par l'orchestre, malgré certains élans ultra-romantiques, à la limite du vérisme, du ténor Miroslav Dvorsky ; par ailleurs remarquable de timbre comme d'expression.

    Mais en matière de grâce oratoire, la palme revint à la soprano polonaise Joanna Kozlowska, que l'on connaissait surtout pour ses rôles mozartiens. Sa voix est pure, puissante, homogène sur toute la tessiture, capable des nuances piano les plus extatiques comme des forte les plus dévastateurs. Grâce à elle, on s'est quand même souvenu de ce que prier les morts veut dire.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 20/12/2001
    Juliette BUCH

    Concert de l'Orchestre de Paris sous la direction du chef russe Vladimir Fedoseyev.
    Antonin Dvorak : Requiem opus 89

    Choeur de l'Orchestre de Paris
    Arthur Oldham, chef de choeur
    Orchestre de Paris
    Direction&Nbsp;: Vladimir Fedoseyev

    Joanna Kozlowska soprano
    Béatrice Uria-Monzon mezzo-Soprano
    Miroslav Dvorsky, ténor
    Arutjun Kotchinian, basse

     


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