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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mars 2019

Récital de Renée Fleming, soprano, et Jean-Yves Thibaudet, piano.

Les débuts prometteurs
de Renée Fleming


Decca-Universal

Salle comble, ce jeudi 10 janvier, au Châtelet, pour le second récital parisien de Renée Fleming. Avec son complice Jean-Yves Thibaudet, la belle Américaine a choisi un programme presque identique à celui de leur dernier enregistrement, paru l'automne passé.

 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 10/01/2002
Christian PETER
 



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  • Le dernier enregistrement de la soprano et du pianiste français n'a pas entièrement convaincu. Ce qui pêchait ? Pour large part les mélodies françaises. D'où la bonne surprise au programme de ce récital : la quasi totalité s'en est évadé.

    À Paris, un tel choix peut surprendre, il atteste néanmoins d'une belle lucidité de l'artiste (à moins qu'elle ne soit le fait du directeur du théâtre
    ). D'ailleurs, trois Chansons de Bilitis de Claude Debussy qui ont quand même été maintenues en deuxième partie du concert resituent le problème : en dépit de louables efforts de prononciation, mais faute de naturel, la chanteuse passe complètement à côté de la sensualité érotique des poèmes de Pierre Louÿs.

    Ces quelques réserves ne sauraient pourtant entacher le succès d'une soirée riche en surprises. Superbe et élégante, dans une robe créée à son intention par Gianfranco Ferré, la Fleming fascine dès son entrée en scène ; pas moins que sa voix aujourd'hui à son zénith. Un timbre aux couleurs inépuisables dont aucun enregistrement ne saurait voler la profonde splendeur, ni surtout, la dynamique stupéfiante.

    À cet égard, les six mélodies de Rachmaninov qui concluent le programme sont un sommet. L'artiste y exploite toutes les possibilités de son instrument aux cordes si déliées et si souples. Elle se montre tour à tour mélancolique (Dans le silence de la nuit secrète), extatique (C'est beau, ici), mutine (Le nénuphar) et pathétique (Soirs d'été).

    En première partie, si les mélodies de Joseph Marx ont constitué une heureuse découverte. Mais en définitif, pas moins que les lieder de Richard Strauss, car s'ils sont certes plus connus, entendre une voix tellement en symbiose avec une musique qui semble écrite pour elle, est aussi une découverte en soi.

    Jean-Yves Thibaudet n'est pas en reste. Accompagnateur attentif, il sait façonner le climat adéquat à chaque morceau. Sa lecture de la Ballade en si mineur de Liszt, et son toucher sensible et délicat dans les deux pièces pour piano de Debussy, démontrent aussi un talent de soliste qu'il n'a plus à prouver ; mais combien de virtuoses de sa carrure savent remiser leur narcissisme pour garantir un(e) chanteur(se) ?

    Pour ses " débuts " au Théâtre du Châtelet, comme elle se plaît à le préciser elle-même, Renée Fleming dédie à une salle insatiable pas moins de six bis des plus variés : Rachmaninov, encore ; Korngold : troublant lied de Marietta (la Ville morte) ; la Rondine de Puccini ; " I want magic " du Tramway nommé désir de Previn, dont elle créa le premier rôle ; Duke Ellington, un standard où la voix swingue.

    Pour conclure, retour au thème initial avec Morgen de Richard Strauss. Des " débuts " prometteurs, surtout quand on réussit à métamorphoser un disque quelquefois terne en un concert ensorcelant.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 10/01/2002
    Christian PETER

    Récital de Renée Fleming, soprano, et Jean-Yves Thibaudet, piano.
    Joseph Marx (1882-1964) : Nocturne, Nachtgebet, Selige Nacht, Pierrot Dandy.
    Franz Liszt (1811-1886) : Ballade pour piano n° 2 en si mineur.
    Richard Strauss (1864-1949) : Ruhe, meine Seele ! Schlechtes Wetter, Leise Lieder, Cäcilie.
    Claude Debussy (1862-1918) : Chansons de Bilitis (la Flûte de Pan, la Chevelure, le Tombeau des Naïades), Clair de Lune, extrait de la Suite bergamasque, Feux d'artifice, extrait du Livre II des Préludes.
    Serge Rachmaninov (1873-1943) : Dans le silence de la nuit secrète, Rêve, Le nénuphar, C'est beau ici, Ma belle, ne chante plus pour moi, Soirs d'été.

     


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