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CRITIQUES DE CONCERTS 18 septembre 2019

La Folle journée de Nantes du 25 au 27 janvier 2002.

Josef contre Wolfgang :
un match de folie

Huit ans après sa création, la " Folle journée " de Nantes rend un nouvel hommage à Mozart, lui adjoignant cette fois un compagnon à sa hauteur : Josef Haydn. Mais pour pimenter, l'organisateur René Martin a carrément misé sur un " match ", idée illustrée par le livre commandé au musicologue Marc Vignal, le véritable manifeste de l'événement nantais.
 

Cité des Congrès, Nantes
Le 27/01/2002
Michel PAROUTY
 



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  • Haydn et Mozart. Des destins crois√©s et soud√©s par une solide affection et une admiration mutuelle, en d√©pit de la raret√© des rencontres, mais le m√©lomane qui se risque √† passer le seuil de la Cit√© des Congr√®s ne retiendra d'abord que ses √©ternelles frustrations devant l'in√©vitable probl√®me¬†: que choisir¬†?

    Comme d'habitude, les concerts sont nombreux (167, sans compter les gratuits, sous le hall central), la qualité exemplaire, les interprètes sélectionnés parmi les meilleurs. À chacun de prendre ses risques, de préférer la musique de chambre à la symphonie, de contourner les monuments (elle était bien tentante, pourtant, cette Création de Haydn dirigée par Marcus Creed) pour aller vers les raretés.

    Il y aura, certes, quelques déceptions, les Festetics, dont le premier violon joue si faux qu'on ne peut supporter qu'un quatuor de Haydn, l'English Chamber Orchestra, dont on cherche en vain la personnalité ; ce n'est pourtant faute d'être dynamisé par Ralf Gothoni, passé, pour l'occasion du clavier à la baguette.

    L'insolite est au rendez-vous. Philippe Pierlot ressuscite le baryton, cet instrument fort pris√© par Nikolaus Esterhazy¬†; √† ses cordes de boyau s'en ajoutent d'autres, en acier, qui vibrent par sympathie. Les trios que lui consacre Haydn sont d'une r√©confortante fra√ģcheur. Et lorsque s'y ajoutent quelques m√©lodies √©cossaises, que Susan Hamilton d√©taille de sa voix acidul√©e, au charme enfantin, le pittoresque n'a plus de prix.

    Christophe Coin et son Ensemble baroque de Limoges ont, eux, choisi des transcriptions de symphonies, seul moyen, dans les si√®cles pass√©s, de faire d√©couvrir des oeuvres √† un public qui n'avait pas acc√®s aux grandes formations. Le propos est sympathique, l'interpr√©tation, joviale, les parisiens en avaient eu la primeur l'an pass√© aux Midis du Ch√Ętelet.

    Avec Marie-Jos√®phe Jude, Frank Braley, Jean-Fran√ßois Heisser, l'√©cole fran√ßaise de piano occupe une place enviable. Alain Plan√®s la domine, un rien d√©concertant dans un 9e Concerto de Mozart enlev√© avec une virilit√© presque trop affirm√©e, frisant la s√©cheresse, assombrissant √† l'extr√™me un mouvement lent d√©j√† poignant, mais toujours aussi inventif dans Haydn, o√Ļ une id√©e n'attend pas l'autre sans rien enlever √† la perfection de la forme.

    Que des Prazak en √©tat de gr√Ęce d√©cha√ģnent l'enthousiasme dans deux quatuors de Haydn n'a rien de surprenant, la beaut√© du son n'a chez eux d'√©gale que l'intensit√© de l'expression.

    Mais il faut aussi compter avec les révélations. Annette Dasch, soprano au timbre clair et fruité, illumine le Laudate Dominum des Vêpres d'un confesseur que dirige sagement mais efficacement Peter Neumann. Quant au jeune clarinettiste Roman Guyot, dans le quintette (avec le Quatuor Lindsay, pas toujours irréprochable mais d'un charme fou) et le concerto (avec l'English Chamber et Gothoni), il est l'une des vrais triomphateurs de ces journées, musicien scrupuleux mais surtout véritable poète.

    Reste la question finale : entre Josef et Wolfgang, qui a gagné ? L'observation de l'affiche (Mozart décapité) donne un indice que la lecture de Marc Vignal (1) confirme : c'est Haydn qui l'emporte (si, si !). Mais à l'issue de trois jours d'un match de folie, on a juste remporté un solide mal de tête, et, malgré cela, une folle envie de recommencer l'année prochaine (2) ; car l'essentiel n'est-il pas de participer ?


    (1) Marc Vignal, " Haydn et Mozart ", Editions Fayard, Collection les Chemins de la musique, 220 pages.

    (2) L'édition 2003 porte, pour l'instant, un titre provisoire, " de Monteverdi à Vivaldi ". Succès oblige, on parle d'une soirée supplémentaire. Et la " Folle Journée " 2002 se déplacera, au printemps prochain, à Bilbao et à Lisbonne.




    Cité des Congrès, Nantes
    Le 27/01/2002
    Michel PAROUTY



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