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CRITIQUES DE CONCERTS 09 août 2020

Le Concert d'Astrée et Emmanuelle Haïm dans Haendel.

Un Concert delirioso
© Eric Sebbag

© Eric Sebbag

Bien décidés à faire de leur première apparition au Théâtre des Champs-Elysées une apothéose, Emmanuelle Haïm et son Concert d'Astrée sont venus bien accompagnés. De Haendel, d'abord, un de leurs compositeurs de prédilection, mais aussi de la soprano Laura Claycomb et du baryton Lorenzo Ragazzo.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 25/01/2002
Yutha TEP
 



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  • Dire qu'Emmanuelle Haïm fait actuellement parler d'elle, relève d'un bel euphémisme. A la tête d'un Concert d'Astrée omniprésent, la chef-claveciniste s'appuie manifestement sur la tendance largement confirmée d'un recours à des formats vocaux qui n'ont plus grand-chose à voir avec ceux que ses aînés, les Leonhardt, Jacobs ou Christie de l'époque pionnière, choisissaient " musicologiquement ". Si d'aucuns ruminent de sombres pensées face à ce qu'ils considèrent comme une évidente dérive, force est cependant de constater que le public, lui, semble particulièrement sensible aux émois dispensés par les Dessay – qui chantera Acis, Galatea e Polifemo de Haendel avec Emmanuelle Haïm très prochainement dans ce même théâtre des Champs-Elysées –, Fleming, Graham (on annonce d'ailleurs la mezzo américaine en Reine de Carthage purcellienne en compagnie... du Concert d'Astrée). Qu'on est loin des cris d'effroi qui accueillirent, par exemple, José van Dam en Roland de Lully, sous la baguette de René Jacobs (tiens, tiens...), il n'y a pas si longtemps que cela !
    Certes, Laura Claycomb et Lorenzo Ragazzo n'en sont pas à leur premier Haendel, la soprano américaine en particulier ayant déjà incarné Cleopatra avec Christophe Rousset et très récemment, Ginevra au Palais Garnier avec Marc Minkowski. Sans avoir tout à fait l'identité vocale adéquate, elle a une fois de plus fait briller les qualités qui font d'elle la Gilda ou la Giulietta bellinienne tant applaudie à l'Opéra Bastille : timbre lumineux, technique accomplie et engagement dramatique réel, même si elle n'atteint pas tout à fait l'incandescence d'une Kozena dans Il delirio amoroso. Lorenzo Ragazzo joue parfaitement les divinités lubriques dans Apollo e Daphne, frisant l'histrionisme sans toutefois y tomber, avec ce débraillé vocal qui, problématique ailleurs (les Noces de Figaro avec René Jacobs l'an passé), ne le gêne pas véritablement dans une partie largement bouffe. La grande satisfaction vient des cordes du Concert d'Astrée qui, sous l'impulsion évidente de la jeune et talentueuse Stéphanie-Marie Degand – magnifiques interventions solistes de cette violoniste déjà très médiatisée, ont sonné comme peu d'ensembles, parfois plus connus, ont su le faire dans ces mêmes lieux. Globalement, le Concert d'Astrée a montré une mise en place assez exceptionnelle, qui fait pardonner de menues imperfections – un violoncelle au lyrisme éperdu, mais à la justesse douloureuse dans le long air Per te lasciai la luce du Delirio. Et on s'en voudrait d'oublier la direction d'Emmanuelle Haïm. Sans chercher vainement à jouer les Jacobs ou les Minkowski, la chef-claveciniste a fait parler cet amour de la voix qui constitue depuis toujours sa griffe, soutenant amoureusement ses solistes, ne renonçant pas pour autant " muscler " articulation et phrasé lorsque nécessaire. Ailleurs, on respire, on caresse les coubes. Bref, on prend du plaisir. Delirioso dans la salle, forcément.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 25/01/2002
    Yutha TEP

    Le Concert d'Astrée et Emmanuelle Haïm dans Haendel.
    Laura Claycomb, soprano
    Lorenzo Ragazzo, baryton
    Le Concert d'Astrée
    Emmanuelle Haïm, direction

    G. F. Haendel :
    Il delirio amoroso, cantate pour soprano.
    Apollo e Dafne (La terra è liberata), cantate pour soprano & baryton.

     


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