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CRITIQUES DE CONCERTS 15 décembre 2018

Création française de Medea de Rolf Lieberman à l'Opéra Bastille, Paris.

Médée et les fornicateurs
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

Evénement très attendu à l'Opéra Bastille et réparation d'une injustice. La création française de Medea, dans sa version dénitive en trois actes, est un hommage éclatant au compositeur Rolf Liebermann, trop longtemps relégué dans l'ombre par la réussite du directeur d'opéra. Un opéra cependant à ne pas mettre entre toutes les oreilles, ni surtout devant tous les yeux.


 

Opéra Bastille, Paris
Le 12/02/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • Avec Medea, la dernière oeuvre de Rolf Liebermann, l'Opéra de Paris rend hommage au compositeur, moins connu du public français que le grand directeur qu'il fut de l'Opéra Garnier, de l973 à l980.
    Loin d'Euripide, plus loin encore du mythe antique, l'histoire de Médée vole ici en éclats. Ursula Haas, l'auteur du livret, n'a retenu que la passion dévastatrice de la magicienne pour Jason le grec, en l'inscrivant dans le choc brutal de deux mondes, celui de Colchide, aux frontières du Caucase, pays noir, terre de femmes matriarcale et sans interdits, et celui des argonautes, ivres de conquêtes, à la recherche de la Toison d'or. Rencontre sauvage qui se traduira par le viol collectif des filles de Colchide, mais d'où Medea sortira embrasée d'amour pour son bourreau, et consentira à le suivre en terre étrangère après lui avoir fait don du précieux trésor, symbole du pouvoir suprême et de l'éternelle jeunesse. Mais lorsqu'elle sera abandonnée par Jason, qu'elle le verra s'enflammer pour Kreon, un jeune prêtre d'Apollon propre à réveiller ses ardeurs, elle redeviendra l'impitoyable princesse qui présidait aux rites sacrificiels de son peuple, pour mettre à mort l'insolent éphèbe et détruire Corinthe par le feu. Sa vengeance consommée, elle signera son acquittement et sa délivrance en chassant Jason de sa vie et de sa mémoire. Car, dit Euripide rappelé à notre bon souvenir, " que l'on porte atteinte à son droit ou à son lit, et une femme se fera meurtrière ".


    A aucun moment la musique de Rolf Liebermann ne remet pas en question les conventions du genre. Elle est avant tout celle d'un formidable homme de théâtre, efficace, au plus près du drame, pleine de bruit et de fureur, et d'un lyrisme qui rend parfois l'atmosphère moins pesante, avec au premier plan, la complexité rythmique des percussions, renforçant les lamentations archaïsantes du choeur, et portant les solistes à un point de tension redoutable. Au-delà de la performance vocale que réclame le rôle de Medea, Jeanne-Michèle Charbonnet, qui promène sur des scènes de plus en plus prestigieuses ses dévastatrices Tosca ou Léonore beethovénienne, se révèle ici superbe, prenant tous les risques, assumant d'un bout à l'autre les vociférations, les imprécations ou les supplications de celle qui se veut " chienne et putain ". A ses côtés, le Jason de Petri Lindroos semble, malgré sa vaillance, réduit à l'état de faire valoir, de héros fatigué, victime à son tour, condamné à rejoindre sa seule légende. En revanche, l'excellent Kreon du contre-ténor Lawrence Zazzo tient toutes les promesses de l'interprète du rôle de Macha des Trois soeurs de Peter Eötvös, dans la production de l'Opéra de Lyon, reprise l'an passé au Chatelet. Quant à la mise en scène de Jorge Lavelli, elle joue en virtuose de l'hystérie ou du hiératisme du Choeur, tout en exploitant avec complaisance, et sans équivoque, la fornication ambiante sous les masques de la tragédie (pudibonds, s'abstenir !), mais elle le fait dans les décors somptueux d'Agostino Pace, d'or et de bronze au premier acte, d'intérieur sombre et hors du temps au second, et de blancheur immaculée au dernier.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 12/02/2002
    Françoise MALETTRA

    Création française de Medea de Rolf Lieberman à l'Opéra Bastille, Paris.
    Medea de Rolf Liebermann (Création française de la version définitive de l998)
    Opéra en trois actes, sur une livret d'Ursula Haas, d'après son roman Acquittement pour Médée

    Avec Jeanne-Michèle Charbonnet (Medea), Pedri Lindroos (Jason), Lawrence Zazzo(Kreon), Marisol Montalvo(Aiglaia), Michelle Canniccioni (Silene), Valérie Condoluci ((Kore), Elisabeth Laurence (Oinone),Blaise Argelier (Apsyrtos).

    Orchestre & Choeurs de l'Opéra de Paris
    Direction : Daniel Klajner
    Mise en scène : Jorge Lavelli
    Décors : Agostino Pace

     


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