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CRITIQUES DE CONCERTS 07 décembre 2019

Concert Kurt Weill avec mise en espace au Septième Biennale de Musique Filmée, Auditorium du Louvre, Paris.

Weill repassera

Ce concert Kurt Weill, inscrit dans le cycle La Musique s'amuse, septi√®me biennale de musique film√©e, consacr√© cette fois √† l'op√©rette et √† la com√©die musicale , avait au d√©part de quoi s√©duire. Malheureusement, la mise en espace annonc√©e a plut√īt senti le renferm√©.
 

Auditorium du Louvre, Paris
Le 20/02/2002
Juliette BUCH
 



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  • Ce concert Kurt Weill, inscrit dans le cycle La Musique s'amuse, septi√®me biennale de musique film√©e, consacr√© cette fois √† l'op√©rette et √† la com√©die musicale √† Paris, Vienne, Londres, Broadway... , avait au d√©part de quoi s√©duire. Malheureusement, le r√©sultat obtenu ne s'est pas r√©v√©l√© √† la hauteur du projet.
    Il faut dire que la mise en espace d'un concert a toujours constitu√© une source de pi√®ges infinis car, en d√©cidant de pr√©senter un spectacle " total ", o√Ļ le paysage visuel se superpose √† la musique et parfois s'impose √† elle par un effet de miroir, les protagonistes prennent un risque suppl√©mentaire, le simple fait de chanter n'√©tant d√©j√† pas une √©vidence en soi. En g√©n√©ral, les exp√©riences r√©ussies dans ce domaine rel√®vent d'un professionnalisme √† toute √©preuve et ici, on peut se r√©f√©rer √† deux inoubliables souvenirs, certes des domaines sp√©cifiques : Amou' toujou' chant√© par Lisette Malidor et mis en sc√®ne par Jo√ęl Jouanneau, et Yvette Guilbert chant√© par la com√©dienne Sylvie Chenus et mis en sc√®ne par Vincent Colin. Dans ces deux cas, la remarquable performance vocale et sc√©nique des artistes s'appuyait sur un travail th√©√Ętral de haut niveau, ce qui ne fut pas le cas ici, loin s'en faut.


    Certes, rappelons encore une fois qu'il s'agit d'une " mise en espace ", sorte de moyen-terme hybride, par nature dangereux. Etait-il par exemple n√©cessaire de faire chanter Hedwige Fassbender en plein repassage (fer et planche sont sur sc√®ne) : que cela signifie-t-il r√©ellement ? Sans doute son asservissement de femme du peuple exploit√©e , mais rien n'est moins obscur. Ce parti-pris, tr√®s pris√© sur certaines sc√®nes allemandes, et dont on a vu les ravages √† la derni√®re √©dition de Salzbourg, avec une affligeante Chauve-Souris, renvoie √† des images √©cul√©es issues du th√©√Ętre documentaire allemand tr√®s en vogue dans les ann√©es soixante-dix. Ici, l'illustration est pesante, voire inutile. La musique de Weill, les textes de Brecht, ont-ils besoin pour captiver le public d'√™tre encombr√©s de ce fatras pseudo-marxiste ? L√† encore, rien n'est moins s√Ľr.

    La mise en application mat√©rielle en est en partie responsable. L'√©cran au-dessus de la sc√®ne est tr√®s peu utilis√© et le syst√®me d'√©clairage assez pauvre. Le pianiste Harri Rodmann qui poss√®de, outre un ind√©niable talent d'accompagnateur, de r√©elles qualit√©s de com√©dien comique, n'est que tr√®s peu impliqu√© dans le spectacle, ne se voyant confier que quelques r√©pliques. Hedwig Fassbender a, elle aussi, une pr√©sence sc√©nique incontestable : belle, √©panouie, elle utilise un " look " s√©v√®re √† la H√©l√®ne Weigel (chignon serr√©, absence de maquillage, blouse de coton marron et chaussures de gouvernante) en premi√®re partie, alors que la seconde la voit jouer d'une allure tapageuse de putain provocante et revancharde, v√™tue d'une robe de soir√©e violette assez courte et d√©collet√©e d√©voilant des jambes muscl√©es gain√©es de bas noirs, de belles √©paules et une poitrine avantageuse. Mais h√©las! malgr√© des moyens vocaux importants, le timbre est assez pauvre en couleurs, la voix bouge, la diction en allemand et en anglais laisse souvent √† d√©sirer. Et surtout, ce qui g√™ne le plus, c'est que la chanteuse semble h√©siter entre plusieurs styles et entre plusieurs techniques : parfois elle chante ces chansons dites " de cabaret " fa√ßon " grand op√©ra ", parfois elle adopte la fa√ßon " vari√©t√©s ", d√©timbrant alors sa voix, perdant du m√™me coup et assez brutalement en volume et en sonorit√©, comme si tout cela lui √©chappait quelque peu, comme si elle ne savait pas se positionner par rapport √† ce r√©pertoire somme toute complexe, qui exige un vrai travail de r√©flexion pour qui veut l'interpr√©ter comme il se doit. Au bout du compte, la belle Hedwige semble avoir √©t√© plus √† l'aise en deuxi√®me partie dans le personnage de la prostitu√©e √©mancip√©e. On gardera donc de ce spectacle en dent de scie un souvenir plut√īt mitig√©, une id√©e initiale a priori int√©ressante (montrer √† travers ces chansons de Weill le parcours de plusieurs femmes) se trouvant parasit√©e, voire carr√©ment plomb√©e par une mise en espace maladroite, souvent hors de propos, et par un certain manque de ma√ģtrise vocale.


    Pour les amoureux de ce répertoire, il conviendra donc de se référer aux enregistrements de la grande Lotte Lenya, épouse du compositeur, et plus près de nous à l'interprétation passionnante qu'en a donnée, au disque comme à la scène, Anne-Sofie von Otter. (Lire la critique des Les Sept Péchés Capitaux dans l'Hommage à Boris Kochno au Palais Garnier). En particulier, on s'attachera à la manière fascinante dont la mezzo-soprano suédoise utilise son impeccable ligne de chant pour la casser avec art, abattage et charme en la mettant au service exclusif et impérieux du texte et de la musique. Car, malgré toutes les mises en espace du monde, ne revient-il pas en réalité à la musique et à la voix qui la sert, de planter le décor ?




    Auditorium du Louvre, Paris
    Le 20/02/2002
    Juliette BUCH

    Concert Kurt Weill avec mise en espace au Septième Biennale de Musique Filmée, Auditorium du Louvre, Paris.
    Hedwig Fassbender mezzo-soprano
    Harri Rodmann piano
    Mauro Guindani mise en espace

    Concert Kurt Weill (1900 - 1950) : CHANSONS DE CABARET

    Die arme Verwandte, extrait de Der Silbersee (1933)
    Susan's Dream, extrait de Love Life (1947)
    Deux chansons extraites de Die Dreigroschenoper (1928) :
    - Kanonen- Song
    - Liebes-Duett
    Lonely House, extrait de Street Scene (1946)
    The Saga of Jenny, extrait de The Lady in the Dark (1940)
    Das Lied von der harten Nuss, extrait de Happy End (1929)
    Die Muschel von Margate, extrait de Konjunktur (1927)
    Und was bekam des Soldaten Weib ? extrait de Schweyk im zweiten Weltkrieg (1943)
    Denn wie mann sich bettet extrait de Aufstieg und Fall der Stadt Mahagonny (1927)
    Barbara-Song, extrait de Die Dreiroschenoper (1928)
    Der Abschiedbrief (1933)
    Wie lange noch (1944)
    Trouble Man (1949)
    Trois chansons extraites de Happy End (1929)
    - Matrosen-Song
    - Song von Mandelay
    - Bilbao-Song
    Nannas Lied, extrait de Die Rundköpfe (1939)
    Complainte de la Seine (1934)
    Ballade vom ertrunkenen Mädchen, extrait du Berliner Requiem (1928)
    Surabaya Johnny, extrait de Happy End (1929)

     


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