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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Oberon de Weber en version "mise en espace" au Théâtre du Châtelet, Paris.

Oberon pas très sorcier
© DG - Universal

Sir John Eliot Gardiner

Feu d'artifice Weber à Paris : après le Freischutz version Berlioz par l'Orchestre de Paris, John Eliot Gardiner et ses fidèles phalanges étaient venus dans un esprit plus "authentique". Mais pas forcément plus magique...
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 08/03/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • Oberon est un opéra-féérie, fondé sur le merveilleux et son cortège d'enchantements, où l'histoire d'amour du vaillant Huon de Bordeaux et de la belle Rezia se pare de tous les désirs d'Orient et d'Occident réunis, où les bons et les méchants côtoient de sacrés petits malins et des elfes aux pouvoirs surnaturels. Le transformer en farce, avec profusion de gags et accessoires en tout genre (souvent drôles d'ailleurs), n'est peut-être pas le meilleur service à rendre à une partition se faisant de plus en plus rare dans nos maisons d'opéra. La " version de concert " proposée par le Théâtre du Châtelet est en réalité ce qu'il est convenu d'appeler une " mise en espace " , avec costumes (voiles brodés d'or pour les dames, smokings ou sahariennes pour les messieurs), gadgets (bulles de savon arborescentes, coussins de soie multicolores), danse du ventre (franchement laide de par une danseuse peu amène), et pour nous éviter de perdre le fil d'une intrigue passablement compliquée, un récitant (l'excellent Roger Allam, également responsable de l'adaptation du livret avec John Eliot Gardiner).


    Indiscutablement le plateau s'amuse, tandis que Gardiner garde la tête froide, trop froide : l'ouverture d'Oberon, morceau de bravoure s'il en est, sonne avec une sécheresse et une froideur bien peu romantiques. Il est vrai que l'Orchestre Révolutionnaire et Romantique n'a pas été véritablement à la hauteur de sa réputation, les cordes ne trouvant pas toujours la cohésion adéquate, les vents luttant en permanence avec la justesse. Mais la musique de Weber réussit à triompher dans les grands airs de caractère où s'expriment l'héroïsme et le sentiment amoureux, dans les ensembles concertants, affinés comme une conversation musicale parfaitement conduite, et surtout dans une orchestration splendide, orageuse et sensuelle, évocatrice du fantastique des mystères qui nous sont donnés à voir. Annoncé comme " sensiblement malade ", Charles Workman (Huon de Bordeaux) ne pouvait légitimement convaincre tout-à-fait, malgré un bel effort consenti pour tenir les redoutables difficultés techniques du rôle. Mais le timbre est bien souvent métallique, et la souplesse toute relative, comme par ailleurs la justesse. Accordons-lui cependant des circonstances atténuantes. Hillevi Martinpelto est une Rezia qui ne fait pas oublier l'excellente mozartienne qu'elle est, mais se montre insuffisamment épanouie dans une musique qui appelle une énergie et une ampleur tout en souplesse et en abandon. Dans le rôle-titre, timbre chaleureux et projection appréciable, Steve Davislim jour sur tous les registres de la virtuosité d'Oberon le nain magicien. Quant à Marina Comparato(Fatima), William Dazeley (Sherasmin) et Frances Bourne (Puck), ils sont vocalement et scéniquement un vrai bonheur. A défaut de la magie attendue dans Oberon, ces chanteurs ont du moins réussi à lui donner une vraie présence physique.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 08/03/2002
    Françoise MALETTRA

    Oberon de Weber en version "mise en espace" au Théâtre du Châtelet, Paris.
    OBERON
    Grand opéra romantique en trois actes
    Livret de James Robinson Planché
    Créé le l2 avril l826 au Covent Garden de Londres
    Version originale en anglais

    Direction musicale : Sir John Eliot Gardiner
    Assistant à la mise en espace et en costumes : Colin Window
    Adaptation du livret : Sir John Eliot Gardiner et Roger Allam

    Oberon, roi des elfes : Steve Davislim
    Rezia, fille du calife de Bagdad : Hillevi Martinpelto
    Sir Huon de Bordeaux : Charles Workman
    Sherasmin, son écuyer :William Dazeley
    Fatima, suivante de Reiza : Maria Comparato
    Puck, esprit d'Oberon : Frances Bourne
    Récitant : Roger Allam.

    Orchestre Révolutionnaire et Romantique
    Monteverdi Choir

     


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