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CRITIQUES DE CONCERTS 11 juillet 2020

Zémire et Azor André-Modeste Grétry à la Péniche Opéra.

Un opéra pas si modeste

© Péniche Opéra

Les productions de la Péniche Opéra brillent généralement par leur pertinence théâtrale et leur exécution musicale sans reproche. Nouvelle preuve avec un délicieux Zémire et Azor de André-Modeste Grétry, porté par une distribution excellente et un ensemble Carpe Diem, aussi hédoniste que son nom l'indique.
 

La Péniche Opéra, Paris
Le 14/03/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • C'est le spectacle le plus rĂ©jouissant, le plus dĂ©licieusement « galant », et surtout le plus rĂ©ussi dont on puisse rĂŞver Ă  Paris aujourd'hui, et qui deux siècles et demi après sa crĂ©ation, n'a rien perdu de sa fraĂ®cheur, ni de son esprit allĂ©grement libertin et frondeur. Quant Ă  la caricature non dĂ©guisĂ©e de la sociĂ©tĂ© mondaine de la fin de l'Ancien RĂ©gime, qui en distille le ridicule avec une prĂ©ciositĂ© acide, elle pourrait servir de modèle Ă  la nĂ´tre.
    Dans la salle miniature de la Péniche Opéra, transformée en serre du XVIIIe siècle où se trouvent réunis lettrés et aristocrates judicieusement titrés, Madame de Beaumont accueille chanteurs, comédiens et marionnettistes italiens venus répéter le nouvel opéra de Messieurs Marmontel et Grétry, Zémire et Azor, qui doit être présenté à la reine Marie-Antoinette – et le fut historiquement le 9 novembre l771, en son château de Fontainebleau. Il est question d'un certain Sander, sauvé par un être effrayant, Azor, lequel exige en retour l'amour d'une de ses trois filles. L'une de celles-ci, Zémire, se sacrifie pour son père, mais peu à peu se laisse émouvoir par la bonté d'Azor. Sander veut dissuader sa fille de retourner auprès du monstre, mais rien n'y fait, la constance de Zémire rompra l'enchantement qui pesait sur Azor, et lui rendra sa forme première de jeune et beau prince : au final, tous deux règneront ensemble.
    Comme par enchantement, la Péniche Opéra se transforme alors pour nous faire entrer dans un monde de féerie, de masques, de travestissements, et d'illusions, imaginé par Mireille Laroche qui réalise une petit miracle de goût et d'invention scéniques. Lionel Peintre, en Sander et Monsieur Grétry (corniste de son état, comme son illustre modèle) ordonne et coordonne l'action avec une autorité et une présence qui font merveille. Christophe Crapez est une Azor, un Ali et Marmontel à la fois discoureur et consumé d'amour pour Zémire, et on le comprend tant Chantal Perraud est jolie et son colorature ravissant. Claire Geoffroy-Decheaume et Isabelle Obaldia jouent et chantent les grandes dames de la cour empruntant, quand le livret l'impose, aux atours des belles Lisbé et Fatimé.
    Sur scène les marionnettes commentent les épisodes (formidable travail d'enluminures de Karin Oberndorfer et Ombline de Benque), tandis que l'orage qui se déchaîne sur Paris ce soir-là ajoute encore providentiellement à la dramaturgie de l'histoire que l'on nous raconte. Les costumes blanc-beige-ivoire, les perruques emplumées, les coiffes de lin, les décolletés coquins, ont un charme fou, et tout ce petit monde évolue avec une grâce et un entrain irrésistibles. Le concert des voix s'accorde à celui des musiciens de l'ensemble Carpe Diem portant livrée des Musiciens du Roi, qui sous la direction de Jean-Pierre Arnaud réussissent eux-aussi un tour de magie en donnant à cinq l'illusion d'un véritable petit orchestre de chambre. Courez vite vous délecter de ce conte de fée tendre et cruel, en forme de moralité pas si innocente qu'il y paraît, mais qui se termine dans l'euphorie générale, comme trop rarement au théâtre.

    Spectacle jusqu'au 13 avril
    Renseignements au 01 53 35 07 77.




    La Péniche Opéra, Paris
    Le 14/03/2002
    Françoise MALETTRA

    Zémire et Azor André-Modeste Grétry à la Péniche Opéra.
    ou L'art et la manière de jouer la Belle et le Bête chez Madame de Beaumont
    Opéra féérique en quatre actes, livret de Jean-François Marmontel, d'après un conte de Jeanne-Marie de Beaumont La Belle et la Bête (l755)
    Créé le 9 novembre l771 au Château de Fontainebleau en présence de Marie-Antoinette, Reine de France.

    Jean-Pierre-Arnaud : direction musicale
    Mireille Laroche : mise en scène
    Ensemble Carpe Diem (Marine Perez : flûte traversière, Jean-Pierre Arnaud :hautbois, cor anglais – Catherine Montier : violon – Nathalie Vandelbeuque : alto – Thomas Garoche : contrebasse)

    Solistes : Chantal Perraud (Zémire, Mlle Adélaïde) – Christophe Crapez (Azor, Ali, M.Marmontel) - Lionel Peintre (Sander, M.Grétry) – Claire Geoffroy-Decheaume (Lisbé, Mme de Beaumont) – Isabelle Obaldia (Fatimé, Mme du Barry)

    Marionnettistes : Karin Oberndorfer et Ombline de Benque
    Costumes :Daniel Barraud
    Décors : Frédéric Faye

     


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