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CRITIQUES DE CONCERTS 21 septembre 2019

Aci, Galatea e Polifemo de Haendel en version de concert par le Concert d'Astrée dirigé par Emmanuelle Haïm.

Ă€ si haute altitude
© Eric Sebbag

Emmanuelle Haïm (© Eric Sebbag)

Pour son second concert dans le cadre du cycle Haendel du TCE, Emmanuelle Haïm poursuit son exploration des oeuvres de jeunesse que le Saxon composa durant son séjour en Italie avec Aci, Galatea e Polifemo. Un juste hommage pour une oeuvre rare à la scène comme au disque.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 23/03/2002
Christian PETER
 



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  • Aci, Galatea e Polifemo est une sĂ©rĂ©nade Ă  trois que Haendel Ă©crivit dès son arrivĂ©e Ă  Naples, en 1708 Ă  l'occasion du mariage du Duc d'Alvito. Cet Ă©pisode des MĂ©tamorphoses d'Ovide a inspirĂ© de nombreux compositeurs, Haendel lui-mĂŞme offrira dix ans plus tard aux Londoniens un autre ouvrage sur le mĂŞme thème (Acis and Galatea, mieux connu des mĂ©lomanes, car rĂ©gulièrement jouĂ© et enregistrĂ© avec plus de dix versions en CD Ă  ce jour).

    Plus qu'une cantate, l'oeuvre est une véritable pastorale lyrique, qui ne comporte pas moins de dix-huit numéros (dont certains se retrouveront dans les opéras postérieurs), et qui requiert un trio de chanteurs rompus à toutes les exigences du chant orné napolitain.

    La distribution se montre à la hauteur de l'entreprise : remplaçant Natalie Dessay souffrante, Sandrine Piau affronte crânement la partie d'Acis destinée à un castrat soprano, et se tire admirablement de toutes les difficultés techniques du rôle. Si la voix laissa transparaître quelques duretés dans l'aigu au début du concert elle s'est très rapidement chauffée pour atteindre son sommet après l'entracte. Deux airs on ne peut plus contrastés permettent à la chanteuse d'exhiber une colorature impeccable dans le da capo du premier, et d'exprimer les plaintes d'un Acis mourant dans le second, où la voix dolente s'éteint progressivement.

    Cette performance, accueillie chaleureusement par le public, confirme ce que son récital Mozart en CD révélait il y a peu : la Française mérite sa place sur les plus grandes scènes internationales. À ses côtés Sara Mingardo campe une Galatée toute en nuances, tour à tour mutine, amoureuse, volontaire et désespérée. Sa voix sombre et homogène contraste idéalement avec le timbre lumineux de Piau faisant de leur duo un moment de pur bonheur.

    Face à ces deux tourtereaux, Laurent Naouri est tout simplement époustouflant dans l'écrasante partie de Polyphème : cinq airs couvrant plus de deux octaves, qui demandent une voix techniquement irréprochable et un engagement théâtral accompli. Dès son apparition dans ce qui deviendra l'air d'entrée d'Argante dans Rinaldo, le caractère arrogant du personnage s'affirme : tempo martial, trompettes claironnantes, et vocalises martelées. Laurent, le Magnifique se rit de toutes les chausse- trappes dont Haendel parsème sa partie et déchaîne l'enthousiasme dans Fra l'ombre qui pousse sa voix jusqu'aux limites extrêmes de sa tessiture. On attend avec impatience son incarnation des quatre méchants dans Les contes d'Hoffmann à Bastille la saison prochaine.

    Tous trois sont admirablement soutenus par Emmanuelle Haïm, à la tête du Concert d'Astrée, ensemble fondé en l'an 2000 et qui n'appelle que des louanges : sonorité fruitée des cordes, hautbois caressants, et cuivres irréprochables. La chef-claveciniste imprime à sa phalange une direction souple et très précise, exaltant toutes les facettes de l'ouvrage : tendresse, élégie, colère, plainte
    Tout le catalogue des affects.

    On rĂŞverait volontiers d'un prolongement sur CD Ă  si haute altitude.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 23/03/2002
    Christian PETER

    Aci, Galatea e Polifemo de Haendel en version de concert par le Concert d'Astrée dirigé par Emmanuelle Haïm.
    Acis, Galatée et Polyphème
    Sérénade pastorale en un acte
    Livret anonyme d'après Les Métamorphoses d'Ovide

    Acis : Sandrine Piau
    Galatée : Sara Mingardo
    Polyphème : Laurent Naouri

     


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