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CRITIQUES DE CONCERTS 21 septembre 2019

Récital parisien du pianiste russe Nicolas Lugansky.

Nikolaï aux mains de glace
© Xavier Lambours

Nikolaï Lugansky

Que le pianiste Nikolaï Lugansky possède un jeu d'une personnalité hors du commun, cela ne fait aucun doute. Mais aussi doué soit-il, ce valeureux musicien des contrées septentrionales a parfois du mal à se sortir les mains du givre et des frimas.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 19/03/2002
Pauline GARAUDE
 



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  • Ce sont par des extraits des Pièces lyriques de Grieg que débute ce récital. Si dans Papillon, on admire le perlé et la fluidité du jeu, l'interprétation est nerveuse. À l'inverse, Mélodie est souple, avec une main gauche à la sonorité pénétrante tandis qu'une vision angoissante - du meilleur effet - anime ces pages.

    Mais Nikolaï Lugansky paraît étonnamment absent. Sa Fantaisie de Schumann est en deçà de la qualité de jeu dont on le sait capable, en attestent ses enregistrements ou ses précédentes prestations. Ici le jeu est hivernal et on tentera en vain de se réchauffer avec des basses à l'accoutumée si ouatées et brûlantes. Où est le jeu « passionné Â» et « fantastique Â» recommandé par le compositeur sur sa partition ?

    Le Russe est comme privé de liberté, contingenté en respirations, souvent hâtif dans ses traits virtuoses, pourtant il semble s'appliquer, mais comme d'autres bégayent à vouloir trop bien parler. Le pianiste serait-il tout simplement sujet au trac ?

    Ce n'est qu'après l'entracte, dans les Klavierstücke de Brahms qu'il se libère quelque peu, retrouvant enfin l'éclat et le raffinement de son toucher, aérant le phrasé et articulant avec une grande amplitude de couleurs et de nuances.

    Dès lors, les 3e et 4e Ballades de Chopin laisse présager le meilleur. En vain, le brillant élève de Tatiana Nikolaïeva retombe dans la « caricature Â» du pianiste virtuose. Si la 3e Ballade connaît un peu de fièvre, la 4e s'emberlificote, son esprit méditatif et intérieur s'accommodant mal des effets trop spectaculaires ou des excès de coquetterie d'un rubato à la fois systématique et très prosaïque.

    Mais un concert de petite verve ne saurait ternir les promesses d'un surdoué du piano. Puissent les Dieux du piano l'aider à sortir plus souvent ses mains de la glace.






    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 19/03/2002
    Pauline GARAUDE

    Récital parisien du pianiste russe Nicolas Lugansky.
    Grieg : Pièces Lyriques (extraits)
    Schumann : Fantaisie
    Brahms : Klavierstücke
    Chopin : Ballade n° 3 et 4.

     


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