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CRITIQUES DE CONCERTS 22 février 2020

Thomas Quasthoff chante Mahler au Barbican Hall, Londres.

Un songe
de Thomas Quasthoff

© DR

Dans le cadre de sa série Grands Interprètes, le Barbican recevait la visite de Thomas Quasthoff accompagné pour l'occasion par le Deutsche Symphonie-Orchester Berlin. Le baryton-basse se montre un mahlérien sans faille, malgré la direction molle de Kent Nagano.
 

Barbican Hall, London
Le 11/04/2002
Christine LETEUX
 



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  • Actualité oblige (les obsèques de la Reine Mère), le public observa une minute de silence, et, hommage à l'illustre défunte, Thomas Quasthoff offrit en ouverture de concert un Rückert Lied : Ich bin der Welt abhanden gekommen. Ce lied du renoncement au monde est empreint d'une sérénité inhabituelle pour le compositeur à qui l'on doit tant d'oeuvres tragiques. D'emblée, le baryton-basse se classe parmi les mahlériens d'exception tels que Dietrich Fischer-Dieskau et Christa Ludwig. Le phrasé, les nuances, la diction, tous concourent à nous introduire dans les mystères du viennois. La voix de Thomas Quasthoff: est en soi un instrument incroyable par la chaleur du timbre et la technique accomplie, ainsi que par sa parfaite homogénéïté sur toute la longue tessiture. Baryton aux couleurs éminemment lyriques dans Ging heut morgens übers Feld, il produit ensuite et avec autant d'aisance, des graves percutants dans les dernières mesures de Die zwei blauen Augen. Nul besoin alors de se mettre en scène : Thomas Quasthoff chante sans jamais forcer avec la mezza voce royale des vrais Liedersinger. Non pas qu'il manque de puissance, répétons-le : l'artiste sait donner du volume et métamorphose sa voix en tonnerre lorsque nécessaire, mais toujours en situation, comme dans Ich hab ein glühend Messer.
    Devant tant de musicalité et d'intelligence, on est d'autant plus irrité par la direction molle de Kent Nagano qui manque singulièrement de charisme. Cette oeuvre de jeunesse de Mahler devrait être chauffée à blanc et offrir au chanteur bien plus que cette vision trop sage, les tempi étirés n'aidant guère le chanteur. On rêve d'une interprétation de Quasthoff avec un Bernard Haitink. Dans cette même salle en janvier 1998, le chef néerlandais avait porté à l'incandescence un LSO des grands jours et avait tiré des accents inoubliables de Anne Sofie von Otter.


    La seconde soirée présentait les mêmes artistes, mais cette fois avec les Kindertotenlieder au programme. Le cycle le plus célèbre de Mahler, sur des poèmes de Friedrich Rückert, correspond à la période maturité du compositeur, celle des cinquième et sixième symphonies. Encore une fois, Thomas Quasthoff séduit par la beauté de son chant, guidant son auditoire adroitement et successivement du désespoir aux espoirs finalement trompés du père éploré par la mort de ses enfants. Le lied final nous permet d'entrevoir une sorte de paix intérieure. Mais encore une fois, on est déçu par le manque d'émotion de la direction toute analytique de Kent Nagano. Les qualités de l'orchestre ne sont point en cause, et les musiciens sont reconnus comme étant les rivaux du Berlin Philharmoniker. Leur directeur musical est, par ailleurs, un excellent musicien, particulièrement pour le répertoire du XXe siècle. Faut-il conclure qu'il a peu d'atomes crochus avec Gustav Mahler ? A vrai dire, le complément des deux concerts, la Troisième Symphonie de Bruckner et la Neuvième de Schubert ne font que confirmer l'impression donnée par les cycles mahlériens, à savoir que Kent Nagano ne peut visiblement offrir qu'une version ultra-écrémée de la musique romantique allemande. Au final, un demi-succès, mais on espère beaucoup du prochain récital de Thomas Quasthoff au Wigmore Hall, le mois prochain, cette fois seul...




    Barbican Hall, London
    Le 11/04/2002
    Christine LETEUX

    Thomas Quasthoff chante Mahler au Barbican Hall, Londres.
    Thomas Quasthoff baryton-basse
    Deutsches Symphonie-Orchester Berlin
    Kent Nagano direction

    9 avril 2002
    G. Mahler: Ich bin der Welt abhanden gekommen (F. Rückert)
    Lieder eines fahrenden Gesellen
    A. Bruckner: Symphonie No 3 en ré mineur

    11 avril 2002
    G. Mahler: Kindertotenlieder (F. Rückert)
    F. Schubert: Symphonie No 9 en ut majeur, D944 « La grande »

     


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