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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mars 2019

Kurt Masur dirige le National au Théâtre des Champs Elysées, Paris.

Ample Masur
© D. R.

On l'attendait avec impatience, il est enfin venu : Kurt Masur a, pour la première fois, dirigé la formation dont il est le directeur musical. Pour une soirée sans surprise, Kurt Masur confirmant sa stature de grand chef, le National prouvant pour sa part ses qualités pour peu qu'il trouve un vrai patron.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 11/04/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • A 75 ans, Kurt Masur porte beau, très beau. Haut et droit, une courte barbe blanche, les épaules puissantes, il incarne cette force tranquille, faite de concentration et d'énergies rassemblées, qui précède l'entrée dans l'arène.
    Cet homme venu il y a bien longtemps de son froid silésien natal inaugurait jeudi dernier au Théâtre des Champs-Elysées ses fonctions de nouveau patron de l'Orchestre National de France, retardées pour cause de transplantation rénale, une opération de survie qui le rend en grande forme à la musique et à une légende vigoureusement construite pendant plus de trente ans en Allemagne de l'Est d'abord, à la tête du Philharmonique de Dresde et surtout du Gewandhaus de Leipzig, pour s'enrichir avec la prise en main en l990 du Philharmonique de New-York. Bouclée la tumultueuse expérience américaine, il passe le flambeau à Lorin Maazel, revient à Paris et commence par tenir quelques propos aimables sur la vie musicale de notre pays, qui selon lui « n'est plus du tout la même, et qui a beaucoup progressé », avec un léger bémol : « si ce n'est qu'incroyablement il vous manque toujours une grande salle symphonique digne de ce nom ».
    Et il met les choses au point, réfutant sa réputation de chef intraitable au goût du pouvoir « à l'allemande », affirmant son intérêt (largement prouvé) pour la musique contemporaine, mais son peu d'envie d'apprendre « des dizaines d'oeuvres destinées à n'être jouées qu'une seule fois ».


    Le choix de son premier programme avec l'ON était d'ailleurs parfaitement révélateur : idéal pour prendre la mesure des ambitions du chef et de l'allégeance de l'Orchestre. Un défi aux allures de manifeste : deux oeuvres, deux univers affrontés l'un à l'autre, celui de la désespérance inscrite dans la révolte la plus dure, celui de l'éloge de la vie puisé dans la découverte d'un continent ouvert à de nouvelles promesses de liberté.
    Composé entre deux phases terribles d'une maladie qui devait emporter Alfred Schnittke en l998, le Concerto pour violoncelle est dédié à Natalia Gutman, et l'on comprend très vite le sens et la portée de l'hommage. Tandis que l'orchestre dénonce avec une violence inouïe l'oppression et le chaos du régime totalitaire de la Russie soviétique, c'est le chant ininterrompu du violoncelle qui dit la souffrance intime, poignante et inguérissable, marquées par les brèves éclaircies d'un
    Lied ou d'une danse lointaine, jusqu'aux dissonances des dernières mesures du violoncelle, vaincu, désaccordé, qui se défait dans l'adieu. Souveraine Natalia Gutman, qui trouve les sonorités de l'insondable. Son instrument parle autant qu'il chante, déchirant, hurlant, ou d'une douceur infinie. Et cette symbiose absolue entre la soliste et le chef, chacun à l'écoute intense de l'autre, donnait le sentiment de vivre un moment de musique exceptionnel. Il faut reconnaître qu'avec l'âge, Kurt Masur semble avoir perdu de la raideur et de la sécheresse qui lui ont souvent été reprochées. Et ce fut particulièrement saisissant dans la Symphonie du Nouveau Monde de Dvorak : amplitude et générosité du geste, précision implacable des attaques, mais lancée sans rien de comminatoire (visiblement la confiance règne), invitation toute en souplesse aux instruments solistes à énoncer ou à varier les thèmes principaux qui irriguent la partition. Et il soulève l'orchestre qui rayonne, vibre et claironne avec une vitalité et une somptuosité enfin retrouvées.
    Une grande soirée qui place sous les meilleurs augures l'avenir de l'Orchestre National de France avant l'intronisation officielle de Kurt Masur en septembre 2002.

    (Après Paris et Toulouse, l'ON et Kurt Masur seront au Festival de Saint-Denis, les 8 et l0 mai 2002. Au programme : le Requiem de Mozart, et la Cantate Alexander Newski de Prokofiev)




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 11/04/2002
    Françoise MALETTRA

    Kurt Masur dirige le National au Théâtre des Champs Elysées, Paris.
    Orchestre National de France
    Kurt Masur direction
    Natalia Gutman violoncelle

    ALFRED SCHNITTKE (l934-l998)
    Concerto n°1 pour violoncelle et orchestre
    (Pesante, Moderato ? Largo ? Allegro vivace ? Largo)

    ANTONIN DVORAK (l841-1904)
    Symphonie n°9 en mi mineur, Op.95 ?du Nouveau Monde?
    (Adagio, Allegro molto ? Largo ? Scherzo, Molto vivace ? Allegro con fuoco)

     


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