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CRITIQUES DE CONCERTS 14 juillet 2020

Concert du pianiste Andras Schiff à la tête de l'Orchestre de Chambre Européen.

Andras Schiff plié en quatre
© D.R.

En mars dernier au Festpielhaus de Baden-Baden, Andras Schiff donnait un concert où il dédoublait son talent à la fois au piano et à la tête de l'Orchestre de Chambre Européen. Son programme Bach, Mendelssohn, Haydn et Beethoven démontra d'indéniables qualités dans ce double rôle, mais aussi les limites d'une impossible ubiquité.
 

Festpielhaus, Baden-Baden
Le 13/03/2002
Pierre BREINER
 



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  • Après un concerto de Bach dans la plus belle tradition du « chauffe-doigts Â» pour pianiste virtuose, Andras schiff délaissa une première fois son clavier pour diriger avec finesse des extraits du Songe d'une nuit d'été de Mendelssohn. Très attentif aux inflexions des cordes, privilégiant les attaques sèches, Andras Schiff sait manifestement conduire cet Orchestre de Chambre Européen à la précision déjà légendaire malgré sa jeunesse. La formation porte indéniablement la trace des grands chefs qui le dirigent régulièrement, et plus particulièrement celle de Nikolaus harnoncourt dans la Symphonie Hob. 88 de Haydn qui terminait la première partie du concert.

    Inflexions rapides, tempis contrastés, mise en avant du rythme, tout ici respirait le souvenir de la musique baroque. Le « bon papa Â» Haydn aura rarement paru si agile, espiègle et frais ; une véritable symphonie de jouvence signée d'un jouvenceau plus que quinquagénaire.

    Après l'entracte, le 3e concerto de Beethoven pour piano et orchestre n'appelait pas le même enthousiasme. Ici, l'orchestre est le représentant d'un monde qui dialogue d'égal à égal avec le piano. Or il est difficile d'être juge et parti dans un tel débat et la présence d'un chef eût probablement rééquilibré l'échange. Certes l'orchestre européen n'a nul besoin qu'on lui indique les entrées, mais une oeuvre aussi riche que celle de Beethoven pâtit d'une direction univoque seulement préoccupée de se flatter du clavier. Impossible aussi de doser les indispensables crescendo de cordes quand on a les mains prises.

    En bis, les artistes donnèrent le premier mouvement du concerto de Schumann. Geste apprécié et généreux de près de 17 minutes qui mettait encore davantage l'accent sur l'impossible ubiquité du pianiste-chef, car Schumann a composé son concerto dans un esprit à la fois duel et fusionnel qui dépasse les capacités d'un seul décideur. Et Schiff avait beau se plier en quatre au clavier, cela ne lui a pas permis pour autant de se couper en deux.




    Festpielhaus, Baden-Baden
    Le 13/03/2002
    Pierre BREINER

    Concert du pianiste Andras Schiff à la tête de l'Orchestre de Chambre Européen.
    Bach : Concerto pour clavier BWV 1053
    Mendelssohn : le songe d'une nuit d'été, ouverture et extraits de la musique de scène
    Haydn : Symphonie Hob. 88
    Beethoven : Concerto pour piano n° 3

     


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