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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Reprise du Vaisseau fantôme de Richard Wagner dans la production de Willy Decker.

Un fantôme à pleine voilure
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

En l'an deux mille, le « Vaisseau Fantôme » de Wagner renfloué dans une nouvelle production de Willy Decker à l'Opéra Bastille n'avait pas paru absolument insubmersible. Mais pour son retour, le navire s'est aguerri d'une distribution solide qui soutient jusqu'à bon port le projet scénique du metteur en scène.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 02/05/2002
Gérard MANNONI
 



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  • Au moment où une partie de la presse tire à boulets rouges sur la politique artistique d'Hugues Gall, ou plus précisément sur ce qu'elle stigmatise comme étant une absence de politique, rêvant sans doute à quelque opéra aussi idéal que fantasmatique ? et donc par définition impossible à satisfaire-, il serait peut-être bon de reposer au moins un pied sur terre.

    Après les réussites du Chevalier à la rose, celles du Barbier de Séville et ce remarquable Vaisseau Fantôme, pourquoi ne retenir que l'échec, incontestable et colossal, d'Idoménée ? En effet, cette reprise du Vaisseau fantôme est exemplaire de la ligne tracée par Hugues Gall, laquelle s'inscrit dans le cahier des charges auquel il doit se tenir.

    Sans vedettes ruineuses, ce spectacle est d'un très haut niveau théâtral et musical et surtout d'une parfaite homogénéité. La mise en scène de Willy Decker, qui pouvait sembler discutable en 2000 lors de la première série de représentations, paraît bien plus cohérente car le physique et la voix des chanteurs sont en totale harmonie et s'intègrent à merveille dans cette vision stylisée et sobre de l'oeuvre.

    Même la fin, un peu tronquée par rapport au livret original, puisque Senta se poignarde au lieu de se jeter dans la mer, semble quasiment logique. Ici, les voix sont choisies à bon escient, bien assez grandes, et chacun joue le jeu du drame sobrement intérieur voulu par Decker. La direction de Daniel Klajner, qui était au pupitre de la création de Medea, est solide, juste assez analytique et juste assez libérée, avec des tempi et une dynamique qui ne gênent jamais les chanteurs sans pour autant paraître brimée. Il y a aussi un souffle général qui est bien celui de cette musique de tempête et de tourments.

    À deux saisons de la fin du règne Gall, si l'on veut être honnête et sans parti pris, il faut bien reconnaître que l'on aura eu de nombreux spectacles de cette nature. Gall devait refaire un théâtre de répertoire de haut niveau, et non un théâtre de « coups », si tentant pour la gloire personnelle d'un directeur.

    Avec les échecs que connaissent toutes les maisons d'opéra- et une fois encore, que nos grincheux aillent un peu plus souvent voir la routine des autres grandes scènes dites internationales, et pas seulement leurs productions vedette- Paris donne chaque année un nombre considérable d'ouvrages, devant des salles le plus généralement combles, et avec des distributions qui correspondent au meilleur niveau du chant tel qu'il existe aujourd'hui.

    Car, hormis quelques fausses nouvelles « stars » ou anciennes étoiles artificiellement poussées par leurs maisons de disque et vendues comme des lessives, le monde lyrique est singulièrement pauvre en monstres sacrés ; à Paris comme ailleurs. Personnellement, je préfère cent fois une Susan Anthony à quatre Angela Gheorghiu.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 02/05/2002
    Gérard MANNONI

    Reprise du Vaisseau fantôme de Richard Wagner dans la production de Willy Decker.
    Orchestre de l'Opéra de Paris
    Direction : Daniel Klajner
    Mise en scène : Willy Decker
    Décors : Wolfgang Gussmann

    Avec Franz-Josef Selig (Daland), Susan Anthony (Senta), Kim Begley (Erik), Barbara Bornemann (Maty), Mathias Zachariassen (Der Steuermann) et Albert Dohmen (De Holländer).

     


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