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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2019

Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Zdenek Macal.

National et cosmopolite

Zdenek Macal (© ONF)

Parce que depuis plusieurs années ses récitals se faisaient rares en France, Emmanuel Ax était visiblement attendu, ce jeudi 18 avril dernier, par un public impatient qui le salua d'entrée d'une véritable ovation. Un public qui lui est resté fidèle grâce au disque où il a toujours montré un bel éclectisme dans ses choix musicaux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 18/04/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • De Liszt à Schoenberg, de Brahms à John Adams ou Astor Piazzola, Emmanuel Ax apparaît comme un virtuose sans cesse en éveil, un explorateur surprenant du texte musical, et surtout un grand chambriste, en particulier dans ses enregistrements avec le violoncelliste Yo-Yo Ma, son partenaire d'élection.

    Et c'est bien une interprétation très « musique de chambre » qu'il a donnée du Concerto en ut majeur de Mozart, à l'écoute permanente de l'orchestre, en fusion avec lui, mais laissant au piano ce que, seul, il avait à dire, dans un discours plein d'élan et d'abandon, entre récitatif et chant pur, modulé dans ses sonorités, dans ses couleurs, d'une élégance et d'une clarté sans faille. Une indéniable présence mozartienne.

    Ce qui n'est pas exactement le fait du tchèque Zdenek Macal. Son ouverture de Don Giovanni était d'un parfait académisme, ôtant tout son sens à cette entrée dans le drame qui va se jouer, où toutes les clés sont génialement énoncées. Avec Bohuslav Martinu, en revanche, il retrouvait un répertoire où il excelle, celui qui lui permet de brasser et de pétrir une masse sonore ample et généreuse. Et la première Symphonie de son compatriote lui en offrait une occasion idéale. Composée en 1942 à l'intention de l'Orchestre de Boston, elle est l'oeuvre d'un musicien de cinquante ans qui refuse « d'imposer aux instruments le poids d'une expression susceptible d'exagérer la dynamique, et de mettre les oreilles et les nerfs à l'épreuve. »

    Musique de la grande forme, inscrite dans l'héritage de Strauss, de Dvorak et de Scriabine confondus, elle exploite largement le fonds national tchèque, les rythmes de ses danses et ses mélodies populaires avec une allégresse et une vigueur qui monte en puissance dans les deux premiers mouvements, où les vents déferlent sur les cordes en longues coulées, avant de céder la parole au poignant Largo dans lequel Martinù exprime sa désolation à l'annonce de la destruction par les nazis du village de Lidice.

    Dopé par son récent concert sous la direction de son patron désigné, Kurt Masur, l'Orchestre National de France ?et décidément cosmopolite - donnait ce soir-là toute la mesure de son envie de musique retrouvée, d'un renouveau décidément bien annoncé.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 18/04/2002
    Françoise MALETTRA

    Concert de l'Orchestre national de France sous la direction de Zdenek Macal.
    Soliste : Emmanuel Ax, piano

    W.A. Mozart : Ouverture de Don Giovanni, Concerto pour piano n° 25, Köchel 503 en ut majeur

    Bohuslav Martinu : Symphonie n° 1 H. 289

     


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