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CRITIQUES DE CONCERTS 22 août 2018

Concert du Festival d'Automne.

Des airs de famille
© Patricia Dietzi

Georges Aperghis (© Patricia Dietzi)

La musique contemporaine est décidément une grande famille qui adore se retrouver pour reconnaître les siens et les saluer. Mardi 21 novembre, le Festival d'Automne lui donnait une nouvelle fois l'occasion de venir en nombre célébrer Aperghis, Pesson et Dusapin, servis par les dédicataires des oeuvres au programme, Ars Nova et Accentus.
 

Maison de la Musique, Nanterre
Le 21/11/2002
Françoise MALETTRA
 



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  • Babil de Georges Aperghis est une pièce où la clarinette d'Armand Angster surprend les confidences de petits bavards, avec grosses colères et gros chagrins, rires et larmes, avant que le sommeil l'emporte et que les yeux se ferment. Un mini scénario réglé avec une virtuosité époustouflante.

    Dans Cascando de Pascal Dusapin, ce sont huit instruments qui se partagent un ostinato furieux, percutés par de micro événements, se composant et se recomposant en courtes figures rythmiques jusqu'à l'épuisement qui peu à peu les réduit au silence. Un véritable travail d'horlogerie fine.

    Pourquoi Gérard Pesson a-t-il voulu mettre ses pas dans ceux de Mahler, en transcrivant pour choeur mixte l'adagietto de la Cinquième symphonie ? Parce qu'il arrive qu'une oeuvre, portée en soi depuis longtemps, éveille soudain la nécessité de mettre au jour, autrement, les mouvements intimes qu'elle inspire.

    Gérard Pesson ne remet pas en question l'adagietto, il ne le détourne pas, il semble l'écouter comme dans un rêve, un état second dans lequel la nature raréfiée, presque insaisissable de sa musique trouverait ici une résonance possible.

    Il lui donne simplement une extension où les seules voix a capella expriment toute la sensualité et le mystère de cette troublante musique nocturne, sur un collage de textes de Martin Kaltenecker d'après August von Platen. Et les voix d'Accentus s'y sont soumises superbement, en faisant ressortir toute la beauté du thème ou en se fondant dans la masse chorale.

    De partition en partition, l'ensemble de Laurence Equilbey semble être de plus en plus en intelligence avec les compositeurs dans leur exploration de la forme chorale. Les deux oeuvres de Pascal Dusapin données ce soir-là apparaissent dans ce sens comme des pièces de référence qui doivent beaucoup à cette belle collaboration.

    Umbrae Mortis, pour choeur mixte, extrait du texte de Requiem d'Ockeghem, et dédié au compositeur disparu Francisco Guerrero, est une pièce brève où les paroles, retenues, parfois chuchotées, glissent sur une ligne musicale épurée à l'extrême qui progresse lentement vers le silence.

    Les sept instruments à vent d'Ars Nova rejoignent alors le choeur pour Dona eis et entrent en jeu dans une polyphonie savante de voix et de souffles instrumentaux, exaltant leurs sonorités individuelles, se superposant sur des rythmiques complexes, ou s'épousant en maintenant leur propre dynamique.

    Ils sont interceptés par les vers d'Olivier Cadiot dans la dernière scène de l'opéra de Dusapin Roméo et Juliette, avant l'ultime profération du Requiem aeterna, et une série d'accords, répétés vingt fois, du cor, de la trompette et du trombone, qui décroissent jusqu'à l'apaisement final.

    Quand les soirées sont aussi réussies, l'auditeur se sent également de la famille.




    Maison de la Musique, Nanterre
    Le 21/11/2002
    Françoise MALETTRA

    Concert du Festival d'Automne.
    T&M
    Ensemble Ars Nova (Direction : Philippe Nahon)
    Choeur de chambre Accentus (Direction : Laurence Equilbey)

    Georges APERGHIS : Babil (l995) pour clarinette et ensemble
    Pascal DUSAPIN : Cascando (1997) pour 8 instruments
    Gérard PESSON : Kein deutscher Himmel pour choeur mixte, d'après l'adagietto de la 5e symphonie de Gustav Mahler. Texte : collage de Martin Kaltenecker d'après August von Platen.
    Pascal DUSAPIN : Umbrae Mortis (1997), pour choeur mixte. Texte extrait du Requiem d'Ockeghem ? Dona eis (1997) pour choeur mixte et sept instruments. Textes extraits de l'Opéra Roméo et Juliette et adaptation du Requiem : Olivier Cadiot).

     


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