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CRITIQUES DE CONCERTS 10 décembre 2019

Nouvelle production du Chevalier à la Rose de Richard Strauss à l'Opéra national de Lyon

Le Chevalier unijambiste
©  GĂ©rard Amsellem

© Gérard Amsellem

Pour la saison 2002-2003, l'opéra de Lyon a misé sur des piliers du répertoire, Le Chevalier à la Rose de Strauss. Une belle occasion de montrer que Lyon est désormais incontournable dans le paysage lyrique français, mais aussi une production symptômatique d'une certaine " qualité France " comme Truffaut la stigmatisait dans le cinéma.
 

Opéra national, Lyon
Le 28/10/2002
Yannick MILLON
 



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  • Le plus cĂ©lèbre opus lyrique de Richard Strauss fait partie de ces oeuvres que la plupart des metteurs en scène rechignent Ă  transposer. On pourra reprocher Ă  Kasper Holten une approche mi-figue mi-raisin, ni vraiment moderne ni vraiment classique, et finalement pas très personnelle.

    Le premier acte est de loin le plus réussi, mais comment le rater ? Grâce à des décors somptueux de Marie í Dali, la Maréchale et Quinquin s'ébattent dans un immense lit à baldaquin, comme dans un rêve. Et quel érotisme chez cette Maréchale court-vêtue, au charme irrésistible. On ne pourra pas en dire autant de Ochs, grossier juste comme il faut, mais plutôt sympathique, avec ses airs de Bernard Tapie débonnaire et filou, puis d'Elvis sur le retour dans le troisième acte.

    Une bien curieuse conception de Sophie et de Faninal fait sombrer le deuxième acte. Pourquoi faire de Sophie une petite peste hystérique que l'on a envie de gifler ? On peut encore admettre une telle option au deuxième acte, mais pas dans le troisième. Le livret y dit assez l'hésitation, le remords et une forme de désespoir de ce personnage réduit ici à une caricature, une sale gamine au QI proche du zéro absolu.

    Pousser à ce point ce qui est à peine esquissé dans le livret prouve une fois encore que le mieux est l'ennemi du bien. On finit par avoir plus de sympathie pour Ochs. La fin du troisième acte, avec une vue de la cathédrale Saint-Etienne de nuit suivi d'un travelling sur un ciel étoilé, frôle le kitsch, même si dans l'absolu, elle traduit bien le côté intemporel de ce passage des plus sublimes de l'histoire de l'opéra.

    Chacun pour soi

    Côté musical, l'orchestre de l'Opéra de Lyon se révèle nettement insuffisant. Où donc a-t-on déniché un hautbois pareil, au son si laid et étriqué, aux attaques si foireuses ? On pourrait presque se poser la même question au sujet des cors, complètement échoués dans le début du troisième acte. Une partition aussi riche ne peut tolérer la médiocrité. Impossible de parler de beau son, d'intelligence des phrasés, de cohésion des groupes instrumentaux car ici, c'est plutôt chacun pour soi.

    La direction fruste de Christian Badea n'est pas pour aider les musiciens. Massive et téléphonée, elle brasse le plus souvent l'air, sauf pour de rares épisodes lyriques qui offrent aux chanteurs de s'abandonner à une musique bouleversante.

    Et c'est justement chez ces derniers que l'on trouve le meilleur de cette production. Le Ochs de Günther Missenhardt ravit presque la vedette au reste du plateau. Sa verve, son délicieux patois viennois et sa voix de basse bouffe avec un do grave si charnu feraient pâlir toutes les pseudos basses de la terre.

    L'autre perle du plateau est l'Octavian idéalement androgyne de Katharine Goeldner, aussi splendide en voix qu'en scène. La Maréchale d'Hedwig Fassbender n'est pas aussi irréprochable vocalement. Elle semble un peu courte de souffle dans la fin du premier acte, mais sa musicalité et sa beauté physique font oublier un " silberne Rose " à l'intonation trop basse.

    Le reste de la distribution chute de manière pathétique. La Sophie de Patricia Petibon est vocalement presque aussi insupportable que scéniquement, étouffée par une émission hasardeuse et un vibrato instable dans la présentation de la rose, inaudible dans le trio final. Et que ses maniérismes baroquisants sont malvenus dans ce répertoire.

    À oublier d'urgence, tout comme le Faninal hurlant de David Pittman-Jennings, le chanteur italien vitriolé et nasillard de Jean-Luc Viala et la Marianne épouvantable de " moche-canto " d'Isabelle Vernet. Cette production à moitié réussie restera un bel exemple de Chevalier sur une patte comme il s'en produit trop en France.




    Opéra national, Lyon
    Le 28/10/2002
    Yannick MILLON

    Nouvelle production du Chevalier à la Rose de Richard Strauss à l'Opéra national de Lyon
    Richard Strauss (1864-1949)
    Le Chevalier à la Rose, comédie pour musique en trois actes (1911)
    Livret d'Hugo von Hoffmannsthal

    Choeur, Maîtrise et Orchestre de l'Opéra de Lyon
    Direction : Christian Badea
    Mise en scène : Kasper Holten
    DĂ©cors et Costumes : Marie Ă­ Dali
    Eclairages : Jasper Kongshaug
    Musique de scène : Quatuor Debussy

    Avec Hedwig Fassbender (la Maréchale), Günter Missenhardt (le Baron Ochs), Katharine Goeldner (Octavian), Patricia Petibon (Sophie), David Pittman-Jennings (Faninal), Isabelle Vernet (Marianne), Ian Thompson (Valzacchi), Martine Olmeda (Annina), Jean-Luc Viala (un chanteur italien), Antoine Garcin (un commissaire de police), Marcin Habela (un notaire), François Piolino (un aubergiste), Brian Bruce (le majordome de la Maréchale), Gérard Bourgoin (le majordome de Faninal), Didier Roussel (un dresseur d'animaux), Marie-Eve Gouin (une modiste), Sharona Applebaum, Alexandra Guérinot, Françoise Courbarien (trois orphelines), Paolo Stupengo (le valet de l'auberge).

     


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