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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2018

L'Anima del Filosofo de Haydn au Théâtre de Laudanne,Suisse.

L'Anima del Filosofo de Haydn (contre)

Ce Dramma per musica de Joseph Haydn n'est pas très connu, mais en dépit d'évidentes faiblesses dramaturgiques, il est l'un des plus profond du compositeur. C'est pourquoi il nous a paru intéressant de suivre la récente production du théâtre de Lausanne jusqu'à Caen. Les avis de nos critiques Michèle Larivière et Antoine Livio sont partagés.
 

Théâtre, Caen
Le 09/01/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Quand en aura-t-on fini avec ce "baroque" dont on affuble tout ce qui précède Mozart et encore, pour l'opera seria peut-on à juste titre y voir une justification, mais pour L'Anima del Filosofo, ultime ouvrage lyrique de Haydn, rien n'est plus déplacé que les options du jeune Stephan Grögler à qui l'Opéra de Lausanne a eu la faiblesse de confier cette partition. C'est un opéra londonien qui annonce le Sturm und Drang, avec une belle importance des choeurs qui aurait pu conférer à cette présentation une dimension mythique que la musique appelle.
    Stéphan Grögler a choisi les tréteaux de foire, avec changement à vue. Dès lors nous sommes bien loin de toute option baroque ou baroquisante ! C'est Servandoni et sa pyrotechnie de machineries qui incarne le baroque. Et pas cette timide reconstitution de l'Illustre Théâtre en tournée dans la province française ! Dès lors, en partant du principe que nous fermons les yeux, le plaisir et le bonheur d'écouter cette belle et grande oeuvre sont intenses, car Jonathan Darlington est un chef qui sait conférer à la musique une saveur et une élégance qu'elle réclame. Mais ce plaisir musical se tempère dès que le chant commence. Pas celui des choeurs qui sont en constant progrès, mais l'affiche n'est guère brillante, vocalement parlant ! Et pour une fois, ce sont les dames qui sauvent Orphée, même si chez Haydn c'est Euridyce qui commet la faute de regarder Orphée !
    Sophie Daneman, que l'on annonçait malade, fut un prodige d'élégance et de musicalité. On voudrait toujours des malades de cette qualité ! Quelle jolie ligne de chant, quelle aisance dans ce subtil legato qui à tout moment enchante. N'oublions pas l'étonnante Gaëlle Mechaly en Genio. Un beau génie, ma foi ! avec un colorature aisé et lumineux. Les hommes en revanche n'étaient vraiment pas à la hauteur. Particulièrement Mark Padmore qui ne manque pas de qualités, ni vocales, ni surtout physiques, mais qui n'a pas l'imagination pour conduire ce rôle comme l'écrit Haydn. Il fallait Nicolaï Gedda (DHM nous proposait jadis des extraits de l'Anima où il était simplement incomparable et prodigieux) avec ces aigus de lumière et des graves d'airain. Le bas medium de Padmore est inexistant et pour ce rôle, c'est tragique. Orphée est tout de même, au-delà de la superbe partition de Haydn, l'incarnation de la musique et particulièrement du chant.
    N'est-ce pas Rolf Liebermann qui avouait ne jamais faire une saison avec des idées, mais avec des chanteurs ! et quand on n'a pas le rôle-titre d'un ouvrage, on change d'ouvrage.




    Théâtre, Caen
    Le 09/01/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    L'Anima del Filosofo de Haydn au Théâtre de Laudanne,Suisse.
    Orchestre de Caen, Choeur de l'Opéra de Lausanne
    Direction musicale : Mark Foster,
    Mise en scène et décors : Stefan Grögler, assisté de Bénédicte Debilly
    Avec Mark Padmore (Orfeo), Sophie Daneman (Euridice), Peter Savidge (Creonte), Gaëlle Méchaly (Genio).

     


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