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CRITIQUES DE CONCERTS 23 février 2019

Le Parfum de la Lune, création mondiale de l'intégralité des haïkus pour piano et clavecin de Renaud Gagneux.

Haïku double
© D.R.

D.R.

De longue date, musique et poésie font bon mariage. En revanche, ces unions se réalisent plus rarement à travers les continents. C'est pourtant ce qu'a tenté le compositeur Renaud Gagneux dont on créait récemment les haïkus pour piano et clavecin. En complément de programme, le concert tentait de prolonger les liens entre haïku et musique occidentale.
 

Maison de la Poésie - Théâtre Molière, Paris
Le 14/12/2002
Philippe KALMAN
 



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  • Au centre, donc, de ce concert, des haïkus : ces poèmes classiques japonais déroutants pas leur brièveté (dix-sept syllabes réparties en trois vers 5 ? 7 -5), autant que par leur simplicité (apparente).

    Le spectacle, divisé en trois parties, a débuté par six haïkus du poète Matsuo Basho (1644-1694) alternés chacun par une pièce de son contemporain ignoré Louis Couperin (1626-1661). Pour le coup, difficile d'établir un pont entre le continent asiatique et européen : certes, même bienséance et retenue dans les mots prononcés par Michel de Meaulne que dans les notes interprétées par Laure Morabito.

    Mais les compositions de Basho, lorgnant continuellement par une fenêtre sur le monde extérieur, contrastent avec celles de Couperin, tout en intériorité et en foi intérieure. Quant au jeu quelque peu débridé de la claveciniste Morabito, qui place ses accents un peu librement et ne se soucie pas toujours du rythme, sa fantaisie ne contribuait pas forcément à rapprocher les univers a priori dissemblables de Couperin et de Basho.

    Bonne pioche, en revanche, pour Debussy, à l'honneur dans la deuxième partie. Dans les titres de ses Images, on retrouve un champ lexical semblable à celui des haikus : Cloches à travers les feuilles, Et la lune descend sur le temple qui fut et Poisson d'or, et la musique elle-même rejoint sans peine les médiations éthérées et cosmiques des poésies japonaises.

    D'autant que l'interprétation de Kotaro Fukuma est tout à fait convaincante : le pianiste écoute avec le même soin les sonorités et les silences, et son corps balançant donne des impulsions très précises à sa musique.

    La dernière partie a vu la création de Renaud Gagneux : douze haïkus pour piano et huit haïkus pour clavecin, interprétés selon leur ordre d'apparition dans Le Parfum de la lune de Yosa Buson (1716-1783).

    Ici, aucun problème pour retrouver les préoccupations du poète dans la musique composée par Gagneux, au risque même d'entendre les éléments décrits de manière presque redondante dans les vingt pièces musicales d'une minute chacune : on devine sans peine la neige évoquée juste avant sous les doigts du pianiste Fukuma et le clavecin sert presque d'illustrateur sonore au rossignol.

    Mais grâce au traitement du clavecin opéré par Gagneux, on découvre des sonorités ignorées jusqu'alors, et de surcroît en parfaite harmonie avec son frère ennemi : le piano. Il fallait bien le secours de la légendaire la sagesse japonaise pour réconcilier ces deux-là.




    Maison de la Poésie - Théâtre Molière, Paris
    Le 14/12/2002
    Philippe KALMAN

    Le Parfum de la Lune, création mondiale de l'intégralité des haïkus pour piano et clavecin de Renaud Gagneux.
    Pièces pour clavecin et piano de Louis Couperin, Claude Debussy
    Clavecin : Laure Morabito
    Piano : Kotaro Fukuma
    Récitant : Michel de Maulne

    Visiter le site de la Maison de la Poésie

     


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