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CRITIQUES DE CONCERTS 21 février 2019

Reprise de Turandot de Giaccomo Puccini dans la mise en scène de Francesca Zambello.

Turandot sans glaçons
© Eric Mahoudeau

Andrea Gruber et Vladimir Galouzine © Eric Mahoudeau

Reprise à l'Opéra Bastille de Turandot, dans la production toujours aussi glaciale de Francesca Zambello, mais avec une distribution de très haut vol, comme l'Opéra de Paris sait les composer ces derniers temps. Paradoxalement, ce fut Turandot elle-même, la princesse de glace, qui finit par enflammer la scène.

 

Opéra Bastille, Paris
Le 14/12/2002
Yutha TEP
 



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  • Il est vrai que les Turandot qui se sont succédé sur le plateau de Bastille n'ont jamais pleinement convaincu. La dernière en date, Jane Eaglen, avait pris au mot le compositeur et son librettiste, composant une princesse sans une once de chaleur, manquant également du tranchant qui aurait pu rendre sa Turandot plus spectaculaire.

    Si en volume et en projection, l'Américaine Andrea Gruber n'a assurément rien à lui envier, le fini belcantiste (même pour un rôle aussi écrasant en terme de puissance) de sa prestation apporte un plus indéniable : Gruber " chante " vraiment son rôle (magnifique In questa reggia), et si le vibrato est parfois un brin envahissant, nuances et gradation dynamique savamment distribuée sont là ; en particulier dans la scène des énigmes.

    On se demande de toute façon comment elle aurait pu rester insensible devant le bronze de Vladimir Galouzine en Calaf, bien plus satisfaisant dans ce rôle que son compatriote Sergei Larin, sans parler du vociférant Franco Farina qui avait donné la réplique à Jane Eaglen.

    À l'opposé, Soile Isokoski compose une Liu toute de lumière, et si Signor ascolta la trouve un peu à court de souplesse, la Finlandaise se libère peu à peu pour trouver une souplesse lui permettant une mort à pleurer toutes les larmes de son corps. Très bon entourage, même si Julian Konstantinov en Timur manque singulièrement de soleil ? par contre, le trio Ping-Pang-Pong est plus vrai que nature.

    La direction de Mark Elder est puissante, et ne recule guère devant les fracas sonores, mais elle sait aussi se taire lorsque nécessaire, laissant aux chanteurs toute liberté de s'exprimer. Et Mark Elder aime manifestement la partition, soignant avec gourmandise les harmonies pucciniennes, aidé en cela par un orchestre en très bonne forme (contrairement à un choeur imprécis et parfois grelottant).

    Que dire de neuf sur la mise en scène de Francesca Zambello ? Rien de plus que les années précédentes. Si les mouvements de foule demeurent la grande spécialité de Zambello, les décors sont toujours aussi laids, l'ambiance carcérale, les lumières lugubres et le jeu d'acteur n'a que médiocrement progressé.

    Certains s'en tirent avec les honneurs, Andrea Gruber affiche, elle, des mines assez convenues ? mais là encore, quel soulagement après les errances d'une Eaglen complètement dépassée par les impératifs scéniques. Peu sollicité par la mise en scène, on aura au moins eu tout loisir de se concentrer sur la partition déglacée.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 14/12/2002
    Yutha TEP

    Reprise de Turandot de Giaccomo Puccini dans la mise en scène de Francesca Zambello.
    Opéra en trois actes
    Livret de Giuseppe Adani et Renato Simoni.

    Choeurs & Orchestre de l'Opéra de Paris
    Mark Elder, direction.

    Avec Andrea Gruber (Turandot), Vladimir Galouzine (Calaf), Soile Isokoski (Liu), Julian Konstantinov (Timur), Charles Burles (Altoum), Franck Ferrari (Ping), Francisco Vas (Pang), Doug Jones (Pong).

     


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