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CRITIQUES DE CONCERTS 19 avril 2019

Concert de l'Orchestre National de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus.

Deux messes sur les champs

D.R.

Coup double pour le premier concert 2003 de l'Orchestre de Lille : le choix de la messe Glagolitique signait sa contribution au grand cycle de musique tchèque Bohemia Magica qui s'achève, alors qu'Harold en Italie le place en tête des célébrations de l'année Berlioz.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 11/01/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • Inspiré du poème de Lord Byron " Childe Harold's Pilgrimage ", Harold en Italie est en réalité largement nourri des souvenirs et impressions engrangés par le musicien au cours de son séjour à Rome en 1830, année de son premier grand prix, et de ses pérégrinations à travers la péninsule.

    Berlioz s'en explique dans ses mémoires : " J'imaginai d'écrire pour l'orchestre une suite de scènes auxquelles l'alto solo se trouverait mêlé comme un personnage plus ou moins actif, conservant toujours son caractère propre. ".

    Ce personnage, c'est lui, Berlioz, qui confie à l'alto l'exaltation et la mélancolie du voyageur, tandis que l'orchestre l'accompagne de sérénades et de mélodies populaires glanées au hasard de sa déambulation, le provoquant par les couleurs et les sensations évocatrices des paysages sonores rencontrés.

    Gérard Caussé a longtemps fait d'Harold en Italie un de ses chevaux de bataille. Mais aujourd'hui il semble s'attacher à une stricte lecture du texte musical, sans réussir à installer une véritable présence de l'instrument et le rôle de médiateur que lui assigne Berlioz. Ce qui donne à son jeu un caractère souvent abrupt, en rupture avec l'orchestre auquel Jean-Claude Casadesus imprime un flux lyrique permanent. Un début à moitié réussi pour la grand-messe Berlioz.

    C'est d'un autre genre de messe qu'il allait être question La Glagolitique de Leos Janacek. Cette oeuvre appartient aux dernières années de la vie du compositeur, années fécondes qui verront les grands opéras, de Jenufa à Katia Kabanova ou La Maison des morts.

    Il s'agit là d'une pièce monumentale qui est moins, à proprement parler, une messe traditionnelle, qu'un hymne à la nation slave, un retour aux sources de la Grande Moravie, tel que Janacek, le patriote, l'apôtre du panslavisme s'en était fait le défenseur.

    Une messe non religieuse

    En appelant sa messe glagolitique (glagol signifie " parole "), en reprenant la traduction dans la vieille langue slavonne du texte latin de la messe, il faisait un acte politique, déclarant " avoir voulu faire le portrait de la fidélité d'une nation, sur une base non religieuse, mais morale, qui en appellerait au témoignage de Dieu. "

    Et c'est vrai que la musique est ici à l'image d'un peuple rude, combatif et joyeux, célébrant l'essence divine de la nature. Les solistes énoncent les premières paroles du texte, et c'est au choeur d'implorer Gospodi Pomiluj (Seigneur ayez pitié), de laisser exploser la joie du Slava, Slava, (Gloire), de dire l'agonie du Christ, Rozpet ze za ny mucen (Crucifié pour nous), d'affirmer la force de la foi et du serment, Vieruju (Je crois), de traduire la douceur indicible du Svet, Svet (Sanctus), et l'allégresse de l'Amen.

    Aux voix puissantes des quatre chanteurs tchèques répondait le magnifique choeur philharmonique de Brno, soutenu par l'orgue impérieux de Thierry Escaich. Au pupitre de l'Orchestre National de Lille, Jean-Claude Casadesus accentuait la théâtralité de la musique, en donnant tout son sens au " panthéisme consolateur " dont l'oeuvre se réclame.

    Leos Janacek pensait que la Messe Glagolitique devait être exécutée en plein air, car, disait-il " Une église c'est de la mort concentrée, des cryptes sous le dallage, partout des images de tortures et de trépas. Les cérémonies, les prières, je ne veux rien avoir à faire avec cela ! " Ici, elle a été exécutée sur les Champs ce qui n'est déjà pas si mal




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 11/01/2003
    Françoise MALETTRA

    Concert de l'Orchestre National de Lille dirigé par Jean-Claude Casadesus.
    Hector Berlioz (1803-1869)
    Harold en Italie (Symphonie concertante pour alto, Op.16)
    Soliste :: Gérard Caussé

    Leos Janacek (1854-1928)
    Messe Glagolitique (1926)
    Solistes :: Katarina Jovanovic (soprano), Mojca Vedernjak (mezzo-soprano), Yvgenyi Shapovalov (ténor), Peter Mikulas (basse)
    Choeur Philharmonique de Brno
    Orgue :: Thierry Escaich


     


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