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CRITIQUES DE CONCERTS 08 aoűt 2020

Nouvelle production de Wozzeck d'Alban Berg l'Opéra de Nantes.

Wozzeck sans repentir
© Vincent jacques

© Vincent jacques

C'est une page qui se tourne, pour l'Opéra de Nantes. Et pas seulement parce que le Théâtre Graslin, en travaux, n'a pu accueillir ce Wozzeck. Mars prochain verra la naissance d'une nouvelle structure lyrique, ANO (Angers Nantes Opéra) qui devrait redonner du lustre à l'Opéra d'Angers et à la région, et permettre des projets plus ambitieux.
 

Cité des Congrès, Nantes
Le 19/01/2003
Michel PAROUTY
 



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  • De l'ambition, Philippe Godefroid en a eu Ă  revendre pendant les onze annĂ©es de son mandat nantais. Non seulement comme metteur en scène, ce qui lui a permis d'assouvir sa passion pour Wagner, mais aussi et surtout comme directeur, n'hĂ©sitant pas Ă  programmer des ouvrages rares, voire des crĂ©ations, aiguisant sans cesse la curiositĂ© du public qu'il avait formĂ©.

    Avec Wozzeck, c'est donc un au revoir qu'il adresse à Nantes. Sa vision du chef-d'oeuvre d'Alban Berg procède d'un expressionnisme exacerbé et s'inscrit sans peine dans les décors sinistres et très mode réalisés par l'atelier Ponctuelle. Une fois acceptée cette esthétique, on ne peut que reconnaître à sa conception une logique imparable.

    À cette galerie de personnages dont aucun n'attire vraiment la sympathie, il manque probablement une dimension, celle de la compassion. Marie, qui donne à Anne-Sophie Schmidt l'occasion d'une composition saisissante, a des allures de fausse ingénue perverse. Le Docteur évoque davantage le Docteur Miracle hoffmannien qu'un savant déphasé. Tracés d'un trait qui ne les épargne guère, ils ne sombrent pas dans la caricature, mais leurs outrances les déshumanisent, en font des types plus que des personnages.

    Wozzeck en est d'autant plus muré dans sa solitude, victime d'un monde qui l'a exclu sans qu'il comprenne pourquoi. Andrew Shore l'incarne avec une voix solide et une irrésistible franchise. Jouant à fond le jeu du metteur en scène, l'équipe se singularise par ses talents de comédien plus que par ses qualités vocales.

    Sous la baguette d'Ulf Söderblom, qui n'omet aucune composante lyrique et dramatique de la partition et préfère avec raison la clarté à l'emphase, l'Orchestre national des Pays de Loire se montre sous son meilleur jour.

    Impossible d'Ă©chapper Ă  l'univers dĂ©sespĂ©rĂ© imaginĂ© par Godefroid. Alors qu'on attend les fameux " Hop, hop " du fils de Wozzeck et Marie jouant sur son cheval de bois, ils sont confiĂ©s au fou. L'enfant, Ă  cet appel, se pend. Une idĂ©e qui va dans le sens de la mise en scène mais dont on se demande, une fois le choc passĂ©, si elle est vraisemblable.

    Mais ceci excepté, cette juste exécution de Wozzeck n'inspire décidement pas le repentir.




    Cité des Congrès, Nantes
    Le 19/01/2003
    Michel PAROUTY

    Nouvelle production de Wozzeck d'Alban Berg l'Opéra de Nantes.


    Orchestre national des Pays de Loire
    Direction musicale : Ulf Söderblom
    Mise en scène : Philippe Godefroid.

    Avec Wozzeck (Alban Berg), Andrew Shore (Wozzeck), Anne-Sophie Schmidt (Marie), John Hurst (Le Tambour-Major), Alfredo Poesina (Andrès), Andreas Jaeggi (Le Capitaine), William Peel (Le Docteur), Delphine Fischer (Margret), Jean-Pierre Chevalier (Le Fou)

     


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