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CRITIQUES DE CONCERTS 09 décembre 2019

Reprise de Faust de Gounod à l'Opéra de Paris.

Contrat faustien
© Eric Mahoudeau

© Eric Mahoudeau

Créé le 3 juin 1975, le Faust de Gounod vu par le metteur en scène Jorge Lavelli est en train de battre tous les records de longévité. Scandaleux hier, classique aujourd'hui, Lavelli aurait-il passé un contrat avec le malin pour bénéficier d'une telle longévité ? Cependant, on murmure que serait sa dernière reprise

 

Opéra Bastille, Paris
Le 06/02/2003
Gérard MANNONI
 



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  • En effet, la rumeur pr√©tend G√©rard Mortier souhaiterait un Faust nouveau qu'il programmerait dans deux ou trois ans. En presque trente ans, le spectacle de Lavelli a pris une dimension historique, et de scandaleux (il avait d√©but√© en pleine gr√®ve de machinistes et sous les sifflets d'une partie du public de Garnier) il est devenu " culte ", comme Les Noces de Figaro mis en sc√®ne par Strehler.

    Bien des distributions se sont succ√©d√© depuis la premi√®re qui r√©unissait Mirella Freni, Nicola√Į Gedda, Nicola√Į Ghiaurov, Robert Massard dans les principaux r√īles, sous la baguette de Michel Plasson.

    Depuis, les metteurs en scène d'opéra se sont lancés depuis dans de tels délires que les hardiesses de Lavelli et de Bignens paraissent bien sages et que l'on apprécie d'autant plus la force des images qu'ils proposent.

    C'est donc sur la distribution que se porte avant tout l'attention. Elle est particulièrement internationale, avec des voix déjà entendues avec succès à l'Opéra dans d'autres ouvrages mais pas toutes bien à leur place ici pour autant.

    Ainsi, l'américaine Mary Mills, belle Manon et bonne Micaela, excellente Infante dans Le Nain, n'a pas la vaillance d'une Marguerite pour les dimensions imposantes de la Bastille. Les qualités musicales de sa voix s'altèrent dès qu'il lui faut forcer pour être dramatique et c'est dommage.

    Il en va de m√™me du t√©nor mexicain Rolando Villazon. Il fut un bon Alfredo dans Traviata, mais l'emploi n'est pas le m√™me. Faust est beaucoup plus h√©ro√Įque comme √©criture et sa tr√®s jolie voix (qu'il ne force en revanche jamais), a du mal √† convaincre dans ces lieux √† l'acoustique d√©cid√©ment inhospitali√®re.

    Il forme n√©anmoins un couple tr√®s assorti √† tous √©gards avec Mary Mills, jeune, bien investi th√©√Ętralement, avec un style raffin√©. Petite d√©ception aussi avec le Valentin de Dalibor Janis, curieusement fig√© et scolaire, alors que ce chanteur √©tait si tonique et virevoltant en Figaro l'an dernier dans la production de Coline Serreau.

    Kristinn Sigmunsson est un M√©phisto de haute stature, √† la voix tr√®s sonore et au jeu sans d√©faut. Les autres protagonistes ne d√©m√©ritent pas, notamment Josep Miquel Ribot dont la belle allure et la voix solide donnent une pr√©sence r√©elle au bref r√īle de Wagner.

    La direction de Gary Bertini est tranquille, plus routini√®re qu'inspir√©e, et c'est vraiment la puissance dramatique du spectacle con√ßues par Lavelli et Bignens qui restera dans nos m√©moires, surtout si cette production dispara√ģt d√©finitivement de l'affiche. Mais est-il bien raisonnable de vouloir mettre un terme √† un contrat faustien ?




    Opéra Bastille, Paris
    Le 06/02/2003
    Gérard MANNONI

    Reprise de Faust de Gounod à l'Opéra de Paris.

    Orchestre de l'Opéra de Paris
    Direction : Gary Bertini
    Mise en scène : Jorge Lavelli
    Décors et costumes : Max Bignens

    Avec Rolando Villazon (Faust), Mary Mills (Marguerite), Kristinn Sigmundsson (Mephistophèles), Dalibor Janis (Valentin), Karine Deshayes (Siebel), Jospe Miquel Ribot (Wagner), Martine Mahé (Dame Marthe).

     


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