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CRITIQUES DE CONCERTS 20 mai 2019

Reprise de Siegfried au Deutsche Oper de Berlin.

Nouvelle recrue au Walhalla
© Bernd Uhlig

© Bernd Uhlig

En marge des démêlés économiques que l'on sait, la vie lyrique continue à Berlin. Au Deutsche Oper, Christian Thielemann vient ainsi d'entamer un cycle Wagner avec Siegfried dans la mise en scène de Goetz Friedrich. Ce fut l'occasion de découvrir dans le rôle titre un jeune et remarquable ténor de même étoffe que le héros.
 

Deutsche Oper, Berlin
Le 16/01/2003
Olivier DENOYELLE
 



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  • Pour le long cycle wagner entamé au Deutsche Oper, on attendait de nombreuses pointures du chant wagnérien. D'entrée cependant, le tonitruant Jon Fredric West a dû être remplacé par un jeune ténor allemand du nom de Christian Franz.

    Divine surprise, Franz a l'étoffe d'un héros, et cela pour au moins deux raisons. En premier lieu, il est l'un des seuls à chanter Siegfried - rôle écrasant s'il en est - sans difficulté aucune. Mais de plus, il sait faire preuve de courage.

    En effet, le mercredi 15 janvier, il se blesse au pied pendant la représentation. Visiblement la douleur est vive, mais il veut assurer le spectacle jusqu'au bout. La voix reste vaillante même si ses déplacements sont réduits et la mise en scène chamboulée. Ce fut sans doute l'une des rares occasions où l'on a vu mourir Fafner seul dans son coin, sans livrer combat avec le héros.

    Dans l'ensemble, la distribution vocale est très homogène à une exception près. Le rôle de Bruennhilde dans Siegfried est réputé difficile. La Walkyrie se réveille au dernier acte et chante jusqu'à la fin de l'opéra. La partie est lourde et aiguë. Il faut une chanteuse d'exception.

    Distribuer Frances Ginzer n'était sans doute pas le meilleur choix. Son aigu est vaillant, mais ses graves inexistants. L'orchestre la couvre très souvent et face à Christian Franz, elle disparaît. Le public l'a sifflée copieusement au salut ; moment douloureux quand ses collègues recueillent des applaudissements fournis et mérités.

    Parmi ces derniers, Mime est exceptionnel : antipathique à souhait, fourbe, geignard et grimaçant. Thomas Harper assume ce rôle sans complexe et avec conviction. Le rôle du Wanderer ne demande plus une splendeur vocale comme dans Walkyrie, simplement de la noblesse et une présence. Albert Dohnen s'identifie parfaitement à ce rôle.

    Dans cette production, Fafner est invisible, la prestation de Philip Kang est donc uniquement vocale, c'est-à-dire grave et sonore, idéal pour le géant. De son côté, Erda joue de la magie de sa voix quand l'oiseau d'Ofelia Sala charme suspendue à un trapèze.

    La direction musicale est assurée par le chef maison Christian Thielemann. Depuis quelques années, le maestro allemand se taille une réputation de grand chef wagnérien. Sa réputation n'est en rien usurpée, on peut difficilement imaginer un Wagner plus dense et plus concerné que le sien.

    Créée il y a une quinzaine d'années dans ce même théâtre, la mise en scène Goetz Friedrich n'a pas vieilli et reste très cohérente. Tout se passe dans un large tunnel. Celui ci est aménagé selon les besoins de l'action : en bunker au premier acte pour figurer la forge de Mime, en chantier pour la rencontre avec le dragon (métamorphosé en engin pour travaux publics).

    Et pourtant, les idées de Friedrich sont mal servies, car le soin apporté à cette reprise est très médiocre. Est-ce ici que ressurgissent les problèmes financiers de la célèbre maison d'opéra ? Lorsque l'on voit la tête d'un technicien dépasser d'une trappe pour éteindre une torche lors du réveil de Bruennhilde, la magie est également mouchée.

    Patrice Chéreau ne veut plus faire de mise en scène d'opéra, car il estime que les spectacles vieillissent très mal. Selon lui les reprises exigent un travail considérable équivalent à une création. Et si l'équipe du Deutsche Oper prenait cette exigence à son compte ?




    Deutsche Oper, Berlin
    Le 16/01/2003
    Olivier DENOYELLE

    Reprise de Siegfried au Deutsche Oper de Berlin.
    Orchestre du Deutsche Oper de Berlin
    Direction musicale Christian Thielemann
    Mise en scène Goetz Friedrich
    Décors et costumes Peter Sykora

    Avec Christian Franz (Siegfried), Thomas Harper (Mime), Albert Dohmen (Der Wanderer), Franz-Josef Kapellmann (Alberich), Philip Kang (Fafner), Mihoko Fujimura (Erda), Frances Ginzer (Bruennhilde), Ofelia Sala (Waldvogel).

     


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