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CRITIQUES DE CONCERTS 16 octobre 2019

Concert du festival "Présences" de Radio-France.

Péché de vieillesse ?

Quelques jours avant sa clôture, le festival " Présences " donnait nettement l'impression de marquer une pause dans sa politique de création ; la seule nouveauté revenait en effet à Graciane Finzi et ses Mouvements pour orchestre. La présence de la légendaire Anja Silja suffirait-elle à compenser ?
 

Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
Le 11/02/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • La 5e Symphonie de Henze (hommage oblige) et Les Sept PĂ©chĂ©s capitaux de Kurt Weill ne sont certes pas des nouveautĂ©s. La seule crĂ©ation de ce concert revenait donc Ă  Graciane Finzi. Ses Mouvements pour orchestre sont une commande de l'Orchestre National de Lille, oĂą la compositrice est en rĂ©sidence depuis septembre 2001. L'oeuvre est Ă©crite sur mesure pour l'orchestre et dĂ©diĂ©e Ă  son chef Jean-Claude Casadesus.

    Rien de bouleversant dans cette partition extrêmement séduisante, où s'affirme une fois de plus une maîtrise impeccable du matériau musical, mais une écriture qui à défaut de vouloir innover à tout prix, dessine un paysage mouvant, tout en courbes et en couleurs changeantes, sollicitant l'un après l'autre et avec habileté, tous les pupitres de l'orchestre pour créer une atmosphère transparente, presque irréelle.

    Un premier moment, sombre, orageux, où le violon tente une éclaircie, vite masquée par les forces souterraines qui semblent à l'oeuvre pendant l'entière durée du mouvement.

    Un second, autour d'une note pivot évoluant au milieu de l'orchestre, cernée par les instruments ou les effleurant dans un climat poétique et paisible, enchaînant avec une suite de courts dialogues en hommage aux solistes de l'orchestre, avant d'engager toutes les voix à monter en puissance dans un ostinato travaillé par une rythmique de plus en plus sophistiquée.

    L'Orchestre National de Lille ne pouvait répondre qu'avec élégance et enthousiasme à la mise en beauté qui leur était offerte. Appelé lui aussi à apporter sa contribution à l'opération Henze, il donna une exécution très virtuose de la 5e symphonie du compositeur, la plus courte (à peine vingt minutes).

    On y retrouvait, en citation, la tendre mélodie My own, my own extraite de la très belle Elégie pour jeunes amants, reprise dans une suite de variations et de cadences à la flûte, à l'alto et au cor anglais, conduisant à un final étourdissant en forme de mouvement perpétuel, dans lequel Henze entendait peindre les joies et les conflits sensuels suggérés par le bonheur voluptueux de la Rome du vingtième siècle.

    On attendait alors d'Anja Silja, invitĂ©e en " guest star ", le grand frisson de la soirĂ©e. HĂ©las, les immenses souvenirs que l'on a de cette grande dame n'ont pas rĂ©ussi Ă  recrĂ©er la magie. La voix est devenue dure et âpre.

    L'interprétation, d'un expressionnisme aux limites (souvent dépassées) de l'outrance, n'était pas celle de la " diseuse " qui doit jouer de tous les registres vocaux pour incarner le monde séparant les deux Anna dans leur traversée de l'enfer des grandes cités, mais celle d'une guerrière livrant bataille avec un orchestre beaucoup trop lourd pour elle. Dommage. Il ne faudrait surtout qu'elle invente un péché de vieillesse




    Salle Olivier Messiaen - Maison de la Radio, Paris
    Le 11/02/2003
    Françoise MALETTRA

    Concert du festival "Présences" de Radio-France.
    Graciane Finzi
    Mouvements pour orchestre (2002)

    Hanz Werner Henze
    Symphonie n° 5 (1962)

    Kurt Weill
    Les Sept Péchés capitaux (1932)
    (Prologue, Paresse, Orgueil, Colère, Gourmandise, Luxure, Avarice, Envie, Epilogue)

    Orchestre National de Lille
    Direction : Jean-Claude Casadesus
    Anja Silja (soprano)
    Jean Delescluse (ténor), Michel Fockenoy (ténor), Jean-Louis Serre (baryton) Bernard Deletré (basse).

     


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