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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2018

Nouvelle production de La donna del Lago de Gioacchino Antonio Rossini.

Haut niveau lacustre
© Opéra Royal de Wallonie

© Opéra Royal de Wallonie

La visite annuelle du maestro Alberto Zedda à Liège est l'occasion pour la modeste maison d'opéra wallone de mettre les petits plats dans les grands. C'est également la démonstration qu'avec peu de moyens, on peut se permettre une distribution de haut niveau comme pour cette Donna del Lago dominée par l'inusable Rockwell Blake.
 

Opéra Royal de Wallonie, Liège
Le 21/02/2003
Camille de RIJCK
 



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  • Inspiré de Walter Scott, maître de l'école des romanciers frivoles, La Donna del lago déroule une intrigue romantique d'un ennui saisissant : l'amour de trois hommes pour une même femme sur fond de guerre civile écossaise, deux des amants étant du clan des rebelles et le troisième rien d'autre que le Roi d'Ecosse.

    La fin est à l'avenant : un amant meurt, terrassé par le roi tandis que le pardon de ce dernier est accordé au deuxième qui s'en va épouser La Donna del Lago. Happy end, lieto fine, appelez ça comme vous voudrez, le fait est qu'aujourd'hui il est difficile de prendre fait et cause pour l'un de ces personnages caricaturaux et fort éloignés des problèmes existentiels de la ménagère de moins de cinquante ans.

    Il faut donc se lever de bonne heure pour inventer une mise en scène captivante, et manque de chance, Martine Servais paraît plutôt être une lève-tard. On se souviendra longtemps de cette Favorite où de délicieux faux nus côtoyaient une Inès déguisée en petit robot, et portée à bras-le-corps par le choeur dans un style très " revue de cabaret ".

    De plus, pour difficile qu'elle soit à monter, cette Donna del lago collectionne les maladresses : par exemple, a-t-on idée d'exiger de Bruce Fowler (Rodrigo) qu'il chante son grand air depuis le fond de la scène et de lui faire monter et descendre des escaliers, tandis que sur la partition les contre notes défilent à vive allure ?

    Enfin, on sourira de ce choeur de guerriers écossais, habillés à la Bravehart, et de la cour du Roi Giacomo V habillée en costumes XIXe siècle et qui observent la Donna chanter son rondo final avec des jumelles de théâtre. Les quelques huées recueillies à la fin du spectacle sont peut-être un peu exagérées, mais on se sent mal à l'idée de la somme qu'à dû coûter cette production.


    Les aventures du plateau

    Le plateau vocal, quant à lui, a connu quelques aventures, à commencer par la défection de Daniella Barcellona (qui ne chantera que les trois dernières représentations) remplacée au pied levé par Agata Bienkowska qui chante ici son tout premier Malcolm.

    À l'instar de son aînée, Jennifer Larmore, la voix de la jeune mezzo-soprano âgée de 26 ans souffre de quelques problèmes d'inégalité des registres : un aigu en force et relativement puissant, un médium discret et impersonnel et des graves fabriqués aux sonorités improbables.

    Les vocalises, quant à elles, sont parfaites. L'essentiel est, toutefois, de souligner le courage de cette jeune artiste dont on entendra certainement parler à l'avenir.

    Autre souci : l'état de santé de Bruce Fowler dont on a suivi la prestation avec inquiétude. Dès son entrée en scène, on voit à la mine déconfite du ténor américain que quelque chose ne va pas et - à entendre les vocalises savonnées et les aigus boiteux de ce ténor pourtant habitué à ce genre d'exercices - on se dit qu'il ne tiendra pas jusqu'au bout.

    Le pire est atteint quand à la fin de son air d'entrée l'aigu final s'étrangle et que le chanteur reste au-devant de la scène, la bouche grande ouverte pendant que l'orchestre ponctue sa phrase. Une annonce de la direction eut été la bienvenue, elle aurait eu le mérite d'éviter au chanteur de se faire huer alors que sa prestation a été pour le moins courageuse.



    Blake le héros

    La Donna de Iano Tamar n'est pas un modèle de rayonnement, les couleurs sombres de sa voix et la discrétion de l'actrice font que le rôle titre de l'opéra passera plus au moins inaperçu jusqu'à son rondo final, à la faveur d'un orchestre jouant en sourdine et malgré des vocalises produites entre les dents.

    Le héros de la soirée fut donc Rockwell Blake qu'on adore à Liège. Si le ténor américain âgé de 52 ans expose un timbre défait (à la limite du timbre de caractère), on reste béat d'admiration face à la technique sans faille, les vocalises surhumaines et à l'engagement de celui qui demeure, après vingt ans d'activité, le meilleur ténor rossinien.

    L'orchestre et les choeurs de l'Opéra Royal de Wallonie, sous la direction d'Alberto Zedda ont l'habitude de se transcender quand le petit chef de Pesaro vient à leur rencontre. La fatigue aura engendré quelques imprécisions mais le travail et l'engagement restent exemplaires.

    Après l'enthousiasmant Tancredi d'Ewa Podles en 1998, Le Voyage à Reims si rare et si difficile à distribuer, la Semiramide superlative de 2001 avec Podles et Blake ainsi que de la Sonnambula avec Annick Massis, l'opéra Royal de Wallonie a prouvé qu'il est possible de défendre dignement le Bel Canto en sortant des sempiternelles Lucia et autres Norma.




    Opéra Royal de Wallonie, Liège
    Le 21/02/2003
    Camille de RIJCK

    Nouvelle production de La donna del Lago de Gioacchino Antonio Rossini.
    Mélodramma en deux actes sur un livret de Leone Tottola,
    d'après le poème narratif de Sir Walter Scott " The Lady of the Lake "


    Orchestre et Choeurs
    de l'Opéra Royal de Wallonie
    Direction musicale : Alberto Zedda
    Mise en scène : Claire Servais

    Décors : Dominique Pichou
    Costumes : Jean-Pierre Capeyron
    Lumières : Jacques Chatelet

    Avec Elena : Iano Tamar
    Malcolm : Daniela Barcellona
    Albina : Emilienne Coquaz
    Uberto : Rockwell Blake
    Rodrigo : Bruce Fowler
    Douglas : Léonard Graus
    Bertram : Patrick Delcour

     


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