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CRITIQUES DE CONCERTS 12 juillet 2020

Reprise d'Eugène Onéguine à l'Opéra Bastille.

Carré de dames
© Eric Mahoudeau

Pour sa quatrième reprise, la production minimaliste mais efficace de Willy Decker bénéficiait d'une affiche féminine de luxe. Avec aussi quelques brillants messieurs, sans oublier la fort belle direction de Vladimir Jurowski. De quoi échapper à la routine.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 27/03/2003
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Il est rare d'entendre dans Eugène OnĂ©guine un quatuor fĂ©minin d'une telle qualitĂ©. C'est important, car l'ouvrage commence par ce quatuor oĂą les quatre femmes s'expriment tour Ă  tour et ensemble, crĂ©ant d'emblĂ©e le climat du spectacle. Presque trop jeune, la nourrice d'Irina Tchistiakova pourrait tenir n'importe quel premier rĂ´le. On l'a d'ailleurs entendue Ă  plusieurs reprise ici mĂŞme de manière significative dans Guerre et Paix, dans Mavra et dans Boris Godounov. Grand luxe aussi pour Madame Larina, en la personne de l'illustre Miltcheva dont la voix a gardĂ© de belles couleurs et une rĂ©elle homogĂ©nĂ©itĂ©, ce qui n'est pas toujours le cas des artistes Ă  qui l'on confie cette partie. Carmen et Dalila attitrĂ©e des grandes scènes lyriques, Marina Domachenko a non seulement une voix aussi musicale que belle de couleur, mais un physique de rĂŞve pour incarner Olga. Elle avait dĂ©jĂ  fait sensation sur cette scène en Pauline de La Dame de Pique. Quant Ă  Olga Guriakova, ravissante, très sensible et habile comĂ©dienne, sa Tatiana est quasiment idĂ©ale Ă  tous Ă©gards, avec un timbre expressif, ample, riche, comme l'avaient dĂ©jĂ  constatĂ© les spectateurs du Festival d'Aix-en-Provence. Signalons qu'on pourra l'entendre le 3 avril Ă  I2h3O Ă  l'Auditorium du Louvre dans un rĂ©cital de mĂ©lodies russes.


    Voix claire, bien en place, sensible, menée avec goût, Piotr Beczala incarne un Lenski bien touchant, jeune poète au destin tragique incontournable comme tant de héros de Tchaïkovski. Découverte avec le Grémine de Gleb Nikolsky, voix immense, sombre et dotée de graves impressionnants, juste un peu flottante dans certains aigus. Vladimir Chernov est un Onéguine honnête, sans grade envergure vocale ni scénique, mais d'une belle sincérité. Les choeurs menés par Peter Burian sont très présents et très actifs dramatiquement.

    Au pupitre, Vladimir Jurowski qui avait dirigé plusieurs séries de Dame de Pique, séduit non seulement par le lyrisme généreux mais jamais larmoyant avec lequel il traite cette partition, mais aussi par son art de laisser respirer la musique en respectant des temps de silence. C'est devenu tellement rare que l'on ressent une sorte de bien être à ne pas être précipité d'un air sur l'autre, d'un choeur à un ensemble sans la moindre pause.

    Il ne s'agit pas de ralentir l'action, mais juste de prendre son souffle, de laisser voguer son esprit une seconde ou deux, bref lapse de temps qui permet à notre sensibilité de s'élancer vers de nouvelles émotions.




    Opéra Bastille, Paris
    Le 27/03/2003
    GĂ©rard MANNONI

    Reprise d'Eugène Onéguine à l'Opéra Bastille.
    Eugène Onéguine, opéra en trois actes de Piotr Ilitch Tchaikovski, sur un livret de Constantin Chilovsky d'après Pouchkine.

    Vladimir Jurowski direction musicale
    Willy Decker mise en scène
    Wolfgang Gussmann décors

    Avec Alessandrina Miltcheva (Madame Larina) – Olga Guryakova (Tatiana) – Marina Domachenko (Olga) – Irina Tchistiakova (Filipievna) – Vladimir Chernov (Eugène Onéguine) – Piotr Beczala (Lenski) – Gleb Nikolsky (Prince Grémine) – Michel Sénéchal (Monsieur Triquet) – Yuri Kissin (Zaretski) – Armando Noguera (Le lieutenant).

     


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