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CRITIQUES DE CONCERTS 11 décembre 2018

Concerts de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Mariss Jansons au festival de Lucerne.

Lucerne 2002 (2) :
Séduction viennoise ?

© Rory Carnegie

Après de multiples prestations au festival de Salzbourg, la Philharmonie de Vienne achevait son été musical par trois prestations à Lucerne les 6, 7 et 8 septembre derniers, placées sous la direction de Mariss Jansons, apportant leur contribution à la thématique 2002 du festival : la séduction.
 

Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
Le 08/09/2002
Yannick MILLON
 



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  • Le premier concert reprend le programme donné à Paris en janvier dernier - ouverture de la Pie voleuse en moins - et présente les mêmes caractéristiques.

    Le deuxième débute par une Suite de valses du Chevalier à la Rose raide comme la justice, avec un Jansons n'ayant rien à dire dans ce répertoire. Sous sa direction, les Viennois font sonner leur Strauss tout droit, sans respiration, sans charme.

    Le Concerto de Sibelius qui suit souffre d'un mal différent. Il est l'occasion de découvrir la lauréate du concours Lucerne Young Artist 2001, la violoniste Patricia Kopatchinskaïa, empoignant ce concerto avec une hystérie que ses moyens techniques limités ne parviennent pas à rendre acceptable. La jeune Russe se prend les doigts dans tous les démanchés périlleux et fait bien peu de cas de ses aigus. Jansons, quant à lui, se contente d'une battue neutre, du minimum syndical.

    On entendra heureusement une très belle 1e symphonie de Brahms après l'entracte. Jansons y est enfin digne de sa renommée. Son Brahms allie phrasés amples et somptueux, nervosité rythmique - belle avancée dans le premier mouvement, tempi rapides - et lyrisme - un mouvement lent de toute beauté. Le chef russe donne un scherzo idéalement chantant et rustique, et convainc dans un final bien architecturé, jusque dans une péroraison admirable.


    Legato karajanesque peu séduisant

    On regrettera tout de même un abus de legato peu séduisant - fruit des années qu'a passées Jansons à travailler avec Karajan - qui, s'il emporte l'adhésion dans le thème lyrique du finale, amollit trop souvent le discours rythmique.

    Le dernier des trois concerts fait briller les solistes de la formation autrichienne. Excellente idée que d'avoir programmé le Don Quichotte de Strauss, permettant au violoncelliste Franz Bartholomey, à l'altiste Christian Frohn et au Konzertmeister Rainer Küchl de montrer à quel point leur Philharmonie est bien servie par ses valeurs individuelles. Cette fois, tout y est. Jansons, qui dirige sans baguette comme de coutume, est on ne peut plus à l'aise dans cette oeuvre fantasque, fine, et sa battue aérienne mais précise s'accorde on ne peut mieux avec le caractère de la pièce, gérant au mieux les transitions entre les différents épisodes et les passages chambristes, absolument somptueux.


    Concerto pour Küchl et orchestre

    Tous les clins d'?il straussiens - comme l'épisode des moutons - sont rendus avec une acuité merveilleuse. Bartholomey ne dispense certes pas les sortilèges des plus grands violoncellistes, mais il se fond parfaitement dans l'orchestre sans jouer la carte excessive du concerto. Küchl, quant à lui, se rachète d'avoir encore joué trop fort dans ces concerts lucernois, gratifiant les spectateurs des premiers rangs d'un perpétuel concerto pour violon exaspérant - inquiétante manie qu'ignorent ses collègues Werner Hink et Rainer Honeck.

    Après ce Don Quichotte plein de saveurs, autre mets musical que l'on délecte avec un plaisir non dissimulé, une 97e symphonie de Haydn grisante de beauté plastique, habitée d'un équilibre miraculeux, d'une transparence orchestrale et d'une fraîcheur typiquement viennoises. Un régal.

    Pour clore une série de concerts inégaux, une interprétation inégale : la suite de l'Oiseau de Feu de Stravinsky, version 1919. Intrinsèquement, la partition - qui ne garde que les plus célèbres moments du ballet en en modifiant l'orchestration - est loin de posséder le degré d'achèvement de la version originale et ses couleurs à la fois fauves et rimskiennes.

    De plus, Jansons y est très irrégulier, captivant de sonorités magiques dans l'Introduction, la Danse de l'oiseau, la Ronde des princesses et la Berceuse, beaucoup trop poli dans la Danse de Katscheï et le finale qui demandent une tout autre empoignade à la Gergiev.

    Il était certes facile de se fondre dans une thématique sur la séduction quand on est le plus séduisant des orchestres, mais pour que le charme opère complètement, il aurait fallu un chef plus régulier et charismatique, un vrai « tombeur » d'orchestres.




    Konzertsaal, Kultur- und Kongresszentrum, Luzern
    Le 08/09/2002
    Yannick MILLON

    Concerts de l'Orchestre Philharmonique de Vienne sous la direction de Mariss Jansons au festival de Lucerne.
    6 septembre :
    Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847)
    Symphonie n°3 en la mineur op.56 « écossaise »

    Sergei Prokofiev (1891-1953)
    Suite de ballet « Roméo et Juliette » op.34

    7 septembre :
    Richard Strauss (1864-1949)
    Suite de valses du Chevalier à la Rose op.59 (version 1944)

    Jean Sibelius (1865-1957)
    Concerto pour violon et orchestre en ré mineur op.47
    Patricia Kopatchinskaïa, violon

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Symphonie n°1 en ut mineur op.68

    8 septembre :
    Richard Strauss (1864-1949)
    Don Quichotte op.35
    Franz Bartholomey, violoncelle
    Christian Frohn, alto
    Rainer Küchl, violon

    Joseph Haydn (1732-1809)
    Symphonie n°97 en ut majeur

    Igor Stravinsky (1882-1971)
    L'Oiseau de feu, suite (version 1919)

    Orchestre Philharmonique de Vienne
    direction : Mariss Jansons

     


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