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CRITIQUES DE CONCERTS 16 décembre 2019

Récital de Philippe Jaroussky à l'église des Billettes de Paris.

Raffinements baroques
© Philippe Matsas

La foule se pressait dans la petite église des Billettes. L'événement, c'était le concert que donnait Philippe Jaroussky à l'occasion de la sortie d'un premier disque-récital consacré au compositeur Benedetto Ferrari, objet précisément de cette soirée.
 

Eglise des Billettes, Paris
Le 15/04/2003
Anne-Béatrice MULLER
 



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  • Benedetto Ferrari reste encore un compositeur largement ¬Ė et injustement ¬Ė m√©connu, son seul fait d'arme connu du grand public demeurant, mais rien n'est s√Ľr, le c√©l√©brissime Pur ti miro, pur ti godo qui conclut le Couronnement de Popp√©e, oeuvre √©minemment ¬ę collective ¬Ľ, mais dont le grand Monteverdi assura clairement l'√©laboration. A l'√©coute des pi√®ces choisies par Philippe Jaroussky et de leurs qualit√©s, on se prend √† r√™ver de ce que devait √™tre cette p√©riode de bouillonnement musical.

    Hasardons une hypothèse : nous tenons là, essentiellement une poésie amoureuse. Mais tellement alambiquée qu'elle doit bien dissimuler quelque chose. Si l'on se rappelle que, depuis la Renaissance et le retour à la grécité, l'homosexualité était plus qu'une mode un peu partout en Europe (songeons, par exemple, à la poésie élisabéthaine) : l'invraisemblable préciosité des textes, au-delà de l'art du concetto tant prisé en Italie, pouvait être une manière de se jouer de la censure
    C√īt√© musique, tout l'arsenal du premier baroque est pr√©sent. Le recitar cantando est √©videmment omnipr√©sent, mais la m√©lodie gagne une ampleur suppl√©mentaire, soulignant et illustrant un texte dense, complexe, au point que les traducteurs s'y cassent les dents et que le chanteur lui-m√™me avoue h√©siter parfois sur la couleur √† donner √† tel ou tel vers.


    Manifestement un peu fatigu√© (son agenda commence √† d√©border), le jeune et prometteur contre-t√©nor poss√®de d√©sormais assez de ma√ģtrise et de professionnalisme pour affronter sans p√©ril l'emphase √©motionnelle et rh√©torique du grand arioso, forme affectionn√©e par Benedetto Ferrari. Sa virtuosit√©, d√©j√† largement salu√©e dans Haendel (Philippe Jaroussky a fait impression dans Agrippina de Haendel sous la direction de Jean-Claude Malgoire) et Vivaldi, n'est jamais prise en d√©faut par cette musique intellectuelle, d'une extr√™me exigence, qui √† aucun moment n'autorise le rel√Ęchement de la ligne de chant ni l'abandon m√©lodique. Mais ce qui frappe surtout, c'est cette intelligence de la phrase musicale, cette ma√ģtrise du cantabile que Philippe Jaroussky d√©ploie depuis ses tout d√©buts, alors que la clart√© naturelle du timbre apporte son lot de lumi√®re. Reconnaissons aussi que le riche continuo d√©ploy√© par l'ensemble Artarserse et la complicit√© √©vidente qui lie chanteur et instrumentistes, participent efficacement au succ√®s du concert.

    Prometteur, assurément, et l'on attend avec impatience une autre apparition, au disque et sur scène, des mêmes musiciens.




    Eglise des Billettes, Paris
    Le 15/04/2003
    Anne-Béatrice MULLER

    Récital de Philippe Jaroussky à l'église des Billettes de Paris.
    BENEDETTO FERRARI
    Musiche varie a voce sola


    Philippe Jaroussky, contre-ténor
    Ensemble Artaserse
    Christine Plubeau (viole de gambe), Claire Antonini (théorbe) Nanja Breedijk (harpe), Yoko Nakamura (clavecin & orgue)

     


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