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CRITIQUES DE CONCERTS 15 aoűt 2020

Concert de l'Orchestre Symphonique de San Francisco sous la direction de Michael Tilson Thomas au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Mahler sur la cĂ´te ouest

Même s'il ne compte pas parmi les plus illustres formations américaines, l'Orchestre Symphonique de San Francisco jouit d'une vaste réputation internationale. Son passage à Paris avait donc des allures d'événement, d'autant que son chef Michael Tilson Thomas ne hante pas non plus de manière excessive nos salles de concert.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 25/05/2003
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Pour faire coup double, Michael Tilson Thomas avait eu l'idĂ©e – ou la hardiesse ?- de mettre en ouverture du programme ses propres Emily Dickinson's Songs, ensemble de sept mĂ©lodies sur des poèmes de la cĂ©lèbre poĂ©tesse amĂ©ricaine, crĂ©Ă© l'an dernier par RenĂ©e Fleming. On sent que le chef-compositeur connaĂ®t bien la musique de ses grands collègues du XXe siècle, Bernstein et Copland en particulier. Il a aussi un incontestable savoir faire et, dĂ©fendues par Barbara Bonney dont la voix a semble-t-il perdu beaucoup de sa sĂ»retĂ© et de son Ă©clat, ces pages solidement orchestrĂ©es sont aussi agrĂ©ables Ă  entendre que peu indispensables.

    C'était bien sûr avec la Neuvième symphonie de Mahler que l'on attendait chef et orchestre, et là, l'expérience est autrement intéressante. Cette massive partition aux couleurs sombres excepté pour sa partie centrale aux tournures plus populaires, est l'occasion d'une belle démonstration de maîtrise en tous genres de la part du chef comme des instrumentistes. Disons d'emblée que les différents pupitres du Symphonique de San Francisco se sont montrés totalement à la hauteur de cette tâche. Les sonorités sont belles, y compris celles du quatuor, qualité si rare chez les orchestres français. L'harmonie, mise à rude épreuve, est d'une musicalité et d'un investissement remarquables, rendant parfaite justice aux complexes constructions élaborées par Mahler et qui soutiennent le flot d'une musique au discours ample mais contrôlé, même dans ses élans les plus émotionnels.

    Tilson Thomas prend d'ailleurs son temps pour bâtir tout cela – dix bonnes minutes de plus que par exemple la version Kubelik chez Deutsche Grammophon – mais il va au fond du problème, de manière même parfois un peu trop purement analytique. Cela présente l'avantage ne nous laisser ressentir et réfléchir sans hâte, de laisser respirer ces vastes développements, mais avec aussi l'inconvénient d'intellectualiser un peu trop l'ensemble. La qualité de l'exécution orchestrale compense, c‘est vrai, mais à ce niveau d'interprétation très élevé, on touche exactement à ce qui fait la différence entre un très bon chef et un grand chef. Aucune erreur d'approche, aucune hérésie ni aucune négligence dans la lecture de Tilson Thomas, mais rien non plus qui laisse un souvenir personnel marquant au-delà de l'émotion qu'une telle musique engendre dès lors qu'elle n'est pas trahie.

    On aurait aimé plus d'abandon parfois, et aussi plus d'inspiration, quelque chose de moins cérébral. Mais que cette fin en un diminuendo infini et arachnéen était belle !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 25/05/2003
    GĂ©rard MANNONI

    Concert de l'Orchestre Symphonique de San Francisco sous la direction de Michael Tilson Thomas au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Michael Tilson Thomas (*1943)
    Emily Dickinson's Songs

    Barbara Bonney, soprano

    Gustav Mahler (1860-1911)
    Symphonie n°9 en ré majeur

    Orchestre Symphonique de San Francisco
    direction : Michael Tilson Thomas

     


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