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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2019

Récital d'Evgeni Kissin au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Courageux Kissin
© Bette Marshall

Même si le théâtre des Champs-Elysées affichait complet, il n'y avait pas de pianistes dans la salle, à une ou deux exceptions près. Kissin est un peu snobé par ses collègues français et d'ailleurs aussi par une partie de la presse. Ce n'est pas du piano « à la française » ni même vraiment à l'européenne, car c'est vraiment du piano très particulier, fou, inattendu, passionnant, flamboyant, provoquant et surtout, cette fois, courageux.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 27/05/2003
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Pour un pianiste dont la rĂ©putation s'est faite avant tout sur une technique incroyable et une approche assez foudroyante du grand rĂ©pertoire virtuose du XIXe siècle, consacrer la première partie d'un rĂ©cital Ă  la grande Sonate en si bĂ©mol majeur D 960 de Schubert est en effet très courageux. Totalement perdue dans les rĂŞves schubertiens les plus subtiles, les plus pudiques, les plus intĂ©riorisĂ©s, ancrĂ©e dans une tradition très particulière et une dĂ©marche Ă©motionnelle absolument spĂ©cifique, cette sonate est un chef d'oeuvre absolu, mais un chef d'oeuvre que la plupart des pianistes redoutent d'aborder s'il n'ont pas Ă©tĂ© nourris très jeunes de cette culture.

    Kissin n'est justement pas issu de cette tradition et si cela apparaît par moments, dans le choix de certaines accentuations, dans le dessin trop heurté du rubato ou dans la brutalité de certaines attaques, il se tire d'affaire de manière magistrale. Bien sûr, ce n'est pas le Schubert auquel nous sommes habitués, mais Kissin nous entraîne dans un fabuleux voyage fait de contrastes, de rêves, de rage, de poésie, avec toujours ce rapport à l'instrument totalement unique. C'est une sorte d'exploit pour un artiste qu'à priori rien de prédestine à entrer aussi profondément dans cet univers.

    Ensuite, le reste du récital nous ramène au Kissin que l'on connaît déjà, celui aux mille doigts et aux cent cinquante mains, qui se joue des pluies de notes lisztiennes et des cascades d'accords comme s'il s'agissait de la gamme de do. Toujours séduit quand ça fait beaucoup de bruit, la salle se lève à l'issue de la 6e rhapsodie hongroise de Liszt donnée en troisième bis, inconsciente que le véritable exploit a eu lieu plus tôt dans la soirée et qu'il est infiniment plus difficile de bien phraser les thèmes de la sonate de Schubert que d'aligner avec légèreté les octaves à répétition « effet mandoline » de cette rhapsodie. Tant pis !




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 27/05/2003
    GĂ©rard MANNONI

    Récital d'Evgeni Kissin au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate pour piano n° 21 en si bémol majeur, D.960
    Ständchen, Das Wandern, Wohin ?, Aufenthalt, lieder transcrits pour piano solo par Franz Liszt

    Franz Liszt (1811-1886)
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