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CRITIQUES DE CONCERTS 13 aoűt 2020

Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet, avec François-René Duchable.

Révérence effrontée d'un pianiste cabochard

Depuis longtemps il déclarait à qui voulait l'entendre qu'un jour il quitterait sans regrets un métier dans lequel il ne s'était jamais senti heureux. Alors, à cinquante ans, François-René Duchable tire définitivement sa révérence, mais à sa façon, bien décidé à n'en faire qu'à sa tête. A cet exercice du bon plaisir, il faut reconnaître qu'il est passé maître.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 25/05/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • Il joue ce qu'il veut, avec qui il veut, et pour qui il veut. Ce dimanche lĂ , dans un petit discours bien senti, il l'a rĂ©affirmĂ© en rendant hommage Ă  Jeanine Roze qui l'avait aidĂ© Ă  « tenir » dans les annĂ©es difficiles, et lui accordait carte blanche au Châtelet pour son dernier concert parisien. Après l'ouverture du programme avec l'Atelier Chant des Concerts du dimanche matin – une cinquantaine d'enfants de dix Ă  quatorze ans, impeccablement prĂ©parĂ©s par Scott Alan Prouty – les amis du pianiste entrent en scène : GĂ©rard CaussĂ©, son « initiateur » Ă  la musique de chambre, Paul Meyer, dont il se dit « le modeste parrain ». Il est donc question de faire un peu de musique ensemble.

    Dialogues raffinés, sonorités miraculeusement accordées, avec le Trio des Quilles de Mozart, on est proche de la perfection. Et c'est le passage obligé du soliste Duchable : deux Impromptus de Schubert, ciselés, tout en légèreté, où la mélodie s'en vient et s'en va sans jamais s'attarder. Le pianiste semble effleurer le clavier, comme s'il se parlait à lui seul, sans chercher à plaire ou à partager quelque chose de très intime. Changement à vue.

    Tout bascule avec le quatuor de percussions Lamina, quatre virtuoses belges au talent indiscutable, fous de leurs instruments, ce qui se conçoit parfaitement. C'est l'idée qui est en cause, et cette idée passe difficilement : il s'agit de nous faire croire que l'on peut s'emparer de toutes les musiques, et non des moindres, pour en faire des arrangements qui nous en donneraient une toute autre vision.

    D'accord, à la rigueur pour la Danse espagnole de La Vida Breve de De Falla, déjà tellement « revisitée », beaucoup moins d'accord pour la Bourrée et la Badinerie de la Suite en si mineur de Bach, qui sonne comme un orgue de barbarie qui n'oserait pas dire son nom. Pas du tout, mais pas du tout d'accord, pour l'orchestration « arrangée » du Concerto en sol de Ravel, vidée de sa substance, transformée en une bizarrerie sans grâce, une chinoiserie où le pianiste ne parvient a s'exprimer vraiment que dans la longue, lente, et si troublante phrase du mouvement lent. Dommage.

    Un gros grain de folie ? Sans doute une manière pour François-René Duchable de dire que si la musique est chose sérieuse, elle l'est avant tout pour soi, qu'elle n'est pas « affaire de spécialistes », et que le concert n'est pas forcément le lieu sacré que l'on croit.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 25/05/2003
    Françoise MALETTRA

    Concert du dimanche matin au Théâtre du Châtelet, avec François-René Duchable.
    Willkommen (extrait de Cabaret de K.Kander)
    Galop infernal (extrait d'Orphée aux enfers d'Offenbach)
    Air du Toreador (extrait de Carmen de Georges Bizet)
    Danse macabre (de Camille Saint-Saëns)
    Il en faut peu pour ĂŞtre heureux (T.Gilkyson)
    Boum (Charles Trenet)

    Atelier chant des Concerts du dimanche matin
    direction : Alan Prouty
    piano : Richard Davis

    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Trio en mi bémol majeur pour piano, alto et clarinette, KV.498, "des quilles"

    Franz Schubert (1797-1828)
    Impromptus pour piano en sol bémol majeur Op.90 n°3, en la bémol majeur Op.90 n°4

    Manuel de Falla (1876-1946)
    La Vida Breve : Danse espagnole (transcription G. Delbrouck)

    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Bourrée et Badinerie de la Suite n°2 en si mineur BWV 1067 (transcription G. Delbrouck)

    Maurice Ravel (1875-1937)
    Concerto pour piano et orchestre en sol majeur (transcription G. Delbrouck)

    François-René Duchable (piano)
    Gérard Caussé (alto)
    Paul Meyer (clarinette)
    Quatuor de Percussions Lamina (Luc D'Hondt, Guy Delbrouck, Guy Henrion, Michaël Jaremvzuk)

     


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