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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2019

Récital de Murray Perahia au Théâtre du Châtelet, Paris.

Simplement génial
© Ken Schless

Ce mardi soir au théâtre du Châtelet, écouter Perahia jouer Bach, Beethoven ou Schubert, c'est être confronté à l'évidence. On se dit : « Mais oui, bien sûr ! C'est exactement ça ! » Le génie à l'état pur en quelque sorte.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 10/06/2003
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Dès la Toccata de la Partita n°6 en mi mineur BWV 830 de Bach, le charme opère. C'est d'abord une question de toucher. Impassible, sans contorsions du visage ni du corps, le pianiste Ă©veille des sons miraculeux, sans chercher Ă  imiter le clavecin ni l'orgue, mais avec juste ce qu'il faut de couleur pour que la musique parle, vive, dans une dĂ©marche parfaitement naturelle. Le caractère spĂ©cifique de chaque mouvement est respectĂ© et pourtant tout semble nouveau, personnel, une fois encore d'une Ă©vidence insoupçonnĂ©e. Ce n'est pas du Bach Ă  la baroque ni Ă  la classique ni Ă  la romantique. C'est Bach.

    Avec la Sonate n°30 en mi majeur op.109 de Beethoven, le toucher - toujours lui - a changé. C'est très subtil mais bien sensible, avec un engagement différent, un son plus charnu, un autre poids de la main au fond des touches, un phrasé au dessin un peu plus libre. Elle n'est pas facile, cette sonate, avec ce troisième mouvement Andante molto cantabile ed espressivo que Perahia fait effectivement avancer dans le bon tempo jusqu'à sa douce extinction finale. Le public ne s'y trompe pas, qui ovationne, ce qui est rare à la fin d'un morceau s'achevant pianissimo.

    En deuxième partie, la Sonate en ut mineur D. 958 trouve elle aussi d'emblée les chemins de ce bouillonnement intérieur à la fois lyrique et pudique des oeuvres pour piano de Schubert. Murmure ou grondement rentré, foisonnement du chant qui coule comme un torrent, le toucher trouve la vraie fluidité des notes, de leurs accents, nous menant sur les chemins de cette ultime parcours de Schubert, fait de tristesse et de joie aussi résignées et aussi bouleversantes l'une que l'autre.

    Si les termes n'étaient si galvaudés, on serait tenté de parler de musique « à l'état pur » pour un récital comme celui-ci. Le public parisien qui emplissait totalement le Châtelet, parfois si étrange dans ses réactions ou ses comportements à contre-temps, a fait un immense succès à ce concert, comme pour bien marquer que le piano c'est aussi et d'abord cela, avant tout.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 10/06/2003
    GĂ©rard MANNONI

    Récital de Murray Perahia au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Toccata de la Partita n°6 en mi mineur, BWN 830

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate n°30 en mi majeur, op.109

    Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate en ut mineur D.958

    Murray Perahia, piano

     


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