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CRITIQUES DE CONCERTS 03 avril 2020

Carte Blanche à Elisabeth Chojnacka au Festival "Lille Clé de Soleil", France.

Grandeur et cruauté d'un instrument
© DR

Dans la tr√®s belle salle blanche et or du Conservatoire de Lille, il y avait ce jeudi-l√† un d√©sir de musique si palpable dans le public, qu'il fallait une interpr√®te exceptionnelle pour y r√©pondre. En donnant ¬ę carte blanche ¬Ľ √† Elisabeth Chojnacka(marraine du Festival), Denis Simandy avait plac√© la barre tr√®s haut.
 

Auditorium Lalo, Lille
Le 17/07/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • Et la f√™te fut superbe. Pendant pr√®s de deux heures, son clavecin allait √©tablir ce lien si rare et si pr√©cieux qui se tisse entre la g√©n√©rosit√© d'une artiste et la qualit√© d'une √©coute active, autour de pi√®ces qui, toutes, lui √©taient d√©di√©es. Car en √©veillant, depuis des ann√©es, son instrument √† une dynamique enti√®rement nouvelle et √† des sonorit√©s proprement inou√Įes, Elisabeth Chojnacka aura inspir√© nombre d'oeuvres majeures aux plus grands compositeurs de ce temps, toutes nationalit√©s et toutes sensibilit√©s confondues. Son r√©pertoire, qui ne cesse de s'enrichir en faisant appel, entre autres, aux jeunes cr√©ateurs, constitue aujourd'hui un des grands catalogues de la cr√©ation contemporaine.


    Pour rendre hommage √† Maurice Ohana, dont elle reste l'interpr√®te privil√©gi√©e, elle avait r√©uni aupr√®s d'elle des amis musiciens dont l'engagement √©tait √† la mesure des ressources infinies d'un instrument que Maurice Ohana disait √™tre ¬ę d'une cruaut√© et d'une grandeur fantastique ¬Ľ. Dans Miroir de La C√©lestine, une suite en six mouvements encha√ģn√©s pour clavecin et percussions, librement refond√©s sur le mat√©riau initial de l'op√©ra √©ponyme, on retrouvait le myst√®re et la sensualit√© d'une envo√Ľtante musique nocturne, explosant soudain dans la violence d'une danse rituelle aux r√©miniscences africaines, avant de se dissoudra dans un climat d√©sol√©, de plus en plus rar√©fi√©. Et c'est la guitare √† dix cordes qui venait alors arracher au temps la vision flamboyante et rude d'un ¬ę caprice ¬Ľ de Goya (¬ę Si le jour para√ģt, nous partons ¬Ľ), peupl√©e de cr√©atures meurtries, ombres errantes fuyant aux premi√®res lueurs de l'aube. Ce furent ensuite les √©chos d'une langue de tr√®s ancienne m√©moire que reprenaient, dans Sacral d'Ilx, le clavecin, le hautbois et le cor, appel√©s √† se d√©fier dans un combat archa√Įque ressuscitant l'√Ępret√© d'un monde mythique, enfoui, ind√©chiffrable, fractur√© en courtes plages de silence. L'encha√ģnement des pi√®ces ne devait rien au hasard, et tout √† la volont√© de faire acc√©der l'instrument √† des univers sensibles tr√®s diff√©rents, tous entrant en r√©sonance avec l'oeuvre de Maurice Ohana.


    A celui par exemple d'Astor Piazzola, qui dans La Muffa (le cafard) se souvient au passage d'une passacaille de Bach pour dire le spleen qui prend la t√™te et le coeur, mais en se r√©signant √† la vie comme elle va, ou √† celui de Mauricio Sotelo qui pour C√†bala del caballo convoque le clavecin et la guitare sur le terrain fi√©vreux du cante jondo andalou, en exigeant la fusion parfaite des deux interpr√®tes. Et celle-ci fut miraculeuse. Il y avait dans le choix de Denis Simandy, de donner √† ce moment du programme, deux √©tudes pour cor de Giacinto Scelsi, la m√™me √©vidente recherche qui animait tout le concert, de d√©busquer les potentialit√©s rarement exploit√©es de son instrument : travail technique et stylistique sur la sourdine, notes tenues √† distance, claires ou √©touff√©es, sur les tiers et les quarts de ton, relay√©es par le silence dans la lenteur du tempo. Un silence rompu par Africa celebrates de Grant Mac Lachlan : musique de vent, de soleil et de pluie, o√Ļ le clavecin provoque les percussions africaines, transcende leur rythmes et leurs timbres qui se d√©cha√ģnent dans une mont√©e en puissance de forces vitales, primitives, scand√©es par le mart√®lement sur la terre frapp√©e, jusqu'√† la transe.

    Pour sa deuxi√®me √©dition, et avec de tels concerts, le Festival ¬ę Clef de Soleil ¬Ľ impose une place de grande classe dans la cit√©, en esp√©rant que celle-ci lui donne imp√©rativement les moyens de le faire savoir.


    Prochains concerts :
    Le 31 juillet : Récital à deux violoncelles (Sigrid Vanderbogaerde, Jean-Paul Dessy)
    Le 7 ao√Ľt : Isabel Soccoja(chant) et Ancuza Aprodu(piano)
    Le 14 ao√Ľt : David Lively(piano) et Quatuor Johannes
    Le 21 ao√Ľt : Slava Chevllanov (orgue)
    Le 28 ao√Ľt : Gilles Collard(violon), Carole Carniel (piano)

    Tous les concerts ont lieu à l8h30, dans différents lieux de la ville.




    Auditorium Lalo, Lille
    Le 17/07/2003
    Françoise MALETTRA

    Carte Blanche à Elisabeth Chojnacka au Festival "Lille Clé de Soleil", France.
    ¬ę AUTOUR DE MAURICE OHANA ¬Ľ
    Carte blanche à Elisabeth Chojnacka (clavecin)
    Avec Béatrice Daudin (persussions), Stephan Schmidt (guitare), Thierry Cammaert (hautbois), Denis Simandy (cor)

    MAURICE OHANA (1914-1992)
    Miroir de La Célestine (clavecin et percussions)
    ¬ę Si le jour para√ģt ¬Ľ (guitare √† 10 cordes)
    Sacral d'Ilx (clavecin, hautbois, cor)
    ASTOR PIAZZOLLA (1921-1992)
    ¬ę La Muffa ¬Ľ (transcription pour clavecin de Yves Prin)
    MAURICIO SOTELO (1961)
    ¬ę C√†bala del caballo ¬Ľ (clavecin & guitare)
    GIOACINTO SCELSI (19O5-1988)
    Deux pièces pour cor seul
    GRANT MAC LACHLAN
    ¬ę Africa celebrates (Umbhiyozo Waze Africa)¬Ē (Clavecin & percussions africaines)

     


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