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CRITIQUES DE CONCERTS 17 février 2020

Tristan und Isolde à l'Opéra du Rhin

Tristan désenchanté
© Alain Kaiser

Quand un chef et un metteur en scène se désaccordent de conserve pour trahir un chef-d'oeuvre, la déroute est facilement à la hauteur de leurs forces additionnées. Le désenchantement est accompli lorsque l'un et l'autre réussissent à empêcher les chanteurs de s'exprimer. Tous, sauf Heikki Siukola qui campe un Tristan poignant.
 

Opéra du Rhin, Strasbourg
Le 12/02/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • " Les chefs-d'oeuvre sont faits pour √™tre viol√©s " clamait jadis un grand metteur en sc√®ne. Mais violer exige une vraie puissance, pour saisir totalement l'oeuvre et la dominer. Il faut enfin une entente entre le chef et le metteur en sc√®ne. Ce ne fut pas le cas √† Strasbourg, dont le " Tristan " est fort attristant, malgr√© les excellents Tom Fox et Anthony Marber. En effet trois d√©cors fort diff√©rents perturbent le spectateur, √† coups d'√©l√©ments surajout√©s qui se veulent des symboles √©vocateurs : des branches cass√©es peintes en blanc (I), un champ de bl√© m√Ľr mais, curieux rapprochement, devant des sapins enneig√©s (II) et un assemblage de formes g√©om√©triques cr√©ant un rocher sauvage (III). Reprenons le livret de Wagner : " l'avant d'un navire " (I), " des jardins plant√©s de grands arbres " (II) et " les hautes murailles du ch√Ęteau " (III). Il y a une logique dramaturgique dans le livret de Wagner que l'on ne retrouve pas dans les incoh√©rences accumul√©es sur sc√®ne par Arlaud.
    Parall√®lement, le chef fractionne son discours musical, √† croire qu'il veut casser la continuit√© m√©lodique. De plus, sa conception de l'oeuvre √©puise les chanteurs. Tout se passe comme s'il avait un compte √† r√©gler, avec les dames surtout, car ni Nadine Secunde, dont on conna√ģt l'immense talent de soprano lyrique, ni Hermine May dont le premier acte est superbe, ne peuvent aborder le deuxi√®me en pleine possession de leurs moyens vocaux. Il y a enfin un art de diriger les accents path√©tiques de Marke qui conf√®re au chanteur, quel que soit son √Ęge une noblesse et une maturit√©, pour ne pas dire un grand √Ęge. Or Frode Olsen poss√®de une belle voix grave, mais les tempi choisis l'emp√™chent de masquer, voire de grimer son jeune √Ęge !
    Seul demeure Heikki Siukola, un Tristan hors norme, dont le jeu poignant semble devoir inexorablement le conduire √† cette double tentative de suicide. Progressant avec un grand art du chant et du jeu, il parvient au IIIe acte, o√Ļ il passe de la folie √† la mort avec une puissance musicale et dramatique sans √©gale.




    Opéra du Rhin, Strasbourg
    Le 12/02/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Tristan und Isolde à l'Opéra du Rhin
    Direction musicale : Jan Latham-Koenig
    Mise en scène, décors et lumières : Philippe Arlaud
    Choeurs de l'Opéra national du Rhin
    Orchestre Philharmonique de Strasbourg
    Avec Heikki Siukola (Tristan), Frode Olsen (König Marke), Nadine Secunde (Isolde), Tom Fox (Kurwenal), Anthony Marber (Melot), Hermine May (Brangäne), Declan Kelly (Ein Hirt), Vincent Karche (Seemann), Yves Ernst (Steuermann)

     


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