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CRITIQUES DE CONCERTS 20 septembre 2021

Concert de l'Orchestre philharmonique de Vienne sous la direction de Nikolaus Harnoncourt au festival de Salzbourg.

Salzbourg 2003 (7) :
La nouvelle orientation de Nikolaus Harnoncourt

© Salzburger Festspiele Archiv

Il y a un peu plus de dix ans, Nikolaus Harnoncourt gravait une intégrale des symphonies de Beethoven qui allait défrayer la chronique par sa modernité et sa volonté de dépoussiérage. Aujourd'hui, avec un grand orchestre, le Philharmonique de Vienne, le trublion autrichien remet son Beethoven sur le métier en concert pour le public salzbourgeois.
 

Le 30/08/2003
Yannick MILLON
 



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  • Nikolaus Harnoncourt est décidément un artiste qui ne cesse d'étonner, par sa volonté toujours plus grande d'analyser en profondeur, de restituer un style, de contextualiser les oeuvres qu'il dirige. Après avoir été le pionnier, avec son ami Gustav Leonhardt, d'un Bach à l'ancienne aux textures et à la taille fine, à l'humanité prenant le pas sur la métaphysique ou le monumental saint sulpicien, aux sonorités acides, au diapason et aux instruments d'époque, Harnoncourt aborde aujourd'hui le cantor de Leipzig avec des moyens très différents. Il ne s'agit en aucun cas d'un revirement, car l'esprit « à l'ancienne » est conservé, mais le chef autrichien semble moins fondamentalement esclave de la lettre que par le passé.

    Bach façon XIXe ?

    L'année dernière, pour célébrer Vendredi Saint, Harnoncourt avait dirigé au Musikverein une St-Matthieu sur instruments modernes, avec le Philharmonique de Vienne, et des voix féminines, délaissant les voix d'enfants pour lesquelles il avait tant milité. En vieillissant, le fondateur du Concentus Musicus semble vouloir privilégier le plaisir du beau son et le confort technique. Mais son Bach est toujours aussi moderne – ou ancien, comme on voudra – avec ses choeurs de turba cinglants, ses intuitions géniales et sa rhétorique grisante.

    Son retour à des effectifs plus traditionnels n'est sans doute pas sans rapport avec son exploration progessive du répertoire du XIXe siècle, qui l'a amené récemment à aborder Franz Schmidt, et, plus étonnant, Alban Berg. Nous avouerons avoir été il y a dix ans parmi les opposants les plus farouches à la première exploration de la période romantique par Harnoncourt, mais après un ajustement psychologique salutaire, et la bonification des interprétations du maître – cf la différence entre ses Strauss minables du Concertgebouw, et ceux, presque insurpassables, de ses deux Concerts du Nouvel An – nous comptons aujourd'hui parmi ses admirateurs, avant tout pour son esprit et l'intelligence de sa démarche musicologique. Aussi tenons-nous entre autre ses Bruckner pour d'incontestables réussites, et la parution prochaine au CD d'une 9e hallucinante de tension et de pessimisme devrait nous donner raison.

    Le difficile "cas Beethoven"

    Reste le cas Beethoven, qui même après ajustement psychologique, laisse toujours perplexe. L'intégrale Teldec ne nous semble en aucun cas une pièce importante du legs Harnoncourt. Certes l'esprit de dépoussiérage est là, le travail sur les vents est remarquable, l'analyse des partitions intéressante, mais le chef autrichien est victime d'une inspiration en dents de scie. Il captive autant qu'il ennuie : après une trouvaille géniale, il mouline dans le vide pendant trois minutes. Sans éviter la lourdeur, Harnoncourt affaiblit le discours beethovénien avec des phrasés mous et collants qui luttent contre la patte rythmique du maître de Bonn.

    L'intégrale de 1990 reste donc à notre sens un échec, dû en partie à une vision trop « sur le papier » et pas assez aboutie, ainsi qu'à un orchestre vierge d'identité sonore et sans personnalité, et nous lui préférons sans hésiter la toute récente intégrale de Rattle qui, sans être incontestable, est une somme infiniment plus cohérente.

    Mais voilà qu'Harnoncourt aborde à nouveau Beethoven cet été 2003 à Salzbourg, pour un concert avec le Philharmonique de Vienne comprenant les Symphonies n°1 et 7. Le miracle du lifting de ses Strauss allait-il se produire pour Beethoven ? La réponse est oui, même si demeurent quelques infimes réserves.

    Le Concert de Salzbourg : Beethoven en transe




    Le 30/08/2003
    Yannick MILLON



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