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CRITIQUES DE CONCERTS 17 novembre 2019

Ouverture de saison de l'Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Elysées.

Le National se rassure
© D. R.

Soirée délibérément germanique pour la rentrée de l'Orchestre National de France. On sent bien que, dans sa volonté de restaurer le prestige de l'Orchestre après des années aventureuses, Kurt Masur ne cesse de lui faire relever des défis, et avec un tel programme, il semble en bonne voie d'y parvenir.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 10/09/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • Si l'ouverture de TannhaĂĽser sentait un peu la rentrĂ©e des classes, avec une certaine brutalitĂ© dans la direction et les dĂ©rapages de quelques pupitres, elle marquait en revanche l'exceptionnelle qualitĂ© des cordes et des bois, signant lĂ  le travail de fond rĂ©alisĂ© depuis l'arrivĂ©e au pouvoir de Masur. On ne se console pas vraiment de la dĂ©fection de Julia Varady, remplacĂ©e au pied levĂ© par la star montante Deborah Voigt. DouĂ©e d'une santĂ© triomphante (elle chantait Isolde, la veille, Ă  l'OpĂ©ra de Vienne), la soprano amĂ©ricaine possède indiscutablement une grande voix, d'une technique et d'une soliditĂ© Ă  toute preuve. Mais il faut bien reconnaĂ®tre qu'Ă  aucun moment elle n'a rĂ©ussi Ă  ĂŞtre bouleversante et Ă  transcender la musique pour incarner deux des plus sublimes figures fĂ©minines de Wagner. Elle enchaĂ®na l'air d'entrĂ©e d'Elisabeth et La mort d'Isolde avec une vaillance et une dĂ©termination sans appel, allant jusqu'Ă  annoncer au public (qui lui cria « merci d'avance !) qu'elle entendait bisser l'air d'Elisabeth. Ce qu'elle fit, sans rien changer de sa belle vigueur, dans l'exultation gĂ©nĂ©rale.


    Le meilleur était à venir avec la troisième Symphonie d'Anton Bruckner, magistralement dirigée par un Kurt Masur qui excelle dans le décryptage des arcanes d'une oeuvre aussi monumentale. Wilhem Furtwängler disait de Bruckner qu'il était « un mystique gothique égaré dans le XIXème siècle ». Et c'est pourtant, plus encore que l'incontestable importance de sa musique sacrée, ses neuf symphonies qui a assurent aujourd'hui sa postérité. Dédiée à Wagner, la troisième en porte bien peu les traces, sans doute en raison des multiples remaniements dont elle a fait l'objet. Kurt Masur la replace dans toute sa vérité en la faisant bien plus proche de Beethoven dans son ampleur architecturale, et de Schubert dans la tendresse joyeuse des mouvements lents aux allures de ländler. Le chef du National est un bâtisseur, avec quelques chose de fondamentalement attaché à la terre et aux paysages parfaitement découpés. Il brasse la matière sonore avec une obstination et une jubilation sans fin, pour en extraire la substance et l'organiser dans un flux cohérent, sans rien consentir au pur décoratif. Et ce soir-là, la réponse de l'Orchestre fut exactement à la hauteur de l'engagement de son chef : l'adhésion totale d'une grande formation enfin rassurée sur son avenir.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 10/09/2003
    Françoise MALETTRA

    Ouverture de saison de l'Orchestre National de France au Théâtre des Champs-Elysées.
    Orchestre National de France
    Direction : Kurt Masur
    Soliste : Deborah Voigt (soprano)

    RICHARD WAGNER
    Tannhaüser (Ouverture, Entrée d'Elisabeth « Dich, teure Halle », extrait de l'acte II)
    Tristan et Isolde (Prélude et mort d'Isolde Mild und Leise wie er lächelt

    ANTON BRUCKNER
    Symphonie n°3 en ré mineur, dite Wagner Symphonie
    (Mehr langsam, misterioso – Adagio, bewegt, quasi andante – Ziemlich schnell – Allegro)

     


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