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CRITIQUES DE CONCERTS 23 octobre 2018

Nouvelle production du Trouvère de Verdi à l'Opéra Bastille, Paris.

Production catastrophe
© Eric Mahoudeau

Après un début de saison prometteur, voilà que l'Opéra de Paris se fourvoie dans une production du Trouvère qui risque de faire date par une mise en scène tellement ringarde qu'elle en est presque une insulte au monde lyrique. Dans pareilles conditions cauchemardesques, il n'y a guère que le plateau qui puisse offrir une bien maigre consolation, et encore.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 23/10/2003
Gérard MANNONI
 



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  • D'un point de vue strictement théâtral, il n'y a rien à sauver dans cette nouvelle production du Trouvère à l'Opéra de Paris Bastille. Inutile même de s'étendre. Les décors sont plus hideux d'un tableau à l'autre, encombrés d'un fatras prétentieux, inutile, inefficace, illisible. Les costumes, hormis celui de Léonore, sont grotesques, caricatures d'une Espagne des années trente, hors de propos, dérisoires.

    La mise en scène sa caractérise par une absence absolue de direction d'acteurs, d'idées, de solutions aux problèmes posés par le livret. Les seules inventions sont inutiles, caricaturales elles aussi. Inutile de les raconter ou de les décrire. Elles n'en valent même pas la peine, sauf si l'on veut se livrer à un cruel exercice humoristique style Marx Brothers. Bref, un cataclysme total, comme on n'en avait pas vu depuis longtemps.

    Une seule question : à quoi a donc servi la si brillante et célébrée révolution du spectacle d'opéra menée il n'y a pas si longtemps par les Strehler, Lavelli, Chéreau et quelques autres si une Francesca Zambello peut se laisser aujourd'hui aller à telles niaiseries ?

    Côté chant et musique, les satisfactions sont partagées. Roberto Alagna domine très nettement l'ensemble de la distribution. Il est le seul à chanter avec élégance, musicalité, style et sans jamais forcer sa voix, même dans le terrible Di quella pira, enlevé avec prestance et sans effets inutiles.

    Tous les autres font essentiellement du son, avec plus ou moins de bonheur. Sondra Radvanovsky, entendue ici même dans Les Vêpres siciliennes, a des moyens impressionnants, rares aujourd'hui sur la scène lyrique. Pourtant, quelque chose gène. Trop de jeunesse ? Des aigus trop souvent poussés et proches du cri ? Pas assez de nuances ? Et pourtant que de qualités aussi ! Sans doute lui faut-il encore un peu de temps pour mieux maîtriser ces dons exceptionnels. Belle silhouette et tentative de jeu convaincant, au demeurant, en dépit de l'absence de direction.

    Dolora Zajic croit qu'il faut crier très fort pour être une bonne Azucena. Elle a tort car sa voix devient alors très laide. Quand elle ne hurle pas, c'est nettement mieux, mais bien trop rare. Avec beaucoup d'aplomb, le baryton Zeljico Lucic arrivé l'après-midi même, remplaçait en Comte de Luna Lado Atenalli défaillant. On ne peut que le remercier, et il a lui aussi de très valeureux moyens. Excellent Fernando d'Orlin Anastassov, parfaitement musical, avec un timbre homogène, bien frappé, et somptueuse présence des choeurs.

    La direction orchestrale de Maurizio Benini manque d'accents et de cohérence, avec ses langueurs qui ne font que souligner la déroute de la mise en scène et achèvent de faire de l'ensemble de cette soirée une sorte spectacle cauchemar où l'on voit soudain reparaître tout ce qui est apte à reléguer l'opéra au rang de genre ringard et agonisant. Les chanteurs ont été acclamés. La plupart le méritent. Madame Zambello a été unanimement huée. Tant pis pour elle !




    Opéra Bastille, Paris
    Le 23/10/2003
    Gérard MANNONI

    Nouvelle production du Trouvère de Verdi à l'Opéra Bastille, Paris.
    Giuseppe Verdi (1813-1901)
    Le Trouvère, opéra en quatre actes (1853)
    Livret de Salvatore Cammarano d'après le drame espagnol d'Antonio Garcia Gutierrez

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction musicale : Maurizio Benini
    mise en scène : Francesca Zambello
    décors : Maria Björnson, réalisés par Adrian Linford
    costumes : Sue Willmington
    éclairages : Peter Mumford
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Zeljico Lucic (Le Comte de Luna), Sondra Radvanovsky (Leonora), Dolora Zajic (Azucena), Roberto Alagna (Manrico), Orlin Anastassov (Ferrando), Martine Mahé (Inès), Jean-Luc Maurette (Ruiz).

     



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