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CRITIQUES DE CONCERTS 20 octobre 2019

Récital de Ian Bostridge accompagné par Julius Drake au Théâtre du Châtelet, Paris.

Une personnalité à part
© EMI

Avec ce récital du Châtelet consacré pour moitié à Francis Poulenc, et pour autre moitié aux Eichendorff Lieder d'Hugo Wolf, le ténor britannique Ian Bostridge confirme sa forte personnalité et la place bien particulière qu'il a prise dans le monde lyrique.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 04/11/2003
Gérard MANNONI
 



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  • Ian Bostridge a certes bien des défauts, que ne manquent pas de souligner ses détracteurs. La voix est d'une qualité moyenne et d'une taille assez modeste. La stature physique n'est pas celle du ténor traditionnel. Quand il entre en scène, il ressemble plus à un étudiant chic d'Oxford des années trente qui revient d'une soirée après avoir fait le mur qu'à un gros pousseur de contre-ut. Il a aussi la fâcheuse habitude de trop accentuer certaines notes pour en estomper d'autres au point de paraître les subtiliser au public. Et pourtant, quelle expérience passionnante qu'un récital Ian Bostridge !

    Ça ne ressemble à rien d'autre aujourd'hui, car nous avons affaire à un véritable interprète de mélodies, c'est à dire d'un répertoire qui n'est pas à l'origine destiné aux seuls chanteurs d'opéra. Avec lui, on retrouve ce dialogue intime lié au genre, l'importance du texte, primordiale, au point de toucher parfois à la simple déclamation, l'intelligence musicale absolue de chaque mesure et une capacité à donner vie aux pages les plus toniques comme aux plus évanescentes ou au plus dramatiques.

    Bien sûr, il se contorsionne parfois un peu trop et chante souvent la bouche curieusement de travers. Mais que voulez-vous, il est aussi à l'aise que chez lui ou dans un salon du début du siècle, allant se rafraîchir de temps à autre avec ce que l'on disposé à son attention sur une petite table à côté du piano, un peu en retrait.

    Il chante bien en français et trouve avec exactitude les humeurs si diverses de Poulenc confronté à Baudelaire, à Aragon ou à Eluard. Bien soutenu par Julian Drake au piano, il passe ensuite aux Eichendorff Lieder de Wolf, autre univers, moins connu que certains cycles plus populaires du compositeur. C'est aussi d'une belle intelligence dans l'analyse comme dans la conscience de la globalité de l'oeuvre puisque Bostridge enchaîne sans interruption les quinze Lieder du cycle.

    Il est certain qu'avec, encore une fois, des moyens au départ modérés, il sait varier les couleurs, les accents, les intentions en se préoccupant plus de l'expression que de la beauté intrinsèque du son. Toutes proportions gardées, il rappelle, et avec une voix aux dimensions bien différentes, la manière dont un Jon Vickers avait abordé par exemple Le Voyage d'hiver de Schubert.

    A l'heure du musicalement correct et d'une certaine mondialisation du son, quelle chance d'avoir aussi un Ian Bostridge !




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 04/11/2003
    Gérard MANNONI

    Récital de Ian Bostridge accompagné par Julius Drake au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Francis Poulenc (1899-1963)
    Mélodies

    Hugo Wolf (1860-1903)
    Eichendorff Lieder

    Ian Bostridge, ténor
    Julius Drake, piano

     


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