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CRITIQUES DE CONCERTS 18 août 2019

Récital d'Alexander Mogilevski à la Salle Gaveau, Paris.

Intriguant pianiste

Le jeune pianiste russe Alexander Mogilevski.

Cette saison, à la salle Gaveau, Martha Argerich présente quatre pianistes à découvrir en quatre concerts. Le jeune Alexander Mogilevski, depuis sa sortie du Conservatoire de Moscou en 1999, s'est produit dans d'importants concerts et festivals. Vendredi dernier, il eut la rude tâche de convaincre un public un peu frileux de revenir pour les trois « concert-découverte » suivants.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 07/11/2003
Eugénie Alécian
 



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  • En début de programme, Alexander Mogilevski s'attaque au Carnaval de Schumann. Etait-il judicieux de s'exposer d'entrée de jeu dans cette oeuvre si connue où le moindre écart peut au mieux surprendre, au pire froisser ? Toute prise de licence dans le texte du Carnaval doit trouver une vraie justification musicale, et pas seulement provenir d'une imagination fertile, d'où une certaine frustration, issue d'un enchaînement des titres ne tenant aucun compte de leurs contenus littéraires.

    Un jeu assez linéaire, sans puissance, aux phrasés arbitraires, avec un certain décalage gênant entre les mains met mal à l'aise pour la suite du récital. D'ailleurs, public comme pianiste – surtout ses épaules – ont l'air tendu, et quelques spectateurs quittent la salle. Mais ils ont tort, car un magnifique Beethoven, « presque une fantaisie », permet de découvrir le vrai talent du jeune pianiste : jeu fluide, net, propre et solide sans jamais être agressif. Alexander Mogilevski vit vraiment cette sonate méconnue car peu jouée, mais dont beaucoup de cellules mélodiques sont proches d'oeuvres plus célèbres comme le finale du Clair de lune ou les 32 variations en ut mineur. Finalement, Beethoven aurait été une meilleure introduction à ce récital, même si le pianiste semble encore une fois refuser de jouer les deux mains parfaitement ensemble.

    Après l'entracte, petit changement dans l'ordre du programme, pour commencer par la 2e sonate de Rachmaninov et finir par la Berceuse de Tchaïkovski. Choix judicieux car permettant de nous tenir en haleine par la variété des styles contenus dans cette sonate, qui rappelle autant les « grands classiques » que les audaces harmoniques du « swing ». Des recherches harmoniques trop audacieuses rendent même l'oeuvre un peu décousue, mais le jeune russe sait y mettre un enthousiasme et une conviction propres à faire oublier les réserves émises. De magnifiques basses chantantes nous ont réconcilient avec ce piano dont les aigus n'ont peut-être pas encouragé le pianiste à faire chanter son instrument jusqu'alors.

    Vient ensuite la Berceuse dont l'âme slave vibre sous des doigts doux et si merveilleusement fluides. Comme dans un rêve, nous restons suspendus à la dernière note. Alexander Mogilevski est à juste titre acclamé et nous offre, enfin détendu, deux bis superbes d'aisance et de fraîcheur : un Prélude de Rachmaninov et une Sonate de Scarlatti.

    Un pianiste intriguant, dont on attendait qu'il ose s'affirmer et se dévoiler plus, surtout après les encouragements de la plus grande dame du piano.


    Né en 1977, Alexander Mogilevski n'est déjà plus une étoile montante. Il semble pourtant être encore à la recherche de son identité artistique. En 2002, il enregistre pour EMI classics dans la série Martha Argerich presents. Après la prestation de vendredi, pas de surprise : les même commentaires peuvent presque faire l'objet d'un « copier-coller » entre enregistrement studio et concert, notamment concernant la fâcheuse habitude de ne pas synchroniser les deux mains.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 07/11/2003
    Eugénie Alécian

    Récital d'Alexander Mogilevski à la Salle Gaveau, Paris.
    Robert Schumann (1810-1856)
    Carnaval op.9

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n°13 op.27 n°1, « Quasi une fantasia »

    Sergueï Rachmaninov (1873-1943)
    Sonate pour piano op.26 n°2

    Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893)
    Berceuse (arrangement : Sergueï Rachmaninov)

    Alexander Mogilevski, piano

     


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