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CRITIQUES DE CONCERTS 01 juin 2020

Version de concert des Maîtres Chanteurs de Wagner à l'Opéra Bastille, Paris.

Pari gagné

Le défi a été relevé, et au bout d'une représentation qui aura duré six heures entractes compris, le pari est gagné. Grâce à une distribution vocale de premier ordre et la direction d'orchestre très animée de James Conlon, Les Maîtres Chanteurs ont triomphé en version de concert à l'Opéra national de Paris Bastille.
 

Opéra Bastille, Paris
Le 10/11/2003
GĂ©rard MANNONI
 



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  • C'est un vrai pied de nez Ă  tous ces metteurs en scène prĂ©tentieux et gĂ©nĂ©ralement minables qui se croient plus forts que la musique. MĂŞme un ouvrage aussi trapu que Les MaĂ®tres chanteurs de Wagner peut se passer de leurs services s‘il est dĂ©fendu par une Ă©quipe assez intelligente pour donner un minimum de vie aux diffĂ©rents personnages et Ă©voquer les diverses situations de l'intrigue.

    Mieux vaut en effet un rideau de scène noir et des chanteurs en smoking et robe du soir que tout le fatras qui encombre aujourd'hui tant de spectacles et ne fait que détourner l'attention de la musique sans rien apporter d'autre que des gadgets à la mode ou des trouvailles débiles, comme cela vient d'être le cas pour le Trouvère dans ce même théâtre. Une véritable impression de soulagement à ne pas avoir l'audition gâchée et la cervelle occupée par le choc d'images hideuses ou grotesques ni par tel ou tel élément dont on cherche en vain l'utilité ou la signification
    au lieu d'Ă©couter traquillement.

    Bref , on a parfaitement bien profité de cette sobre soirée wagnérienne menée par un James Conlon de plus en plus convaincant au fil de la soirée. L'ouverture sonne étrangement, comme dissociée, avec une harmonie trop poussée et des cordes trop estompées, sans assez de legato ni d'homogénéité. Tout commence à s'arranger dès le premier acte pour finir sur un troisième acte presque idéal, passant avec naturel de l'intimité magique du célèbre quintette au triomphalisme de la scène finale. A noter l'émouvante présence de la petite harpe spéciale prêtée par le Festival de Bayreuth pour accompagner comme le veut la tradition la sérénade de Beckmesser.

    La distribution est nettement dominée par les cinq plus importants protagonistes masculins. Nul ne s'étonnera de savoir que Ben Heppner termine la soirée avec autant de fraîcheur vocale qu'il l'avait commencée. On a connu des Walther plus spontanément charmeurs ou séducteurs, mais très peu qui aient cette aisance naturelle avec des moyens si bien adaptés au rôle. Tout est parfait, de l'émission aux intentions musicales et dramatiques, avec une impression de facilité presque excessive ! On aimerait même sentir parfois un rien de fragilité chez ce jeune chevalier amoureux tout de même soumis à rude épreuve.

    Les deux basses somptueuses de Jan-Hendrik Rootering – Hans Sachs – et de Kristinn Sigmundsson – Veit Pogner – font un contrepoids aussi réussi musicalement que dramatiquement au Walther de Ben Heppner et au David de Toby Spence, aussi bien chanté que joué. Eike Wilm Schulte nous a bien amusés avec son Beckmesser méchant comme une teigne, animant ses scènes avec astuce, mais ne sacrifiant jamais le chant à la composition du personnage, ce qui est finalement assez rare.

    Il n'y a aussi que du bien à penser des autres Maîtres chanteurs, tous distribués de façon adéquate. Dans les deux brèves mais si belles interventions du Veilleur de nuit, Nicolas Courjal a révélé une voix de basse de très belle qualité.

    Quelques regrets en revanche du côté de la distribution féminine. Nora Gubisch, grand favorite du public, ne convainc pas en Lene. Rien d'indigne, mais une présence vocale assez terne, assez indifférente. On l'a entendue sur cette scène infiniment plus à son avantage. Jolie personne filiforme, Anja Harteros a la voix qui devient dure et stridente dès qu'elle veut chanter forte, ce qui lui est quand même demandé assez souvent dans cette partition. Lorsqu'elle ne pousse pas, le timbre garde de belles couleurs et l'émission est plus onctueuse. Eva n'est sûrement pas un rôle qui lui convient bien pour l'instant.

    Malgré quelques problèmes de justesse chez les femmes au début de la soirée, le choeur a assumé avec vaillance la partie qui lui incombe dans chaque acte et dont les multiples embûches ne sont jamais les mêmes d'une scène à l'autre.

    Le public a fait un grand triomphe à tout le monde, sans aucune distinction, ce qui semble redevenir l'habitude à Paris. Tant mieux pour les interprètes, mais il est dommage que certaines différences semblent passer inaperçues. Mais encore une fois, un opéra sans spectacle, de temps en temps, cela remet bien les pendules à l'heure !




    Opéra Bastille, Paris
    Le 10/11/2003
    GĂ©rard MANNONI

    Version de concert des Maîtres Chanteurs de Wagner à l'Opéra Bastille, Paris.
    Richard Wagner (1813-1883)
    Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg, opéra en trois actes
    Livret du compositeur
    Version de concert

    Choeurs et Orchestre de l'Opéra national de Paris
    direction : James Conlon
    préparation des choeurs : Peter Burian

    Avec :
    Jan-Hendrick Rootering (Hans Sachs), Kristinn Sigmundsson (Veit Pogner), Gunnar Gudbjörnsson (Kunz Vogelgesang), Michael Nelle (Konrad Nachtigall), Eike Wilm Schulte (Sixtus Beckmesser), Robert Bork (Fritz Kothner), Martin Finke (Balthasar Zorn), Wilfried Gahmlich (Ulrich Eisslinger), Thorsten Scharnke (Augustin Moser), Ulrich Hielscher (Hermann Ortel), Scott Wilde (Hans Schwarz), Michael Vier (Hans Foltz), Ben Heppner (Walther von Stolzing), Toby Spence (David), Anja Harteros (Eva), Nora Gubisch (Madgalene), Nicolas Courjal (un veilleur de nuit), et Dora Dotcheva-Kutschi, Maria Harpner, Andrea Olah, Susanne Rath, Camille Singh, Tore Denys, Stefan Drnek, Martin Felber, Robert Maszl, Bernd Mitterer, Roman Payer, Christian Scherler, Robert Wagner, Harald Wurmsdobler (les Apprentis).

     



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