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CRITIQUES DE CONCERTS 12 décembre 2019

Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France sous la direction de Christian Zacharias au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.

Poétique de l'espace sonore
© D.R.

Le pianiste et chef d'orchestre allemand n'en est plus à ses premiers essais dans la polyvalence musicale. Christian Zacharias, c'est, au piano et à l'orchestre, un art raffiné d'embrasser la musique qui révèle bien des passions intérieures. Et puis Mozart et Schubert, comme toujours, lui vont à merveille.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 05/12/2003
Françoise MALETTRA
 



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  • Allure de clergyman, silhouette racée, Christian Zacharias entre en scène, salue longuement, comme surpris de l'accueil plus que chaleureux du public. Mais qu'on ne s'y trompe pas, cet homme cultivé et courtois est entièrement habité par une force qui semble le porter vers des univers musicaux où, sous des formes extrêmement subtiles, s'exprime la passion à l'état pur.

    Pianiste et chef dans le Concerto pour piano en mi bémol majeur n°22 de Mozart, il ne réussit pas toujours à obtenir de l'orchestre les réponses attendues. Le dialogue ne s'installe pas, et il manque cette fusion faite d'intuition et de complicité que seule une longue familiarité entre un orchestre et un soliste, qui en même temps en assume la direction, peut réaliser. Ce qui n'est pas le cas entre le Philharmonique de Radio France et Zacharias.

    C'est donc son piano, et son piano seul, qui incarne toute la luminosité d'un discours mozartien pris à sa source. Arriver à un tel point de simplicité dans la précision du toucher, et d'évidence dans la pensée musicale, est rarissime. Même raffinement suprême dans l'atmosphère tamisée du plateau, très « salon de musique » pour les Danses allemandes de Schubert dont la grâce fait oublier qu'elles furent écrites pour conforter la technique de ses élèves, Karoline et Marie Esterhazy.

    On y sent flotter le sourire mélancolique de celui qui, assis en retrait, se contente de suivre les évolutions des danseurs. Et c'est le chef qui reprend la main, avec les mêmes Danses allemandes, orchestrées par Anton Webern, dans une vision atomisée de la partition originale, où les flûtes, hautbois, clarinettes, cors et bassons se saisissent à tour de rôle d'une couleur, d'un motif, d'une cadence, pour lancer une valse, une marche, un quadrille, tandis que les cordes les emportent avec une élégance toute viennoise. Et le charme opère, irrésistiblement.

    Si depuis toujours, le pianiste entretient avec Schubert des relations très privilégiées, le chef Christian Zacharias allait démontrer qu'il pouvait en traduire tout le sens à l'orchestre. La Deuxième symphonie est le grand moment de la soirée, avec un Philharmonique infiniment plus à l'aise que dans Mozart, en pleine possession de ses moyens et de ses sensations : beauté du dialogue entre les vents et les cordes dans un largo solennel où s'insère toute la douceur d'un thème pastoral, virtuosité des violons dans un allegro haletant, poésie de l'andante, plus tendre que le plus tendre des airs d'opéra, puissance du finale aux allures de folle chevauchée.

    En 1993, Zacharias publiait un essai sur la Poétique de l'espace sonore chez Schubert. Ce soir, au TCE, preuve est faite qu'entre Schubert et son interprète, la rencontre ne pouvait être que fertile.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 05/12/2003
    Françoise MALETTRA

    Concert de l'Orchestre Philharmonique de Radio-France sous la direction de Christian Zacharias au Théâtre des Champs-Elysées, Paris.
    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Concerto pour piano et orchestre n°22 en mi bémol majeur, KV 482

    Franz Schubert (1797-1828)
    Six Danses allemandes pour piano, D 82O
    Six Danses allemandes D 82O orchestrées par Anton Webern (1883-1945)
    Symphonie n°2 en si bémol majeur D 125

    Orchestre Philharmonique de Radio France
    piano et direction : Christian Zacharias

     


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