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CRITIQUES DE CONCERTS 19 juin 2019

L'Ecole des Femmes à Salzburg

Molière en opéra bouffe dodécaphonique
© Christian Schneider

Créé en août 1957 au Théâtre municipal de Salzbourg, l'opéra "l'Ecole des Femmes" de Rolf Liebermann connût une distribution exceptionnelle : rien moins que Christa Ludwig, Nicolai Gedda et Walter Berry sous la baguette de George Szell ! À quarante ans d'écart et malgré une distribution moins prestigieuse, l'ouvrage n'a rien perdu de son éclat.
 

Landestheater, Salzburg
Le 23/03/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • J'avais vu l'ouvrage, il y a une trentaine d'années et j'avais quelque inquiétude de me trouver confronté à mon engouement d'alors. Faut-il croire qu'il y a des enthousiasmes qui ont la peau dure où qu'il existe des oeuvres qui résistent au temps ? Rolf Liebermann, dont c'était le troisième opéra - après "Léonore 40-45" et "Pénélope" - retrouvait son librettiste, Heinrich Strobel, directeur des services musicaux du Südwestfunk, Baden-Baden. Or le parrainage de Molière va franciser en quelque sorte la veine du compositeur qui brille d'un humour et d'une ironie rare dans la parodie. Sa partition est exquise de charme et d'intelligence ; en outre, il s'agit d'une écriture dodécaphonique ingénieuse et je me souviens que Hans Koeltzsch allait jusqu'à dire, dans les années soixante-dix, qu'il s'agissait du seul opéra bouffe acceptable, avec cette écriture et ce style ! De fait, pas une note, pas un trait qui n'ait pris une ride, jusqu'au grand air d'Agnès, avec ses vocalises diaboliques : un joyau sans doute parodique, mais d'une sensibilité rare.

    Evidemment, la conception du metteur en scène aide au succès puisqu'il transpose le livret dans le monde de la commedia dell'arte, mais avec des comédiens d'aujourd'hui qui se griment pendant l'ouverture. Horace est Pierrot, Agnès est Colombine ou une écuyère, car il y a aussi un côté cirque dans la présentation, avec un lion qui traverse la scène à la recherche de son dompteur, Arnolphe. Celui-ci est en même temps haltérophile et lanceur de poignards. "Hellzapopin" n'est pas loin. Rien ne choque grâce à une belle équipe de chanteurs comédiens qui sont aussi acrobates puisque Georgette descend des cintres sur un trapèze ! S'ils sont tous parfaitement adaptés à leur rôle, je m'en voudrais de ne pas souligner la prestation de la jeune et charmante Maja Boog qui campe une Agnès de rêve.

    Bref, Salzbourg a su se souvenir que Rolf Liebermann nous quittait voici une année ! Mais cette bonne action lui fut profitable, car ce fut un triomphe. Il s'agit d'un des trop rares opéras comique d'aujourd'hui, il mériterait d'être plus régulièrement à l'affiche des théâtres lyriques.




    Landestheater, Salzburg
    Le 23/03/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    L'Ecole des Femmes à Salzburg
    L'Ecole des Femmes de Rolf Liebermann, d'après Molière
    Direction musicale : Jörg Pitschmann
    Mise en scène : G.H. Seebach
    Scénographie : Hartmut et Ulrike Schörhofer
    Avec Andreas Jankowitsch (Arnolphe), Maja Boog (Agnès), Erik Arman (Horace), Roswitha Grabmeier-Müller (Georgette), Karstn Mewes (Alain/une vieille/Molière), William Shaw Hackett (Oronte, père d'Horace)

     


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