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CRITIQUES DE CONCERTS 19 juin 2019

Suite de l'intégrale pour piano à quatre mains de Schubert par Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier à la salle Cortot, Paris.

Menu pour gourmets

Le duo à 4 mains Ivaldi-Pennetier

Si, au d√©but de cette int√©grale, c'est Schubert que l'on venait √©couter, c'est bien maintenant Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier que l'on vient applaudir. Et rendons-leur gr√Ęce, car leur talent nous fait d√©guster des chefs-d'oeuvre parfois m√©connus du compositeur viennois. Au risque de nous faire devenir parfois trop gourmands.
 

Salle Cortot, Paris
Le 14/01/2004
Eugénie ALECIAN
 



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  • En ce beau milieu d'int√©grale, on d√©guste tellement la musique de Schubert que parfois les fondus-encha√ģn√©s des pianistes trompent le public qui en reste souvent √† compter le nombre de titres pour savoir ce qu'il √©coute, voire se demande si le programme a √©t√© amput√© !

    En grande verve, nos deux comp√®res d√©butent brillamment par Trois marches h√©ro√Įques aussi impertinentes qu'h√©ro√Įques, parfois tristes voire myst√©rieuses, qui s'ach√®vent dans un surprenant dialogue masculin-f√©minin traduit par le croisement de cellules rythmiques aussi ent√™t√©es dans des basses col√©reuses que dans des aigus sensuels.

    Petit pi√®ge ensuite avec l'encha√ģnement des L√§ndler et de la Sonate en sib marqu√© par des applaudissements que Jean-Claude Pennetier arr√™te d'une main tout en souriant. Amusant lien entre des oeuvres si inspir√©es de th√®mes folkloriques, flirtant de tr√®s pr√®s avec la Mazurka, et une sonate au profil mozartien, au r√©cit parfois aussi dramatique que celui du Roi des Aulnes.

    Le final très riche en modulations semble faire virevolter des feuilles pour s'achever dans une mini-tornade enthousiasmant le public, qui abordera l'entracte complètement survolté juste après des Variations sur le thème de Hérold aux contrastes ahurissants, dans lesquelles Schubert torture ses interprètes avec des chromatismes infernaux dont se jouent, hilares, les deux pianistes complices.

    Un trou normand que l'entracte fait appr√©cier avant la Grande marche fun√®bre √©crite in memoriam Alexandre Ier de Russie. L'√©criture de Schubert exprime avec pudeur un profond chagrin, sans langueur ni concessions, dont les basses en tr√©fonds lancinants √©voquent souvent La Jeune fille et la Mort. Suit alors une belle d√©tente avec Trois polonaises proches de l'esprit des L√§ndler, ne seraient les rythmes bien polonais, qui nous transportent donc dans des campagnes plut√īt viennoises, o√Ļ l'on peut presque entendre iouler le piano. La troisi√®me polonaise, toute de velours et d'acier m√™l√©s, pr√©pare parfaitement √† l'audition du moment fort ¬Ė et fort attendu ¬Ė de cette int√©grale : la fameuse Fantaisie en fa mineur D.940.

    Nous sommes au dessert après un festin déjà fort copieux. Trop copieux ? Pas pour le public qui établit un silence quasi religieux pour écouter cette fantaisie. Chef-d'oeuvre absolu du répertoire pour quatre mains, peut-être l'une des rares oeuvres de Schubert qui ne se réfère qu'à elle-même, belle et si redoutable pour les pianistes, la Fantaisie parle à tous les coeurs et traduit tous les sentiments. Le génial duo nous a tant fait sourire à traverser les pièges de tout le programme en s'en gaussant presque qu'il ne craindrait plus rien en abordant cette oeuvre ? Hélas non !

    Les pi√®ges de la Fantaisie ne les √©pargnent pas en cette fin de programme, et nos h√©ros sont fatigu√©s : sages, timides, oubliant parfois qu'ils sont deux ¬Ė se percutant comme s'ils cherchaient plus une b√©quille qu'un partenaire ¬Ė ou pire, au bord de l'indiff√©rence, notamment √† la r√©exposition. A peine revenus quelques instants dans leur vivacit√© stimul√©e par la fugue, ils nous offrent une coda seulement polie.

    A force de délicatesses, on devient trop gourmand peut-être ?


    Prochains concerts de l'intégrale:
    19 février et 4 mars à 20h30
    Reprise à l'été 2004 à la Roque d'Anthéron.




    Salle Cortot, Paris
    Le 14/01/2004
    Eugénie ALECIAN

    Suite de l'intégrale pour piano à quatre mains de Schubert par Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier à la salle Cortot, Paris.
    Franz Schubert (1797-1828)
    Trois marches h√©ro√Įques D. 602 (1818)
    Quatre Ländler D.814 (1824)
    Sonate en Sib Majeur D. 617 (1818)
    Variations sur un thème de Hérold D. 908 (1827)
    Grande Marche Funèbre D. 859 (1825)
    Trois Polonaises D.824 (1826)
    Fantaisie en fa mineur D. 940 (1828)

    Christian Ivaldi et Jean-Claude Pennetier, piano à quatre mains

     


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