altamusica
 
       aide
















 

 

Pour recevoir notre bulletin régulier,
saisissez votre e-mail :

 
désinscription




CRITIQUES DE CONCERTS 26 septembre 2020

Récital de Maurizio Pollini au Théâtre du Châtelet, Paris.

Par delà les modes
© Universal DGG Classics

On ne présente plus Maurizio Pollini, l'un des pianistes en passe en devenir une légende à l'image de ses prédécesseurs du XXe siècle. Toujours discuté par certains, l'Italien a donné une nouvelle fois la preuve de son indépendance d'esprit et de sa suprématie dans le monde du piano, loin de tout effet de mode.
 

Théatre du Châtelet, Paris
Le 02/02/2004
Gérard MANNONI
 



Les 3 dernières critiques de concert

  • Retour à la vie moderne

  • Salzbourg 2020 (5) : Réapprendre la cohésion

  • Salzbourg 2020 (4) : Évidence brucknérienne

    [ Tous les concerts ]
     
      (ex: Harnoncourt, Opéra)




  • Les danseurs qui envient aux instrumentistes la longueur de leur carrière ont-ils raison ? Une étoile se retire généralement en pleine gloire, au sommet de ses moyens et de sa célébrité. Un pianiste ou un violoniste doit continuer à plaire et à intéresser deux fois plus longtemps, et vu la versatilité du public, des modes et les engouements dûment orchestrés par les médias contemporains, la tâche n'est pas toujours aisée.

    Quand on en a le courage, le mieux est de continuer son chemin, avec sincérité et sans se soucier des inconstants, de ceux qui courent après la dernière chimère et brûlent leurs idoles de la veille. Maurizio Pollini vient de montrer par ce récital du Châtelet à quel point il suit son instinct et les lois de sa propre évolution, ce qui se révèle la meilleure recette pour demeurer un empereur du monde pianistique.

    On pourra certes pinailler sur le choix de certains tempi dans la 7e sonate de Beethoven ou dans la Pathétique, mais comment ne pas admirer sans réserve une approche beethovénienne si lucide, si bien placée à l'exact point d'équilibre d'un pré-romantisme naissant, et non d'un romantisme totalement libéré comme celui de Brahms ? En France, on classe automatiquement Beethoven dans les romantiques, du début à la fin de son oeuvre. Ce n'est pas le cas en Allemagne notamment où beaucoup de musiciens et de musicologues rattachent une bonne partie de son oeuvre au classicisme du XVIIIe siècle.

    D'ailleurs, avec les Pièces op. 116 de Brahms qui concluent le programme, Pollini a su brillamment éclairer la notion de « piano romantique ». Ecrites un siècle après les deux sonates de Beethoven, les pièces doivent effectivement être traitées avec cette sonorité bien plus riche, bien plus ample, des élans beaucoup plus généreux, des couleurs très différentes. Ici, plus guère de reflets du Siècle des Lumières. La démonstration est magistrale, d'autant que la ponctuent deux détours chez Schoenberg et ses très subtiles Pièces op. 11 et op. 19. Un autre aspect encore du piano germanique, pas si éloigné de Brahms, mais déjà tellement annonciateur du XXe siècle.

    Alors, tant pis pour ceux qui préfèrent la toute dernière star lancée par quelque maison de disque qui sera détrônée demain dans l'actualité. L'expérience prouverait d'ailleurs que ce seront les mêmes qui, plus tard, se jetteront sur les rééditions du maître lorsqu'il sera passé dans la légende. Un récital Pollini reste jusqu'à nouvel ordre l'une des plus grandes expériences que peut vivre un amateur de piano, par delà les modes.




    Théatre du Châtelet, Paris
    Le 02/02/2004
    Gérard MANNONI

    Récital de Maurizio Pollini au Théâtre du Châtelet, Paris.
    Arnold Schoenberg (1874-1951)
    Pièces pour piano op. 11
    Pièces pour piano op. 19

    Ludwig van Beethoven (1770-1827)
    Sonate pour piano n°7 en ré majeur op. 10 n°3
    Sonate pour piano n°8 en ut mineur op. 13, "Pathétique"

    Johannes Brahms (1833-1897)
    Pièces pour piano op. 116

    Maurizio Pollini, piano

     


      A la une  |  Nous contacter   |  Haut de page  ]
     
    ©   Altamusica.com