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CRITIQUES DE CONCERTS 24 septembre 2020

Cycle Berlioz à la Salle Pleyel, Paris

Brigitte Balleys en pleine romance

Poursuivant son cycle Berlioz 2003, l'Orchestre de Paris semble avoir voulu comme reprendre son souffle entre le Te Deum et Cl√©op√Ętre. C'est √† nouveau un chef britannique qui s'est vu confier deux m√©lodies avec accompagnement d'orchestre, mais qui n'a pas su les encadrer avec imagination et intelligence.
 

Salle Pleyel, Paris
Le 02/03/2000
Antoine Livio (1931-2001)
 



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  • Sir Roger Norrington a ses inconditionnels, dont je ne suis pas. Sa gestique m'a toujours paru d√©sordonn√©e et d√©su√®te, avec des mimiques affect√©es et pr√©cieuses et l'on voit soudain ses mains s'envoler tels des papillons affol√©s, sans que l'on constate un rapport quelconque avec le flot sonore qui sourd de l'orchestre. Il fut d'abord chanteur, puis chef de choeur et nous lui devons √† ce titre quelques r√©ussites ind√©niables. Ensuite, apr√®s avoir beaucoup travaill√© le r√©pertoire du XVIIIe si√®cle, il se consacre √† restituer le r√©pertoire symphonique du d√©but du XIXe dans les conditions de l'√©poque. Il fut m√™me le premier britannique √† vouloir rendre √† la Symphonie fantastique de Berlioz sa sonorit√© de la cr√©ation. Voil√† sans doute ce qui a pr√©valu √† son engagement pour le grand cycle Berlioz 2003 qu'entreprend l'Orchestre de Paris. Mais on peut s'estimer heureux que la Fantastique n'ait pas fait partie de son programme.
    Tout a bien commenc√© avec cette Grande Ouverture de Waverley que Berlioz √©crivit en hommage √† Walter Scott. M√™me s'il y eut quelques d√©parts hasardeux, particuli√®rement chez les cuivres, je dois reconna√ģtre que le chef sut insuffler une certaine grandeur √©pique √† cette page. Puis il y eut deux m√©lodies que Berlioz a souvent retravaill√©es et dont furent choisies les plus belles versions orchestrales.
    Si ce fut le grand moment du concert, nous le devons √† la soliste plus qu'au chef qui, heureusement, sut s'effacer. Brigitte Balleys est un des plus troublants mezzo que l'on puisse entendre aujourd'hui, car jamais elle ne poitrine. Ses graves paraissent si l√©gers et pourtant si profonds qu'ils sont comme une respiration intime et soudain elle s'envole vers des aigus a√©riens, chant√©s pianissimo, comme en un r√™ve. C'est la Grande Bretagne qui r√©v√©la Brigitte Balleys au c√©l√®bre Concours Benson & Hedge de Londres, puis elle fut Cherubino avec Erich Leinsdorf √† l'Op√©ra de Vienne, avant d'aborder le r√īle de Quinquin, son r√īle f√©tiche. √Ä mi-avril, elle reprend √† l'op√©ra de Montpellier le r√īle cr√©√© par Jane Rhodes dans Le Fou de Marcel Landowski.
    Dans La belle Voyageuse, sur un poème de Thomas Moore, Brigitte Balleys incarne à ravir cette troublante beauté parée de bijoux qui se promène dans la campagne irlandaise. Sa musicalité convient admirablement aux amples phrases que Berlioz a voulues pour cette déclamation peu conventionnelle que l'orchestre accompagne comme s'il s'agissait d'une harpe celtique. Dans La Captive, extraite des Orientales de Victor Hugo, l'atmosphère bascule. Il n'y a plus de promenade, c'est étendue sur la grève que la belle prisonnière du harem médite sur son sort. Il y a de l'humour, et un décor fastueux de crépuscule que l'orchestre rend à ravir. Brigitte Balleys dévoile, avec esprit et pudeur, une réelle sensualité dans ces grands intervalles mélodiques choisis par Berlioz pour faire vibrer les vers de Hugo.
    La Faust-Symphonie de Liszt, en sa version originale, m'a paru terne. Mais je ne crois pas que l'Orchestre de Paris y ait été pour quelque chose. Car il y eut même des instants fort beaux et graves qui semblaient échapper à la gestique du chef.




    Salle Pleyel, Paris
    Le 02/03/2000
    Antoine Livio (1931-2001)

    Cycle Berlioz à la Salle Pleyel, Paris
    Ouverture de Waverley, deux romances de Berlioz : La Belle voyageuse et La Captive, Faust Symphonie de Liszt
    Brigitte Balleys, mezzo-soprano
    Orchestre de Paris
    Sir Roger Norrington, direction

     


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