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CRITIQUES DE CONCERTS 20 novembre 2019

RĂ©cital du pianiste argentin Nelson Goerner Ă  la salle Gaveau, Paris.

Au coeur de l'univers brahmsien

Nelson Goerner

Encore un superbe récital de piano à la salle Gaveau, grâce cette fois au pianiste argentin Nelson Goerner, bien peu connu sous nos latitudes. Une agilité digitale incroyable, alliant puissance et sensualité, profondeur et charme, le mène au plus profond de la musique de Brahms, après un Berg et des Schubert remarquables sinon exceptionnels.
 

Salle Gaveau, Paris
Le 05/03/2004
GĂ©rard MANNONI
 



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  • Encore peu connu du public parisien toujours aussi snob et peu enclin aux dĂ©couvertes, Nelson Goerner est pourtant une forte personnalitĂ© du piano actuel. LaurĂ©at du Concours Franz Liszt de Buenos Aires et de celui de Genève en 1990, le jeune argentin a d'abord une technique troisième millĂ©naire de la nouvelle gĂ©nĂ©ration qui n'Ă©tonne plus mais fascine toujours. La dextĂ©ritĂ© digitale est aussi exceptionnelle dans la force que dans la lĂ©gèretĂ© la plus fluide comme le montre, en bis, une Ă©tonnante transcription du Beau Danube bleu.

    Son art ne se réduit pourtant pas à cela, comme c'est le cas pour un certain nombre des collègues. D'entrée, avec la brève et austère Sonate de Berg – qui ne figurait pas sur le programme, d'où la perplexité d'une partie de l'auditoire qui cherchait vainement à y reconnaître un Impromptu de Schubert – bénéficie d'un authentique climat musical, même si cette page n'est le chef d'oeuvre absolu du compositeur. Viennent ensuite – et enfin pour les auditeurs perdus dans leur programme – les Quatre Impromptus D. 935 annoncés.

    Reconnaissons que les trois premiers sont abordés un peu en retrait, comme si Goerner avait peur de trop s'investir dans des choix de tempi ou de couleurs trop personnels. Du très joli Schubert, mais sans aller au-delà, contrairement à un 4e Impromptu où soudain le ton général prend une autre dimension. L'oeuvre s'y prête certes davantage, mais on a le sentiment que le pianiste ose surtout s'exprimer plus sincèrement, moins soucieux du musicalement correct. Les contrastes, les couleurs modulées y sont bien plus intéressants et révélateurs d'une sensibilité schubertienne.

    Pourtant, c'est avec la redoutable 3e sonate en fa mineur op. 5 de Brahms que Nelson Goerner montre l'étendue réelle de ses capacités d'interprète. Tout y est parfaitement en place, mais sans la moindre rigidité, sans idées reçues. Le mélange d'intellectualisme et de sensualité souvent inconsciente d'un Brahms de vingt ans apparaît dans l'étendue de sa puissance et de son charme, dans toute sa profondeur aussi.

    Les doigts bien au fond du clavier pour tirer le meilleur parti de l'assez méchant Yamaha de la salle Gaveau, Goerner pénètre au coeur de cet univers on ne peut plus romantique par la richesse de l'expression et la générosité des sentiments. Il a notamment capté avec un instinct magnifique le climat si particulier des deux Andante et mené avec une maîtrise parfaite les élans de l'Allegro final. Du très beau Brahms, et du très beau piano.




    Salle Gaveau, Paris
    Le 05/03/2004
    GĂ©rard MANNONI

    RĂ©cital du pianiste argentin Nelson Goerner Ă  la salle Gaveau, Paris.
    Berg, Schubert, Brahms
    Nelson Goerner, piano

     


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