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CRITIQUES DE CONCERTS 19 septembre 2019

Récital d'Andreas Scholl avec l'Academia Bizantina au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.

Un prince chez les bergers d'Arcadie
© Harmonia Mundi

Il entre en scène à grandes enjambées, précédé d'une réputation plus que flatteuse qui fait de lui un des meilleurs contre-ténors de sa génération, et d'un capital de sympathie intact. Andreas Scholl ravit à chacune de ses apparitions, et son récital du TCE consacré aux cantates baroques arcadiennes n'aura pas fait exception à la règle.
 

Théâtre des Champs-Élysées, Paris
Le 08/03/2004
Françoise MALETTRA
 



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  • Il est vrai qu'Andreas Scholl est un de ces rares musiciens qui, dans son parcours, a su opĂ©rer des choix raisonnĂ©s qui ont prĂ©servĂ© un tel capital et l'ont conduit souvent Ă  la redĂ©couverte de trĂ©sors oubliĂ©s, inscrits dans des pĂ©riodes moins frĂ©quentĂ©es que d'autres de l'histoire de la musique.

    C'est le cas des quatre cantates au programme du concert, qui appartiennent Ă  l'âge d'or de la mythique Arcadie, ressuscitĂ©e Ă  Rome vers la fin du XVIIe siècle par la cĂ©lèbre acadĂ©mie italienne Ă©ponyme, Ă  l'initiative d'un groupe de poètes romains lors du sĂ©jour de la reine Christine de Suède dans leur capitale. En accueillant en son sein, quelques annĂ©es plus tard, des compositeurs comme le sicilien Alessandro Scarlatti, le romain Francesco Gasparini, et surtout le vĂ©nitien Benedetto Marcello, elle allait Ă©tablir les nouveaux codes de la crĂ©ation poĂ©tique et musicale, et sceller l'alliance des « Bergers d'Arcadie Â» avec les « Virtuoses excellents Â».

    Il s'agissait de s'Ă©manciper de la complexitĂ© des schĂ©mas baroques en redonnant Ă  la cantate de chambre « une poĂ©sie forte de sa propre beautĂ©, et le culte de ce qui est plaisant Â». Dans des rĂ©citatifs aux harmonies audacieuses, placĂ©s devant deux airs au caractère nettement distinct dans leur forme et leur dĂ©veloppement, il y sera question des dĂ©sordres de la passion amoureuse, des intermittences du coeur, et d'amants Ă©garĂ©s en appelant Ă  une nature consolatrice.

    Andreas Scholl y dĂ©veloppe un art du chant et du dire d'une raffinement qui Ă©merveille. Le corps entier est en Ă©veil, le visage traduit le bonheur, les tourments, la douceur ou la colère. La ligne vocale, d'une stabilitĂ© sans faille sur toute l'Ă©tendue de la tessiture, est parfaite. Ce qui lui permet de jouer de toutes les sĂ©ductions d'un timbre Ă  peu près unique. Un des grands moments de la soirĂ©e est la cantate Quando penso agl'affanni de Benedetto Marcello (« Quand je songe Ă  la douleur d'une âme asservie par l'amour, je sens s'Ă©chapper tout dĂ©sir de m'Ă©prendre d'un visage
     Â») : un modèle de style, qui, avec Scholl, fait la part d'une théâtralitĂ© sans excès, mais captivante d'un bout Ă  l'autre.

    Un seul regret : que l'acidité des violons de l'Academia Bizantina, le manque de cohésion des instruments et une direction sans imagination ne lui aient pas offert un écrin à sa mesure.




    Théâtre des Champs-Élysées, Paris
    Le 08/03/2004
    Françoise MALETTRA

    Récital d'Andreas Scholl avec l'Academia Bizantina au Théâtre des Champs-Élysées, Paris.
    Pietro Paolo Bencini (ca. 1675-1755)
    A' il sacrificio di Abramo
    Ouverture

    Francesco Gasparini (1668-1727)
    Ecco che alfin ritorno
    Cantate pour alto, cordes et continuo

    Arcangelo Corelli (1653-1713)
    Concerto grosso, Op. 6, n °4

    Francesco Gasparini (1678-1727)
    Destati Lidia mia
    Cantate pour alto, cordes et continuo

    Benedetto Marcello (1686-1739)
    Quando penso agl'affanni
    Cantate pour alto, cordes et continuo

    Alessandro Scarlatti (1660-1725)
    Concerto grosso n°4 en sol mineur

    Antonio Vivaldi (1678-1741)
    Cessate, ormai cessate
    Cantate pour alto, cordes et continuo, RV 684

    Andreas Scholl, contre-ténor
    Academia Bizantina
    direction et clavecin : Ottavio Dantone

     


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